Inde : l’arrêt d’une mine de charbon

Ramesh Agrawal, Inde ‑ Avec une économie en croissance ra­pide, l’Inde est confrontée à une demande en énergie croissante ‑ dont une grande part est fournie par le charbon, le combusti­ble fossile le plus abondant dans le pays. Environ un cin­quième des réserves de charbon de l’Inde se trouvent dans le sol de l’Etat de Chhattisgarh, au centre du pays, où les projets de développement ont créé des conflits entre les entreprises minières et les villageois vivant au‑dessus des gisements.

Alors que le droit du public à l’information sur les projets de développement proposés est inscrit dans la loi, l’informa­tion est souvent difficile à obtenir. Pire encore, l’identité des personnes qui demandent les informations est rendue publi­que, ce qui en fait des cibles de menaces ou d’agressions par les partisans de l’industrie.

Ancien travailleur social de la région, Ramesh Agrawal possédait une bonne compréhension des besoins et des défis des communautés rurales dans le Chhattisgarh. Il avait observé les fermes et les forêts se transformer en usines locales, et vu l’érosion de la justice sociale, de la santé publique et de l’environnement qui en résultait.

Agissant comme lanceur d’alerte pour les communautés rurales sans accès aux ordinateurs, R. Agrawal a minutieuse­ment recherché sur le site Web du ministère de l’Environne­ment toutes les nouvelles demandes pour des projets de déve­loppement dans le Chhattisgarh. Il a informé les villageois sur les violations environnementales et déposé des demandes de droit à l’information en leur nom.

Parmi ces projets se trouvait une demande faite par la so­ciété Jindal Steel and Power Ltd (JSPL) pour exploiter une mine de charbon géante. Avec un objectif de production de plus de quatre millions de tonnes de charbon par an, la mine aurait été parmi les plus grandes de son genre dans le Chhattisgarh. A partir de 2008, R. Agrawal fédéra les habi­tants afin qu’ils expriment leur opposition et déposent de nombreuses pétitions soulignant l’infraction de JSPL, tenue d’organiser des réunions publiques obligatoires ou d’obtenir une autorisation environnementale pour le projet.

En avril 2012, le Tribunal national vert a révoqué les per­mis requis pour l’exploitation de cette mine, en citant les di­verses infractions constatées dans les pétitions de R. Agrawal.

Son travail a fait de lui la cible de partisans de l’industrie. Peu de temps après que le projet de mine de charbon ait été stoppé, des hommes armés ont fait irruption chez R. Agrawal et lui ‘ont tiré dans la jambe, lui brisant les os. Malgré l’agres­sion, ses succès dans le Chhattisgarh donnent de l’espoir à d’autres communautés dans leur lutte contre le développement industriel incontrôlé dans toute l’Inde.

Il est l’un des lauréats du Prix Goldman 2014

 

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