La reconnaissance de l’Etat palestinien

En octobre 2014, la Suède a reconnu officiellement l’Etat pa­lestinien. Annoncée par Stefan Lôfven, premier ministre sué­dois, la décision devrait relancer de façon significative la campagne palestinienne visant à obtenir des reconnaissances unilatérales, suite à l’effondrement en début d’année du pro­cessus de paix initié par les Etats‑Unis.

Le président Abbas a qualifié de « courageux et historique » ce geste en faveur de l’Etat palestinien. Tandis que les Palesti­niens applaudissent, Israël proteste en rappelant son ambassa­deur pour consultation, marquant ainsi sa désapprobation.

Margot Wallstrôm, ministre des Affaires étrangères sué­doise, affirme que reconnaître la Palestine et l’autorité du président Abbas mettra chaque partie sur un pied d’égalité et permettra aux pourparlers de paix de progresser. « II est im­portant d’encourager la négociation et non la violence, déclare­t‑elle. Cela donnera de l’espoir à la jeunesse palestinienne et israé­lienne quant à l’existence d’une alternative à la violence. »

La Suède est le premier Etat membre de l’Union euro­péenne (UE) de l’Europe de l’Ouest à reconnaître l’Etat pa­lestinien. Sept membres de l’UE en Europe de l’Est et médi­terranéenne ont déjà reconnu l’Etat palestinien : la Bulgarie, Chypre, la République tchèque, la Hongrie, Malte, la Polo­gne et la Roumanie. L’Islande est le seul pays non membre de l’UE en Europe occidentale à l’avoir reconnu.

En octobre 2014, la Chambre des communes britannique a appuyé la reconnaissance d’un Etat palestinien à côté de l’Etat d’Israël, dans un vote historique et symbolique. Par 274 voix contre 12, les parlementaires de tous bords ont exhorté le gou­vernement à « reconnaître Z Etat palestinien à côté de celui d Israël » afin de « contribuer à assurer une solution négociée entre les deux Etats ». Ce vote n’est pas contraignant mais il constitue un appel pour que les Britanniques rejoignent les 134 nations ayant déjà reconnu bilatéralement la Palestine ‑ la Suède étant le plus ré­cent à le faire. Cela consolide aussi la reconnaissance de la Palestine par les Nations unies, en 2012.

Les partisans des reconnaissances bilatérales, y compris en Palestine, en parlent comme d’une première étape et non d’une solution définitive. Cela ne peut pas remplacer les pourparlers de paix internationaux vers une solution à deux Etats. Cependant, l’accueil de la Palestine sur la scène politi­que internationale lui procure des avantages diplomatiques, comme des ambassades et l’immunité diplomatique.

Israël soutient que les Palestiniens ne peuvent obtenir l’Etat qui leur a été promis que par des négociations directes et non par d’autres voies diplomatiques. Mais M. Wallstrôm affirme que « le gouvernement suédois considère que les critères ju­ridiques internationaux en faveur de la reconnaissance de l’Etat pa­lestinien sont réunis ».

Les Palestiniens veulent un Etat indépendant en Cisjorda­nie et à Gaza, avec comme capitale Jérusalem‑Est. Alors que les frontières de Gaza sont clairement délimitées, le territoire de ce qui constitue la Palestine en Cisjordanie et à Jérusalem­Est ne seront précisément déterminées que par des négocia­tions avec Israël dans une solution à deux Etats, lesquelles sont en ce moment suspendues.

En novembre 2014, le parlement danois devait également voter une motion afin de reconnaître l’Etat palestinien. Préa­lablement à ce scrutin, un groupe de 660 personnalités israé­liennes ont adressé une lettre aux hommes et aux femmes po­litiques danois : « Nous avons été informés de la proposition du par­lement danois de reconnaître l Etat palestinien et de promouvoir une solution à deux Etats. Le Danemark a été un des premiers Etats à encourager le nouvel Etat d’Israël et à établir des relations diplomati­ques avec Israël. Les actions du peuple danois pour protéger la vie des Juifs pendant la guerre sont bien connues et avérées. Le parlement danois est maintenant confronté à l’opportunité de continuer son tra­ditionnel soutien à Israël en votant pour que son gouvernement re­connaisse 1 Etat palestinien à côté de celui d’Israël. Pour encourager ce vote, nous souhaitons vous transmettre les convictions profondes des nombreux Israéliens signataires d’une pétition demandant votre soutien à cette reconnaissance. »

Cette lettre comporte la déclaration suivante « Nous soussignés, citoyens d’Israël, souhaitons que notre pays soit sûr et prospère, mais sommes préoccupés par les échecs politi­ques incessants, les activités d’occupation et de colonisation qui conduisent à encore plus d’affrontements avec les Palestiniens et tor­pillent les chances d’aboutir â un compromis. Il est clair que les perspectives qui permettront à Israël de vivre en sécurité et de subsis­ter dépendent de l’existence d’un Etat palestinien à côté d’Israël. Is­raël devrait reconnaître l’Etat palestinien et la Palestine 1 Etat d Is­raël, sur les bases des frontières du 4 juin 1967. Votre initiative à reconnaître l’Etat palestinien accélèrera les perspectives de paix et encouragera Israéliens et Palestiniens à mettre fin au confit. »

Un vote semblable doit avoir lieu au Parlement français, ainsi qu’en Espagne.

[Sources : www.otherisrael.home.igc.org  ; www.Aljazeera.com  ; www.theguar­dian.com ]

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