12 mai 2012 : Journée mondiale d’action

Le 12 mai 2012, des manifestations ont eu lieu partout dans le monde et notamment en Espagne, aux Etats-Unis, en Russie, en Israël, au Royaume-Uni, au Portugal, en Grèce, en France et dans de nombreux autres pays.

Les Indignés, les mouvements Occupy et d’autres groupes associés ont appelé à une journée mondiale d’action contre les politiques d’austérité et l’élargissement du fossé entre riches et pauvres ; ils ont également planifié une série de manifestations et d’occupations pour commémorer le 15 mai 2011, date du lancement du mouvement des Indignados en Espagne qui, avec les mouvements révolutionnaires en Tunisie, en Egypte et au Moyen-Orient, ont inspiré le mouvement Occupy, qui a débuté en septembre 2011 aux Etats-Unis et a essaimé dans d’autres villes à travers le monde.

Nulle part les manifestations ne furent aussi imposantes qu’en Espagne où des dizaines de milliers de personnes ont défilé dans plus de 80 villes pour marquer cet anniversaire, et notamment à Madrid et à Barcelone qui ont vu chacune plus de 200 000 personnes défiler.

A Madrid, place Puerta del Sol, les manifestants scandaient : « Ils ne nous représentent pas. » Ils criaient, chantaient et brandissaient des mouchoirs blancs. « L’objectif aujourd’hui est de récupérer l’espace public, a déclaré Sofia Ruiz, une manifestante. C’est aussi une façon de célébrer l’existence du mouvement depuis un an et de montrer que nous allons rester jusqu’à ce que le système change ou qu’il prenne en compte nos revendications. »

« Nous devons reprendre toute la richesse et la redistribuer équitablement », a déclaré Aitor, un membre de la plate-forme de Democracy Now, à partir de laquelle le mouvement du 15 mai a été créé. Des dizaines de milliers de personnes, y compris des enfants et des familles, ont occupé le centre de Madrid à la Puerta del Sol, lieu emblématique de ce mouvement populaire. A 22 heures, l’heure à laquelle le gouvernement voulait que la manifestation se termine, les gens ont commencé à scander dans un geste de défi : « Yes we can, yes we can. » A minuit, comme prévu, ils ont tenu ce qu’ils ont appelé « le cri muet » contre la violence des guerres et de l’économie, en levant les bras au ciel et en maintenant une minute de silence. Des milliers de manifestants avec des idées similaires se sont également réunis à Valence, Séville, Bilbao et Málaga, en chantant le slogan devenu leur mantra lors des manifestations au cours de l’année écoulée : « Ils disent que c’est la démocratie, mais ce ne l’est pas. »

La crise économique s’est intensifiée depuis 2011 : l’Espagne est retombée en récession avec un taux de chômage en hausse qui atteint près de 25 %, et avec un jeune de moins de 25 ans sur deux sans travail. Le gouvernement conservateur du premier ministre Mariano Rajoy a adopté de fortes réductions des dépenses afin de diminuer la dette nationale, mais beaucoup de gens condamnent ces mesures qui mettent encore plus à mal la situation financière des familles.

« La chose la plus importante est peut-être le réveil des consciences, qui au-delà des actions concrètes, rend un changement historique possible, déclare Jon Aguirre Such . Je pense que tous ceux qui ont pris part au mouvement du 15 mai ont fait l’histoire. Ils peuvent nous enlever un grand nombre choses, mais pas notre mémoire et nos rêves. »

« Nous devons nous lever et dire que nous en avons assez ! Ils nous hérissent en disant de nous que nous sommes paresseux, ce qui les autoriserait à démanteler les services sociaux, la santé et l’éducation ; et, en plus, maintenant ils renflouent les banquiers », a déclaré Gloria Bravo, une fonctionnaire. « Je suis ici pour défendre les droits que nous sommes en train de perdre et pour les jeunes qui ont une vie si difficile, explique Roberto Alonso, professeur. Ils sont mieux instruits que jamais. Mais ils n’ont pas de travail. Ils n’ont rien. Ils sont derrière et ils y resteront. »

Des milliers de personnes ont participé à des rassemblements notamment à Moscou, New York, Sydney et Athènes. A Londres, près de 600 manifestants ont défilé dans le centre du quartier des finances ; ils se sont regroupés devant la Banque d’Angleterre où ils ont monté des tentes. « Nous sommes ici pour montrer notre solidarité avec le mouvement mondial… les groupes qui se forment contre la répression financière et l’oppression politique, explique Mark Weaver, 31 ans. Nous sommes ici pour produire le changement, et cela ne se passe pas du jour au lendemain, il faut y travailler pendant des semaines, des mois, des années, et il faut être cohérent. »

A Moscou, en Russie, plusieurs centaines de personnes ont dressé un camp Occupy et ont l’intention de continuer à manifester jusqu’au 12 juin, date à laquelle une « Marche des millions » est prévue. Ils protestent contre le retour de Vladimir Poutine au Kremlin le 7 mai. « Nous sommes ici parce que nous nous soucions de l’avenir de la Russie et que nous ne voulons pas voir Poutine au pouvoir pendant encore douze ans », déclare Nikita Belov, une étudiante.

Des manifestations ont aussi eu lieu à Lisbonne, Francfort, Paris et Bruxelles. Un certain nombre de rassemblements pour la justice sociale ont eu lieu en Israël, dans la soirée du 12 mai, pour protester contre le coût de la vie ; la plus grande manifestation s’est déroulée à Tel-Aviv où des milliers de personnes se sont rassemblées sur la place Rabin. Les manifestants scandaient : « Nous voulons la justice, pas la charité » et « Prendre aux pauvres pour donner aux riches voilà ce que fait un pays corrompu. » Orli Barlev, organisateur de la manifestation, a déclaré : « Le message est contre le système politique qui ne tient pas compte des citoyens. Ce gouvernement a considérablement aggravé les disparités sociales. »

[Sources : El País, La Vanguardia, Espagne ; BBCnews ; The Guardian, Reuters, G.-B. ; CNN, The Huffington Post, E.-U.]

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