Des millions de personnes manifestent contre Monsanto

Des millions de personnes à travers le monde ont participé à la troisième marche annuelle contre Monsanto, appelant au boycott permanent des organismes génétiquement modifiés (OGM) et d’autres produits agro‑chimiques nocifs. Ces mani­festations se sont déroulées sur les six continents, dans 52 pays, avec des événements dans plus de 400 villes.

Tami Monroe Canal, fondatrice de la Marche contre Monsanto (MAM), déclare qu’elle a lancé le mouvement pour protéger ses deux filles : « Le modèle prédateur de Mon­santo ainsi que les pratiques agricoles industrielles menacent la santé, la fertilité et la longévité de leur génération. MAM encou­rage un système de production alimentaire durable. Nous devons agir maintenant pour arrêter les OGM et les pesticides nocifs. » Monsanto est une société multinationale active dans les do­maines de la chimie et des biotechnologies applicables à l’agriculture ; son siège se trouve aux Etats‑Unis.

Sur la base de succès récents tels que l’interdiction de la culture d’OGM dans deux comtés de l’Oregon et une législa­tion sur l’étiquetage des OGM dans le Vermont, T. Canal a déclaré que le mouvement a déjà engrangé un certain nombre de points positifs cette année ; les gens se sont réellement battu contre des Goliath de l’industrie biotechnologique et ont gagné contre la puissance financière de compagnies telles que Monsanto. Les OGM ont été au moins partiellement in­terdits dans plus de 15 pays et doivent être étiquetés dans 62 pays.

Selon MAM, les OGM ne sont pas contrôlés de manière adéquate pour assurer la sécurité publique. Des études indé­pendantes, à long terme, validées par des scientifiques indé­pendants, n’ont jamais été effectuées avant que les OGM ne soient utilisés pour la consommation humaine ou animale.

Dans une déclaration vigoureuse de soutien à la marche, le Dr Vandana Shiva qui milite en faveur d’une justice ali­mentaire écrit

« La Marche contre Monsanto est une marche pour la li­berté et la démocratie, pour la santé et la sécurité, pour les semences et la biodiversité. Les gens me demandent souvent

Pourquoi Monsanto ? Ma réponse est : nous n’avons pas choisi de cibler Monsanto, c’est Monsanto qui a choisi de s’attaquer à nos semences et notre droit à la nourriture, nos institutions scientifiques et démocratiques et nos propres vies.

Monsanto a reconnu avoir rédigé le traité de l’Organisa­tion mondiale du commerce (OMC) qui porte sur la propriété intellectuelle et qui permet que les semences soient redéfinies comme propriété intellectuelle de Monsanto. Et c’est par les brevets que Monsanto, un fabricant de poison, est devenu un géant des semences dont elle contrôle de larges parts. E Inde, Monsanto contrôle 95 % du marché des semences d coton, ses super profits obtenus grâce aux royalties sur les se mences a enfermé de nombreux petits fermiers dans des deta tes qui ne pourront pas être remboursées : 284 000 paysans se sont suicidés en Inde en raison de dettes liées aux semences et aux produits chimiques.

Les sociétés telles que Monsanto étaient derrière la direc­tive de la Communauté européenne qui aurait rendu la diver­sité et la récolte de semences illégales en Europe. Le dernier Parlement a renvoyé la directive à la Commission europé­enne. Nous devons faire en sorte que le nouveau Parlement n’approuve pas cette directive.

Aux Etats‑Unis, Monsanto a utilisé ses moyens financiers pour porter atteinte au droit des citoyens américains à savoir ce qu’ils mangent. Monsanto menace l’Etat du Vermont, car il a instauré une loi sur l’étiquetage. Monsanto a introduit un projet de loi au Congrès intitulé Loi sur la sécurité et l’étique­tage correct des denrées alimentaires, qui s’est attiré le surnom de Dark Act : Deny Americans the Right to Know (refuser aux Américains le droit de savoir).

Il s’agit d’une attaque contre la démocratie et la liberté des personnes. Alors que Monsanto annonce qu’elle se retire de l’Europe, elle pousse les OGM sur les pays d’Europe de l’Est. Elle pousse à la conclusion de nouveaux traités com­merciaux comme le TTIP (Traité transatlantique sur le com­merce et l’investissement) afin de saper la politique large­ment anti OGM de l’Europe et en vue d’obtenir des droits de propriété intellectuelle sur les semences.

Monsanto revendique plus de 1 500 brevets en matière de résistance au changement climatique, et espère utiliser la crise climatique pour faire encore plus de profits.

Récemment, Monsanto a racheté la société Climate Cor­poration afin de contrôler les données climatiques et météo­rologiques, et de les commercia­liser : Monsanto vise les sur profits grâce à un contrôle total sur la nature et l’humanité. Nous cherchons une liberté pour les semences, une liberté pour la nourriture et une démocratie sur Terre pour que tous les êtres de la planète soient libres et pour que le bien‑être de cha­cun soit protégé par le partage, les soins, l’amour, la compassion et l’abondance pour tous.

La cupidité et la violence d’une entreprise ne peuvent pas détruire la vie sur Terre, les vies de nos agriculteurs et celles de nos enfants. C’est pourquoi nous marchons con­tre Monsanto. »

[Sources : www.commondreams.org , www.march‑against‑monsanto.com , www.seedfreedom.inPartage international

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