Un ancien dirigeant japonais dénonce l’énergie nucléaire

Au Japon, le mouvement anti-nucléaire a reçu un coup de pouce inattendu lorsque Junichiro Koizumi, ancien premier ministre, a publiquement renoncé à soutenir l’énergie nucléaire. Dans un discours prononcé début octobre devant des chefs d’entreprise japonais, il a déclaré que le Japon devrait démanteler ses centrales nucléaires et faire appel aux sources d’énergie renouvelables comme le soleil.

En tant que premier ministre de 2001 à 2006, M . Koizumi était un partisan enthousiaste de ce qu’il appelait alors l’énergie nucléaire « propre et bon marché ». Lors de son récent discours, il a affirmé qu’il avait changé d’avis après l’accident nucléaire de Fukushima. Il pense maintenant que l’énergie nucléaire est la forme d’énergie la plus coûteuse ; il a mentionné non seulement les milliards de dollars nécessaires pour décontaminer Fukushima mais aussi les coûts non encore connus et les difficultés liées à la gestion des déchets nucléaires. Il affirme qu’il n’y a rien de plus coûteux que l’énergie atomique et que le Japon devrait tendre vers la suppression des centrales nucléaires et adopter une politique plus durable.

Le revirement de M. Koizumi va à contresens des projets du gouvernement qui veut redémarrer le plus possible de centrales nucléaires (actuellement, elles sont toutes à l’arrêt) et qui proclame que l’énergie nucléaire est essentielle à la croissance économique. M. Koizumi est convaincu que si le parti au pouvoir annonçait l’abandon du nucléaire, il serait largement suivi par l’opinion publique et la nation regrouperait ses forces pour aboutir à un degré de recyclage encore inconnu dans le monde.

[Source : The New York Times, E.-U.]

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