Malala aux Nations unies

A l’âge de onze ans, Malala Yousafzai a ouvert un blog pour la BBC sous un pseudonyme. Elle y parle de sa vie dans un Pakistan sous contrôle taliban, où ces derniers s’efforcent de bannir l’éducation des filles.

Le 9 octobre 2012, à l’âge de 15 ans, alors qu’elle milite pour le droit des filles à l’éducation, un taliban lui tire une balle dans la tête dans un bus scolaire de la vallée de Swat.

Elle a été sauvée par le Maître Jésus (voir les Questions-Réponses de Partage international , déc. 2012). Elle a été opérée à l’hôpital Queen Elizabeth de Birmingham (G.-B.) et le 12 juillet 2013, pour son seizième anniversaire, elle s’est adressé à l’assemblée des Nations unies à New York. L’événement était organisé par l’ancien premier ministre britannique, Gordon Brown, envoyé spécial de l’Onu pour l’Education mondiale, qui était à l’origine d’une pétition adressée au président pakistanais, exigeant que tous les enfants de son pays soient scolarisés d’ici la fin 2015. « Vous êtes une source d’inspiration pour nous tous, a-t-il dit à Malala, vous nous mettez au défi de faire plus. Jamais un 16 e anniversaire n’a été célébré en ce sens. Mais jamais non plus nous n’avons eu un adolescent qui ait montré tant de courage. »

Voici quelques extraits du discours de Malala :

« Il y a des centaines de militants des droits de l’homme et de travailleurs sociaux qui ne parlent pas seulement de leurs droits, mais se battent pour atteindre leurs objectifs de paix, d’éducation et d’égalité. Des milliers de gens ont été tués par les terroristes et des millions ont été blessés. Je ne suis que l’un d’entre eux. Donc ici, je me tiens, une fille parmi tant d’autres. Je ne parle pas pour moi, mais pour ceux dont la voix ne peut être entendue. Ceux qui ont lutté pour leurs droits. Leur droit de vivre en paix. Leur droit à être traité avec dignité. Leur droit à l’égalité des chances. Leur droit à l’éducation […]

« Je suis ici pour parler au nom du droit à l’éducation de chaque enfant. Je veux l’éducation pour les filles et fils des talibans et de tous les terroristes et les extrémistes.

« Chers frères et sœurs, je ne suis contre personne pas plus que je ne suis ici pour parler en termes de revanche personnelle contre les talibans ou tout autre groupe terroriste.

« Je n’ai même pas détesté le taliban qui m’a tiré dessus. Même si j’avais un pistolet et qu’il était en face de moi, je ne tirerais pas. C’est la compassion que j’ai apprise de Mohammed, le prophète de la miséricorde, de Jésus-Christ et du Bouddha. C’est le legs du changement que j’ai hérité de Martin Luther King, de Nelson Mandela et de Mohammed Ali Jinnah. C’est la philosophie de la non-violence que j’ai apprise de Gandhi, de Bacha Khan et de Mère Teresa. Et c’est le pardon que j’ai appris de mon père et de ma mère. C’est ce que mon âme me dit : soit pacifique et aime tout le monde.

« Nous prenons conscience de l’importance de la lumière quand nous sommes dans l’obscurité. Nous prenons conscience de l’importance de notre voix quand nous sommes réduits au silence. De la même manière, lorsque nous étions à Swat, dans le nord du Pakistan, nous avons réalisé l’importance des stylos et des livres quand nous avons vu les armes. Le sage dit : « La plume est plus puissante que l’épée. » C’est vrai. Les extrémistes ont peur des livres et des stylos. Le pouvoir de l’éducation leur fait peur. Ils ont peur des femmes. La puissance de la voix des femmes leur fait peur. C’est pourquoi ils ont tué 14 étudiants innocents, récemment à Quetta. Et c’est pourquoi ils tuent les femmes enseignantes. C’est pourquoi ils dynamitent les écoles tous les jours parce qu’ils ont peur du changement et de l’égalité que nous allons apporter à notre société. Je me souviens d’un garçon dans notre école interrogé par un journaliste : « Pourquoi les talibans sont-ils contre l’éducation ? » Il a répondu très simplement en pointant son livre : « Un taliban ne sait pas ce qui est écrit à l’intérieur de ce livre. »

« Ils pensent que Dieu est un tout petit être conservateur qui mettrait le fusil sur la tempe des gens juste parce qu’ils sont allés à l’école. Ces terroristes mésusent du nom de l’Islam pour leur bénéfice personnel. Le Pakistan est un pays démocratique et pacifique. Les Pakistanais veulent l’éducation de leurs filles et fils. L’Islam est une religion de paix, d’humanité et de fraternité qui déclare que c’est un devoir et une responsabilité de procurer de l’éducation à chaque enfant.

La paix est une nécessité pour l’éducation. Dans de nombreuses parties du monde, en particulier au Pakistan et en Afghanistan, le terrorisme et les conflits empêchent les enfants d’aller à l’école. Nous sommes vraiment fatigués de ces guerres. Les femmes et les enfants souffrent de multiples façons dans de nombreuses parties du monde […]

« Nous voulons des écoles et de l’éducation pour l’avenir lumineux de chaque enfant. Nous continuerons vers notre destination de paix et d’éducation. Personne ne peut nous arrêter. Nous parlerons plus fort de nos droits. Nous croyons en la puissance et en la force de nos mots. Nos paroles peuvent changer le monde entier parce que nous sommes tous unis pour la cause de l’éducation. Et si nous voulons atteindre notre objectif, alors donnons-nous en les moyens avec l’arme de la connaissance et protégeons-nous avec l’unité et la solidarité.

« Nous ne devons pas oublier que des millions de personnes souffrent de la pauvreté, de l’injustice et de l’ignorance. Nous ne devons pas oublier que des millions d’enfants ne vont pas à l’école. Nous ne devons pas oublier que nos frères et sœurs sont en attente d’un avenir brillant et pacifique.

« Continuons à mener une lutte glorieuse contre l’analphabétisme, la pauvreté et le terrorisme, ramassons nos livres et nos stylos, ce sont les armes les plus puissantes. Un enfant, un enseignant, un livre et un stylo peuvent changer le monde. L’éducation est la seule solution. L’éducation en priorité. »

[Sources : SkyNews ; BBC ; www.independent.co.uk]

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