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Le mythe de la séparation

par Elisa Graf

Synthèse d’articles de Charles Eisenstein

Le thème du changement de paradigme auquel l’humanité fait face actuellement est un aspect central de l’œuvre de Charles Eisenstein, écrivain, enseignant et conférencier. Dans son article intitulé The Ascent of Humanity (l’Ascension de l’humanité)1, C. Eisenstein pose une dimension spirituelle à la crise planétaire, qui est essentiellement, affirme-t-il, une crise collective d’identité : « Le changement de notre image collective est intimement lié à un changement équivalent de notre propre image individuelle. […] Nous nous sommes définis différemment de ce que nous sommes, comme des sujets distincts et séparés les uns des autres et séparés du monde autour. […] Cette conception de soi est si profondément enracinée dans notre civilisation, dans la technologie et la culture, que s’en départir n’est possible qu’au prix de l’effondrement d’une bonne part de ce qui nous est familier. Voilà ce que préfigure l’actuelle convergence des crises. » Cette fausse conception de soi engendre ce qu’Eisenstein appelle le mythe de la séparation.

Dans une vidéo créée pour la conférence 2014 de Science and Nonduality, C. Eisenstein réfléchit au mythe de la séparation qui imprègne nos institutions sociales et politiques, et ses effets néfastes. Il remarque : « Notre relation à la nature est une relation de séparation. Malgré ce que nous faisons à la nature, nous nous imaginons que d’une manière ou d’une autre nous échapperons aux conséquences. Nous ne pensons pas être en train de nous infliger cela à nous-mêmes, car nous percevons la nature comme étant séparée de nous. […] Or tout ce que nous faisons à cette planète nous affecte – nous ne pouvons pas nous y soustraire car nous n’en sommes pas réellement séparés. »

Comme il l’explique : « Notre système économique est révélateur de ce sentiment. Notre système monétaire met davantage les gens en compétition qu’ils ne le seraient naturellement. Il crée la pénurie ; conduit à une croissance sans fin ; dissout les communautés. » Ce système « nous sépare du monde en nous entourant de biens matériels ; il nous met dans des rôles et des postes standardisés où nous sommes remplaçables, dans lesquels nous ne sommes plus des contributeurs uniques. » Donc, « nous vivons dans un monde qui nous renvoie constamment au mythe de la séparation. »


Photo: sbs.com.au

« Tout ce que nous faisons à cette planète nous affecte, nous ne pouvons pas nous y soustraire
parce que nous ne sommes pas vraiment séparés. »

De nos jours, beaucoup de gens remettent en question ces hypothèses institutionnelles, et C. Eisenstein note qu’ils « écoutent cette connaissance intérieure que nous avons tous, qui nous dit que nous ne sommes pas réellement séparés. » Il suggère que cela nous encourage à avoir envie de vivre notre vie dans ce sens : vivre notre vie avec cette compréhension que nous sommes chacun ici avec un don unique que nous voulons mettre à profit pour quelque chose qui nous dépasse, « en me basant sur la compréhension que tout ce que je fais, même les actes les plus petits, ont une portée cosmique. »

Le monde dans son ensemble semble en conflit avec cette expérience intérieure tant nos structures changent lentement. Il concède : « C’est vraiment difficile… Personne ne va vous payer, par exemple, pour faire les choses qui s’imposent après avoir vécu l’expérience d’être connecté au monde. » Il ajoute : « Il y a tant d’argent à se faire en coupant les forêts et en attrapant le dernier poisson de l’océan. Mais aucun gain financier à s’enchaîner à un arbre pour que la forêt ne soit pas coupée. Donc, dit-il, notre conscience progresse, mais nos structures ont énormément d’inertie. Elles sont comme bloquées dans le passé. »

Dans l’Ascension de l’humanité, Charles Eisenstein prédit qu’avec les crises planétaires qui concernent chacun d’entre nous, « nos idées personnelles et collectives erronées sur qui nous sommes ne seront plus tenables. Chacune des conceptions reflète celle de l’autre : dans son origine, ses conséquences, et sa résolution ». C’est pourquoi il mêle la dimension collective – notre séparation d’avec la nature, à la dimension personnelle qui s’exprime par l’oubli individuel de la vie, de la nature et de l’esprit.

sources :
http://charleseisenstein.net/the-ascent-of-humanity
https://www.scienceandnonduality.com/how-the-myth-of-separation-affects-our-world-charles-eisenstein

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