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Conférence des Nations unies sur le désarmement nucléaire

UN News ; The Guardian, Royaume-Uni

Du 27 au 31 mars 2017, au siège des Nations unies à New York, une conférence a été organisée pour négocier un instrument juridiquement contraignant afin d’interdire les armes nucléaires.

La majorité des nations à l’Onu – plus de 123 – ont voté en faveur de négociations pour proscrire les armes nucléaires, mais un tel traité d’interdiction n’a aucun soutien de la part des États qui possèdent effectivement des armes nucléaires. Les neuf États nucléaires connus : États-Unis, Chine, France, Grande-Bretagne, Russie, Inde, Pakistan, Israël et Corée du Nord, s’opposent tous à un traité d’interdiction.

Kim Won-soo, haut représentant des Nations unies pour les questions de désarmement, a exprimé l’espoir qu’un tel instrument renforcerait le traité de non-prolifération nucléaire, et qu’il permettrait à la fois de se rapprocher de l’élimination totale des armes nucléaires et de l’objectif ultime de désarmement général et complet. Selon les estimations de 2016, plus de 15 000 ogives nucléaires subsistent au niveau mondial ; il s’agit d’une réduction considérable par rapport aux stocks datant de la guerre froide, mais le rythme de la réduction a ralenti ces dernières années et les préoccupations augmentent en raison de la référence permanente aux armes nucléaires dans les doctrines officielles de sécurité et de la poursuite des programmes de modernisation et d’amélioration de ces armes.

Kim Won-soo a reconnu que les questions de désarmement n’occupaient plus la scène internationale et que le grand public semblait s’en désintéresser : « Nous devons trouver une nouvelle façon de motiver le public pour les questions de désarmement, comme cela avait été fait par rapport au changement climatique qui constitue une menace existentielle pour l’humanité. La possession d’armes nucléaires, liée à la menace de leur utilisation, est fondamentalement incompatible avec les aspirations communes de l’humanité à la paix et à la sécurité, a-t-il déclaré. Une course à l’armement « nouvelle et déstabilisante » pourrait exacerber les tensions régionales et mondiales. »

Une deuxième conférence aura lieu aux Nations unies, à New York, du 15 juin au 7 juillet 2017.

Israël et ses colonies

Source : www.TheElders.org

Les Aînés (The Elders) s’alarment des nouvelles mesures adoptées par le parlement israélien qui reconnaît rétrospectivement les installations juives dans les territoires bâties sur des terres palestiniennes confisquées. « Cette loi est très dommageable à la fois pour les perspectives de paix dans la région et pour la réputation internationale d’Israël en tant qu’État respectueux du droit », a déclaré Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies de 1997 à 2006.

La soi-disant « loi de régularisation » constitue une violation du droit international qui compromet encore davantage les chances d’une solution juste et durable au conflit israélo-palestinien. Elle va directement à l’encontre de la résolution 2334 du Conseil de sécurité de l’Onu, adoptée en décembre 2016, qui réaffirme que la cessation de toutes les activités de colonisation israéliennes est essentielle pour préserver une solution à deux États.

Gro Harlem Brundtland, vice-présidente des Aînés et première ministre de Norvège au moment des Accords d’Oslo (1993 et 1995), a ajouté : « Toutes les installations sur les terres palestiniennes occupées sont illégales en vertu du droit international, qu’Israël choisisse ou non de les reconnaître. Elles constituent un obstacle majeur à une solution à deux États, qui doit être basée sur la frontière de 1967. Je suis consternée par cette nouvelle loi, qui aggrave les tensions et l’injustice, éloignant encore les perspectives de paix. »

Les Aînés notent également que ces mesures ne sont que les dernières d’une série d’actions prises par Israël en support aux occupations dans les territoires palestiniens, y compris l’approbation du mois dernier pour la construction de 600 nouvelles maisons dans les colonies de Jérusalem-Est. De telles actions violent le droit international et nuisent à la paix.

 

La plus grande crise humanitaire depuis la création de l’Onu

Source : The New York Times, E.-U., www.UN.org

Plus de 20 millions de personnes au Yémen, au Soudan du Sud, en Somalie et au Nigeria font face à la famine. Stephen O’Brien, secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires de l’Onu, a déclaré devant le Conseil de sécurité, en mars 2017, qu’à défaut d’une assistance mondiale coordonnée, « les gens vont tout simplement mourir de faim et beaucoup d’autres périront de maladie ». Il a appelé à un financement immédiat et à un accès sûr et sans entrave à l’aide humanitaire « afin d’éviter une catastrophe. De manière plus précise, nous avons besoin de 4,4 milliards de dollars d’ici juillet. »

Selon un article de Jeffrey Gettleman publié dans le New York Times : « Les famines progressent comme des vagues de sécheresse à travers l’Afrique ; de plus, des guerres rendent certaines zones inaccessibles. Les Nations unies disent qu’une énorme somme d’argent est nécessaire pour répondre aux besoins qui sont évalués non pas en millions mais en milliards de dollars… Les responsables de l’aide internationale affirment que l’alimentation et l’eau nécessaires sont abondantes sur la planète, même au sein de ces pays durement touchés. Mais les conflits armés, qui sont souvent engendrées par des rivalités personnelles entre quelques personnalités, bouleversent la vie de millions de gens et rendent inabordables les prix des biens de base. Les scientifiques expliquent depuis des années que le changement climatique augmentera la fréquence des sécheresses. Cependant, les pays les plus touchés ne produisent presque aucune des émissions de carbone qui sont largement considérées comme responsables du changement climatique. »

Stephen O’Brien a indiqué que la plus grande crise humanitaire se déroule au Yémen, où les deux tiers de la population, soit 18,8 millions de personnes, ont besoin d’aide, et où plus de 7 millions souffrent de la faim. Le Yémen est le terrain d’un conflit entre l’Arabie saoudite et l’Iran qui se livrent à une guerre par procuration dans le pays le plus pauvre du monde arabe.

Au sujet du Sud-Soudan, ravagé par une guerre civile qui a duré trois ans, S. O’Brien a déclaré : « La situation est pire que jamais. La famine au Soudan du Sud a été créée par l’homme. Les parties en conflit sont à l’origine de la famine tout comme ceux qui n’interviennent pas pour empêcher la violence. Plus de 7,5 millions de personnes ont besoin d’aide, ce qui représente une hausse de 1,4 million depuis 2016, environ 3,4 millions de Soudanais du Sud sont déplacés suite aux combats, et près de 200 000 d’entre eux ont fui le pays depuis janvier 2017. »

En Somalie, qui est dans sa troisième année de sécheresse, plus de la moitié de la population – soit 6,2 millions de personnes – a besoin d’aide humanitaire et de protection, dont 2,9 millions souffrent de la famine et nécessitent une aide urgente pour sauver leur vie.

Dans le nord-est du Nigeria, le groupe extrémiste islamique Boko Haram a, en sept ans, tué plus de 20 000 personnes et en a fait fuir plus de 2,6 millions. Plus d’un milliard de dollars sont nécessaires pour répondre aux besoins essentiels de plus de 8,5 millions de personnes dans trois États du nord-est.

« La situation des gens dans chaque pays est grave et sans une réponse internationale majeure, elle continuera de s’empirer, a déclaré S. O’Brien. Il est possible d’éviter cette crise ; ces famines et ces catastrophes humaines imminentes ; tout cela peut être empêché. »

Les Nations unies déclarent la guerre au plastique dans nos océans

Source : www.ipsnews.net 

Les Nations unies déclarent la guerre aux matières plastiques qui polluent nos océans en se fondant sur des statistiques alarmantes qui montrent que ce problème aurait dû être traité depuis longtemps. Chaque année, plus de 8 millions de tonnes de plastique sont déversées dans nos océans – ce qui représente le contenu d’un camion à la minute. Nous sommes en train de détruire notre planète, nous perturbons la vie marine, la pèche ainsi que le tourisme, et les dégâts causés aux écosystèmes marins se chiffrent à environ 8 milliards de dollars.

Le 23 février 2017, le Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue) a lancé à Nairobi une campagne mondiale sans précèdent afin d’éliminer d’ici 2022 les principales sources de déchets marins : les micro-plastiques présents dans les cosmétiques et l’utilisation excessive de produits plastiques jetables comme les sacs plastiques. [Partage international estime que cette date butoir devrait être avancée, vu l’urgence que représentent le changement climatique et la dégradation de l’environnement.]

Lancée à Bali, lors du Sommet économique mondial sur les Océans, la campagne Mers propres appelle les gouvernements à lancer d’urgence des politiques de réduction des déchets plastiques. La campagne vise également à faire prendre conscience aux industriels de la nécessité de réduire les emballages plastiques, de redéfinir les produits, et à inciter les consommateurs à ne plus jeter les produits – avant que les océans ne subissent des dégâts irréversibles.

Erik Solheim, directeur du Pnue, a déclaré : « Il est vraiment temps que nous nous occupions de ce problème de pollution par le plastique de nos océans. Cette pollution détériore des plages en Indonésie, se dépose sur le fond de l’océan au Pôle Nord, et remonte la chaîne alimentaire pour se retrouver dans nos assiettes. Nous avons attendu trop longtemps et cette pollution a empiré. Cela doit cesser. »

La campagne Mers propres est une initiative mondiale déjà rejointe par dix pays qui ont fait de grandes promesses : Belgique, Costa Rica, France, Grenade, Indonésie, Norvège, Panama, Sainte Lucie, Sierra Leone et Uruguay.

Selon certaines prévisions, si nous continuons à jeter autant d’objets comme les bouteilles, les sacs et les gobelets en plastique, il y aura d’ici 2050 plus de plastique que de poissons dans les océans et jusqu’à 99 % des oiseaux de mer auront ingurgité du plastique.

Des annonces importantes sont attendues au cours de la Conférence sur les océans qui se tiendra au siège des Nations unies à New York, du 5 au 9 juin 2017, et de l’Assemblée sur l’environnement qui aura lieu en décembre à Nairobi (Kenya).

« Nous n’avons pas à inventer ou à négocier quelque chose de nouveau, il nous faut juste agir afin de mettre en œuvre ce que nous avons déjà décidé », a déclaré Isabella Lövin, vice premier ministre de Suède.

Priorité à la planète Terre

Source : www.media.greenpeace.org 

Les ministres des Affaires étrangères des pays du G20, dont le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson, se sont rencontrés les 16 et 17 février 2017 à Bonn (Allemagne) ; le thème de la conférence était : A la recherche d’un nouvel ordre mondial – la politique étrangère au-delà de la gestion de crise. Jennifer Morgan, directrice internationale de Greenpeace, a déclaré : « Le changement climatique représente une menace pour tous les pays du monde où qu’ils soient, y compris les Etats-Unis. Maintenant, ce sont les gens et la planète qui ont la priorité. Les leaders du G20 doivent montrer qu’ils sont unis face à la crise climatique. »

Sur le mat du bateau de Greenpeace, qui était amarré sur le Rhin près du Palais des Congrès de Bonn, les militants écologistes ont déployé une banderole où était écrit : « Priorité à la planète Terre. » Une quarantaine de militants venus par le fleuve en canots, sont montés à terre pour présenter une pétition demandant une adhésion totale à l’Accord sur le climat de Paris. Greenpeace met en cause la politique de D. Trump, « L’Amérique d’abord », en insistant tout particulièrement sur son soutien aux carburants fossiles.

Un homme d’affaires canadien vient en aide à deux cents réfugiés

Source : BBC, The Guardian, Royaume-Uni

Au cours de l’été 2015, Jim Estill, homme d’affaires canadien, touché par la crise des réfugiés syriens, a décidé de prendre des mesures lui-même et de financer la réinstallation en Ontario de plus de 200 d’entre eux. J. Estill, qui habite à Guelph dans le sud-ouest de l’Ontario, a déclaré : « J’ai pensé que nous n’en faisions pas assez et pas suffisamment vite. »

Il a donc puisé dans ses propres fonds pour amener des familles de réfugiés au Canada et coordonner un effort collectif pour les réinstaller dans leur nouvelle vie. Ce projet, géré par des bénévoles, est organisé de manière professionnelle avec de multiples équipes, chacune chargée d’un aspect différent de l’installation des nouveaux arrivants.

J. Estill avait estimé qu’il en coûterait 30 000 dollars canadiens pour soutenir une famille de cinq personnes et qu’il pourrait financer une cinquantaine de familles. Il a expliqué : « Je ne pensais pas que ce serait une grosse affaire. Guelph compte 120 000 habitants et 50 familles représentent entre 250 et 300 personnes. Il s’agit donc d’une proportion infime. » Il a organisé en septembre 2015 une réunion avec plusieurs organisations religieuses et associations caritatives qui ont toutes souscrit à son ambitieuse idée.

En novembre 2015, un journal local a publié un article sur ce projet. Il a été traduit en arabe et s’est répandu autour du Moyen-Orient. J. Estill se rappelle : « Au début, vous recevez un premier e-mail suivi d’un ou deux autres ; vous vous dites alors : « Voyons ce que je peux faire. » Mais après, ils se transforment en une centaine et cela devient très difficile. »

Chez lui, la table de salle à manger a disparu sous un tas de demandes de parrainage. Cinquante huit familles ont finalement été sélectionnées. J. Estill a déclaré que le pire était de devoir choisir qui viendrait au Canada parmi des millions de personnes déplacées : « En gros, vous jouez à Dieu. Vous choisissez qui vivra et qui mourra ; qui viendra et qui ne le pourra pas », explique-t-il.

Les familles parrainées sont arrivées après un long délai en raison de la lenteur de l’administration canadienne. Les logements si difficiles à trouver, restaient vides et les dons attendaient dans des entrepôts. Il explique : « J’ai été très étonné que le gouvernement canadien prenne autant de temps pour laisser entrer les gens. Cela nous a coûté beaucoup. »

En décembre 2016, 47 des 58 familles étaient arrivées à Guelph. Une opération à grande échelle, avec des bénévoles et soutenue par des dons, offre aux réfugiés tout ce dont ils ont besoin, de la formation professionnelle aux cours de langue anglaise. Chaque famille est encadrée par un mentor arabe et anglophone, qui les aide pour toutes sortes de tâches telles que prendre le bus ou ouvrir un compte bancaire.

« Ce fut une expérience surprenante », explique Sara Sayyed, qui, avec son mari Muhammed, membre de la Société musulmane de Guelph, a aidé J. Estill à superviser l’installation des familles. « Tout le monde s’est impliqué, la municipalité ainsi que toutes les associations locales. Nous avons des gens qui viennent de tous les horizons, qui font du bénévolat en donnant de leur temps, en rendant des services ou en faisant des dons. »

J. Estill et son épouse ont reçu chez eux quantité de familles et il passe souvent ses soirées à rendre visite aux nouveaux arrivants. De nouveaux logements locatifs ont été financés, un immeuble de bureaux a été transformé en résidences ; il essaie également d’augmenter l’offre de logements locatifs en ville.

A Danby, il a organisé un programme permettant aux réfugiés de se lancer avec un premier contrat de travail de trois mois avec des horaires flexibles laissant la possibilité de se présenter à des entretiens d’embauche et d’assister deux fois par semaine en interne à des cours de langue anglaise.

Lorsqu’on le félicite pour ses initiatives, J. Estill répond simplement qu’il avait les moyens d’aider et une vision claire de la façon de le faire. « Je ne vois toujours pas ce qu’il y a de si extraordinaire et je suis surpris de voir qu’il n’y a pas plus de gens qui franchissent le pas. Je ne voulais pas vieillir en me reprochant de n’avoir rien fait ; alors j’ai décidé d’apporter ma petite contribution. »

Quand J. Estill était enfant, ses parents avaient parrainé deux réfugiés ougandais ; ce qui, selon lui, lui a inculqué des valeurs humanitaires : « Je suppose que j’ai été élevé correctement. C’est ce que je dis à ma mère ! »

Des cercles protecteurs de la paix

Source : The Guardian, Royaume-Uni

Le 3 février 2017, des centaines de personnes partout au Canada se sont rassemblées autour de mosquées pour former des boucliers humains, ou des « cercles de la paix ». Ces barrières de protection ont été formées lorsque les musulmans ont repris leurs premières prières du vendredi, après que six d’entre eux aient été abattus le 29 janvier 2017 au moment de la prière dans une mosquée de Québec. Rabbi Yael Splansky, qui a mis en place les « cercles de paix » autour des mosquées de Toronto, a déclaré : « Aucun Canadien ne devrait avoir peur de se rendre dans son lieu de culte. C’est terrifiant. Imaginez que des gens de foi vont prier en paix, pour la paix, et qu’ils se mettent en danger. Les lieux de culte sont sacrés et doivent être protégés. »

Les personnes formant les cercles étaient de toutes origines, comprenant des fidèles de synagogues locales, d’églises et de temples ; elles se soutenaient côte à côte à l’extérieur de sept mosquées de la ville.

A Ottawa, à Edmonton et à Terre-Neuve, des « cercles de paix » semblables ont été mis en place autour des mosquées. A l’extérieur de la mosquée de Saint-Jean, à Terre-Neuve, où des centaines de personnes s’étaient rassemblées, Syed Pirzada, de l’Association musulmane de Terre-Neuve-et-Labrador, a déclaré que sa communauté avait été submergée par les manifestations de soutien : « Bien que cette tragédie ait causé un tort irréparable à tous les musulmans de ce pays, la gentillesse et la générosité de nos concitoyens canadiens ont constitué une grande source de réconfort. Le Canada s’est exprimé : non à la haine, non à la bigoterie, non à la violence religieuse, non à l’intolérance. »

La compassion peut-elle faire changer d’avis ?

Source : The Guardian ; The Observer, Royaume-Uni

En février 2017, le gouvernement britannique est revenu sur l’amendement Dubs, qui visait à autoriser l’entrée dans le pays de 3 000 enfants réfugiés.

Alfred Dubs, maintenant membre de la Chambre des Lords du Royaume-Uni, est arrivé en 1939 en Grande-Bretagne dans le cadre du programme « kindertransport » qui a permis à des milliers d’enfants de fuir l’Allemagne nazie sans leurs parents. Comme beaucoup de ces enfants, lord Dubs a prospéré pour devenir finalement membre du parlement britannique au sein du parti travailliste. En souvenir de cette époque et en remerciement au gouvernement britannique, il a présenté au Parlement un amendement pour faire entrer au pays des enfants laissés seuls après le démantèlement du camp de réfugiés de Calais (France), d’où beaucoup avaient effectués des tentatives désespérées pour franchir la Manche.

L’amendement de Lord Dubs recueillait un énorme soutien tant au Parlement qu’à travers le pays. Comme partout ailleurs dans le monde, la crise des réfugiés a inspiré la compassion et l’altruisme. Mais de manière inattendue, le gouvernement britannique a fait savoir qu’il avait l’intention d’abandonner ce programme après que 350 enfants aient été accueillis dans des familles.

Cette décision, à l’encontre de celle du Parlement, a provoqué un tollé général, y compris de la part de membres du parti conservateur au pouvoir et de l’archevêque de Canterbury, chef de l’Eglise d’Angleterre. La voix du peuple se fait entendre.

Lord Dubs lui-même a fortement critiqué cette nouvelle décision. Le 11 février, il a remis au domicile du premier ministre une pétition signée par environ 50 000 personnes. « Si ce n’est pas impossible, il doit y avoir un moyen de le faire, a-t-il déclaré. L’annonce du secrétaire d’Etat est une très mauvaise nouvelle pour des enfants très vulnérables en France, en Grèce et en Italie. Je suis choqué, je n’arrive pas à croire que le gouvernement puisse reculer de cette façon. »

Un appel contre l’abandon du programme Dubs a été introduit auprès de la Haute Cour par l’association Help Refugees (Aide aux réfugiés). Le verdict est attendu en mai. Pour certains de ces enfants, la décision tombera trop tard. Lord Dubs a déclaré : « Nous voulons que le gouvernement revoie sa position qui consiste à ne pas accepter plus de 350 enfants dans le cadre de l’amendement. Je pense que c’est une mauvaise décision. Il y a des milliers de réfugiés non accompagnés qui souffrent beaucoup en Grèce, en Italie et en France. Le gouvernement n’a pas donné plus d’explications. Je pense qu’il refuse ses responsabilités et qu’il agit à l’encontre de l’opinion publique et de celle du Parlement. »

De son côté, l’archevêque de Canterbury a écrit : « A notre gouvernement nous disons : Réfléchissez-y à nouveau et honorez vos meilleurs penchants. »

Un revenu de base pour tous

Source : medium.com

Gar Alperovitz a connu une brillante carrière comme historien, économiste politique, militant, écrivain et membre du gouvernement1. Dans un récent article intitulé L’héritage technologique et le revenu de base, G. Alperovitz expose une nouvelle perspective historique qui, si elle était acceptée, transformerait l’idée d’un revenu de base pour tous en une simple question de bon sens. Il cite d’autres personnalités, certaines peut-être même inattendues, qui ont avancé cette idée sous une forme ou une autre : des individus allant des économistes conservateurs comme Milton Friedman (Prix Nobel d’économie), Martin Luther King, des féministes qui traitent des travaux ménagers, ou encore des militants pour les droits des Noirs qui sont face à une économie qui ne fournit tout simplement pas assez d’emplois pour des millions de personnes.

D’après G. Alperovitz, la justification principale d’un revenu de base peut s’exprimer comme suit : « Ce que la plupart d’entre nous reçoit comme revenu dépasse de très loin ce que nous pouvons prétendre être le résultat du « travail » que nous effectuons réellement. Une fois cette réalité pleinement prise en compte, la justification morale d’un revenu de base pour tous s’éloigne de ce qui est conventionnellement admis. Le point principal est la reconnaissance que la plupart des « revenus » sont des dons issus du passé. »

Sa thèse principale est que tout revenu est hérité et provient en fait du passé. « Une personne née à la fin du siècle actuel n’aura rien fait pour mériter cet énorme cadeau. Tout cela lui viendra comme un don du passé, principalement suite à l’accumulation des connaissances technologiques et scientifiques qu’elle reçoit simplement en naissant. »

Ce qu’une personne reçoit aujourd’hui ne provient pas de sa contribution individuelle. Il est évident qu’une personne qui travaille aujourd’hui produit, avec le même nombre d’heures de travail, beaucoup plus que quelqu’un qui utilisait la technologie des années 1800. La différence est principalement due aux avancées technologiques dont les bénéfices nous apparaissent comme un héritage libre (et dont la plus grande part est captée par les groupes à revenu élevé).

Si on accepte l’argument selon lequel une partie de nos revenus provient du passé, de cet « énorme excédent d’héritage technologique » alors une part importante de ces revenus devrait revenir à chacun d’entre nous simplement parce qu’il fait partie de la communauté humaine. Et si la source principale de la richesse moderne est un héritage collectif de la connaissance, alors, la distribution incroyablement inéquitable de cette richesse dans la société moderne est encore plus abominable et illogique.

G. Alperovitz cite Martin Luther King : « Je suis maintenant convaincu que l’approche la plus simple s’avérera la plus efficace ; la solution à la pauvreté consiste à l’abolir directement par une mesure désormais largement discutée : le revenu garanti. »

Gar Alperovitz poursuit : « On pourrait raisonnablement argumenter en faveur d’une obligation morale d’apporter une contribution à la société en échange de ces dons du passé. D’autre part, une société généreuse pourrait tout aussi bien affirmer que, par principe, personne ne devrait avoir faim ou vivre dans la peur et l’insécurité. Dans ce cas, une petite partie de ces dons issus du passé serait simplement allouée en faveur d’un revenu de base. »

Il est probable qu’une telle générosité finirait par revenir à la communauté sous une forme ou une autre. Mais dans ce contexte, un revenu de base pourrait également être considéré comme un dividende pour le travail non rémunéré qui incombe principalement aux femmes et aux pauvres, et qui n’est pas valorisé dans notre système économique.

« Le développement de l’une ou l’autre forme de revenu de base ne peut se substituer à la nécessité d’une transformation beaucoup plus profonde du système actuel qui est totalement inéquitable et écologiquement insoutenable. D’autre part, et indépendamment de la question de savoir si nous devons obliger les très pauvres et surtout ceux qui s’occupent des enfants et des personnes âgées à abandonner leurs occupations actuelles pour aller travailler ailleurs (s’ils arrivent à trouver un emploi), l’accumulation d’héritages technologiques et autres connaissances constituent un cadeau extraordinaire pour nous tous, qui, s’il est reconnu, peut aider à donner un sens et une forme à une société nouvelle, plus équitable, plus solidaire, plus généreuse et plus axée sur le bien commun en général . »


1 – Gar Alperovitz est auteur d’ouvrages (non traduits), notamment : Unjust Deserts : How the Rich Are Taking Our Common Inheritance (Des déserts injustes : comment les riches s’approprient notre héritage commun) (2008), Making a Place for Community : Local Democracy in a Global Era (Faire une place pour la vie communautaire : la démocratie locale à l’ère mondiale) (2003).

 

Le début de la fin ?

L’idée que nous sommes à la fin d’un âge et au début d’une nouvelle ère semble percoler chez les médias grand public (Enfin ! se diront les lecteurs de Partage international). Ainsi, dans une déclaration du Nouvel An, Brian Eno, musicien britannique (pionnier de la musique ambiante) et militant, s’interroge sur la vision pessimiste qui prévaut et selon laquelle « 2016 a été une année catastrophique qui marque le début d’un long déclin ». Au contraire, il croit que nous pourrions être à la fin et non pas au début d’un long déclin : celui des quarante dernières années qui furent marquées par « un individualisme sans retenue », qui encensèrent une sorte « d’égoïsme vertueux » conduisant à d’énormes inégalités et à la perte de tout espoir face au futur. B. Eno soutient que, parallèlement à la colère populiste évidente en 2016, il existe un mouvement plus silencieux mais tout aussi puissant : « Les gens réfléchissent à la signification de la démocratie et de la vie en société, et surtout ils réfléchissent ensemble. » B. Eno termine sur une note d’espoir et d’optimisme : « Les inégalités érodent le cœur d’une société […] Si nous voulons un avenir décent, nous devons nous en détourner et je pense que nous commençons à le faire. »

Le besoin d’espoir et d’engagement dans la vie publique pour contrer le pessimisme qui imprègne la politique actuellement est aussi le thème du premier article d’une série intitulée Utopian Thinking (Considérations utopiques) publiée par le journal britannique The Guardian. En dépit du caractère évidemment sombre de la situation politique actuelle, on peut percevoir un parfum d’optimisme. De nouvelles idées telles que le revenu de base ou la production locale d’énergie renouvelable se multiplient. L’espoir et l’optimisme sont essentiels et possibles. « Le pessimisme est anesthésiant, le fatalisme réconfortant ; l’optimisme vous rend vulnérable à chaque déception, mais c’est le tout premier de nos devoirs civiques. »

Comme les lecteurs de Partage international, ces auteurs refusent de céder au pessimisme et soulignent que nous pouvons tous faire appel à notre volonté pour prendre des mesures en faveur d’un changement positif.