Marche historique pour le climat

Le 21 septembre 2014 s’est déroulée la plus grande marche pour le climat de tous les temps, avec 2 700 manifestations si­multanées de Melbourne à Manhattan. Plus d’un million de personnes ont envahi les rues dans plus de 156 pays. Juste avant le Sommet sur le climat du 23 septembre à New York, elles exigeaient des mesures contre le réchauffement climati­que. Fait sans précédent, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki‑moon, s’est joint aux manifestants de New York, déclarant notamment : « Il est urgent de prendre des mesures contre le changement climatique. Plus nous attendrons, plus nous en paierons le prix en vies humaines et financièrement. Ce sommet cli­matique que j’ai convoqué a deux objecte : d’une part mobiliser les volontés politiques en vue d’un accord universel et significatif sur le climat l’année prochaine à Paris, et d’autre part réaliser des avancées ambitieuses dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre et dans la mise en ouvre d’autres moyens de lutte contre le changement climatique. »

La grande Marche du climat de New York a été menée par des communautés autochtones du monde entier et par celles qui ont été frappées le plus durement par l’ouragan Sandy. Elle a rassemblé environ 400 000 personnes, incluant l’ancien vice­président A1 Gore et la primatologue Jane Goodall.

A la frontière canadienne, des milliers de manifestants membres des peuples premiers et d’organisations locales, ve­nus à pied de Vancouver et de Seattle, brandissaient les ban­deroles « Le changement climatique ne connaît pas de frontières », dénonçant l’exploitation destructrice des sables bitumineux et la construction du pipeline Keystone XL d’Alberta au Texas, désastre environnemental et producteur de carbone. Comme l’explique Keya Chatterjee, directeur de l’Energie renouvelable du Fonds international pour la protection de la nature (WWF) : « Nos grandes victoires se sont produites lorsque les gens ont battu les pavés. Les dirigeants doivent entendre ce cri de ralliement et trouver un moyen de donner au peuple ce qu’il veut : des mesures immédiates contre le changement climatique. »

En Tanzanie, les Maasai ont traversé leurs terres ancestra­les pour demander la protection de leurs territoires du Se­rengeti contre les impacts du changement climatique. Des manifestations se sont produites dans toute l’Afrique, comme à Johannesburg, au Togo, au Niger, en Côte d’Ivoire, au Bé­nin et au Nigeria.

Des îles Tonga à celles de Tokelau, dans l’Océan Pacifique, le peuple a exigé « de l’action, pas des paroles ! » En Pa­pouasie‑Nouvelle‑Guinée, les élèves d’une école primaire ont marché jusqu’à un phare partiellement submergé en raison de l’élévation du niveau de la mer. Dans les îles Fiji, Noelene Nabulivou, de Voix et Actions pour l’Egalité, a dé­claré : « Les femmes de l’hémisphère sud en ont assez d’entendre les politiciens et d’autres partenaires pour le développement trouver tou­jours une bonne excuse pour juger hors d’atteinte l’objectif le plus per­tinent de diminution de la température de 1,5° Celsius. Cette marche veut faire comprendre à tous que c’est maintenant ou jamais ! »

A Londres, 40 000 personnes ont défilé jusqu’au Parle­ment, tandis que les cloches des églises sonnaient à la volée. Une prière spéciale de l’archevêque Desmond Tutu a été ré­citée lors de toutes les manifestations. Il s’agit d’une prière pour « tous nos dirigeants, responsables de notre Mère la Terre, qui sont réunis à New York pour la Conférence sur le climat », afin qu’ils puissent «négocier avec sagesse et équité ».

Défilés, manifestations et parcours à bicyclette ont consti­tué la Marche de Paris pour le Climat, à laquelle 25 000 per­sonnes ont pris part, tandis qu’à Berlin, plus de 10 000 per­sonnes ont convergé vers la Porte de Brandebourg pour par­ticiper à un festival coloré. A Rio, des milliers de gens ont défilé sur les plages d’Ipanema, après que des images aient été projetées sur la statue du Christ Rédempteur.

De nombreuses organisations Quaker ont publié une dé­claration commune : « Cette semaine, nous nous joignons à la Marche pour le Climat en tant que membres de cette belle famille qu’est l’humanité, afin d’obtenir de la part de nos dirigeants et de nous‑mêmes des engagements significatifs de lutter contre le chan­gement climatique pour notre avenir commun, pour la Terre, et pour les générations à venir. Nous considérons cette Terre comme un fabuleux cadeau qui soutient la vie, et comme notre seule de­meure. Soignons‑la ensemble. »

Greenpeace a présenté une pétition de six millions de si­gnatures appelant à la création d’un sanctuaire arctique. Avaaz et des groupes cecuméniques ont également présenté une pétition forte de plus de deux millions de signatures exi­geant des mesures pour sauver la planète.

Les 21 et 22 septembre 2014, juste avant le sommet de l’Onu, s’est également tenu à New York le Sommet cecumé­nique sur le changement climatique. Des dirigeants de diffé­rentes confessions et traditions religieuses du monde ont ex­primé dans une déclaration aux dirigeants de la planète leur profonde inquiétude au sujet des conséquences du change­ment climatique sur la Terre et ses habitants, en soulignant ses effets disproportionnés sur la vie, les moyens d’existence et les droits des populations les plus pauvres, marginalisées et vulnérables, comme les populations indigènes. Ils ont pressé les gouvernements de s’engager à limiter le réchauffement en dessous de 2° Celsius, et à éliminer complètement l’usage des combustibles fossiles d’ici 2050. Cela nécessiterait des mesu­res simultanées telles que la réduction à court terme des émis­sions, la suppression progressive des subventions sur les com­bustibles fossiles, des plafonnements de l’utilisation du char­bon ou des désinvestissements dans ce domaine, la protection des forêts sur une grande échelle, l’amélioration de l’effica­cité énergétique, et d’autres mesures encore. Enfin, les diri­geants religieux ont prié toutes les nations de travailler de fa­çon constructive à l’élaboration à Paris, en décembre 2015, d’un accord climatique global ambitieux, équitable et inscrit dans la loi. Cet accord remplacera le Protocole de Kyoto en tant que plus important traité sur le changement climatique, et exigera de toutes les nations qu’elles repensent leurs systè­mes de production énergétique.

Le secrétaire général de l’Onu, Ban Ki‑moon, a invité les chefs d’Etats à proposer au sommet de New York des engage­ments pouvant être incorporés à l’accord final. Beaucoup de participants ont exprimé le point de vue que la rédaction d’un avant‑projet serait essentielle au succès du sommet final de Paris en 2015, car reporter toute la rédaction au dernier mo­ment pourrait causer des retards supplémentaires. L’Onu es­père qu’un projet d’accord sera proposé avant décembre 2014, date à laquelle toutes les parties se retrouveront à Lima pour d’autres discussions.

[Sources : www. peoplesclimate.org ; www. theguardian.com]

 

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