Pollution de l’air : urgence de santé publique

 

Source : OMS ; www.theguardian.co.uk 

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié une nouvelle mise en garde sur les niveaux mortels de la pollution dans nombre de grandes villes du monde, affirmant que la mauvaise qualité de l’air tue des millions de personnes et menace de submerger les services de santé à travers le monde. Selon l’OMS, la qualité de l’air se dégrade partout dans le monde à tel point que seule une personne sur huit vit dans des villes qui répondent aux normes recommandées en matière de pureté de l’air. Les chiffres qui seront bientôt publiés montrent que la pollution de l’air a empiré depuis 2014 dans des centaines de zones urbaines qui étaient déjà dégradées. L’OMS décrit la situation comme une « urgence de santé publique » au niveau mondial.

Les plus récentes statistiques, qui portent sur 2 000 villes, indiquent une dégradation dans de nombreux endroits où les populations ont crû, avec de vastes zones couvertes par des nuages de smog créés par les gaz d’échappement, les poussières des constructions, les fumées toxiques provenant de la production d’énergie et de la combustion du bois dans les maisons.

La station spatiale internationale observe régulièrement les brumes toxiques surmontant les villes. Début 2016, il a été également montré qu’en seulement quelques jours, plusieurs rues de Londres avaient dépassé leurs limites annuelles pour les émissions de dioxyde d’azote.

Une recherche récente publiée dans la revue Nature suggère que la pollution de l’air tue maintenant plus de personnes que le paludisme et le VIH combinés, et dans de nombreux pays elle cause environ dix fois plus de décès que les accidents de la route.

Selon l’Onu, 3,3 millions de décès sont provoqués chaque année par la pollution de l’air dont environ les trois-quarts sont dus à des accidents vasculaires cérébraux et des crises cardiaques. Avec près de 1,4 million de décès par an, la Chine supporte la plus grande part des décès dus à la pollution de l’air, suivie par l’Inde avec 645 000 décès et le Pakistan avec 110 000.

En Grande-Bretagne, les derniers chiffres suggèrent que près de 29 000 personnes par an meurent prématurément de la pollution due aux particules dans l’air et des milliers d’autres de l’exposition à long terme au dioxyde d’azote émis principalement par les moteurs diesel. Le gouvernement est poursuivi en justice en raison de son intention de reporter d’au moins dix ans toute mesure visant à réduire la pollution de l’air.

Un nouveau rapport de l’Agence européenne pour l’environnement met en évidence le fait qu’en Europe, la pollution de l’air est devenue le plus grand risque d’origine environnementale pour la santé et qu’elle est responsable de plus de 430 000 décès prématurés.

Lord Stern, économiste de renom en Grande-Bretagne, a déclaré que la pollution de l’air était un facteur important en rapport avec le changement climatique. « La pollution atmosphérique est d’une importance fondamentale. Nous sommes seulement en train de nous rendre compte de l’ampleur de la toxicité du charbon et du diesel. Nous savons qu’en Chine, 4 000 personnes meurent chaque jour de la pollution de l’air. En Inde, la situation est bien pire. C’est un problème très, très profond », a t-il déclaré.

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