Un homme d’affaires canadien vient en aide à deux cents réfugiés

Source : BBC, The Guardian, Royaume-Uni

Au cours de l’été 2015, Jim Estill, homme d’affaires canadien, touché par la crise des réfugiés syriens, a décidé de prendre des mesures lui-même et de financer la réinstallation en Ontario de plus de 200 d’entre eux. J. Estill, qui habite à Guelph dans le sud-ouest de l’Ontario, a déclaré : « J’ai pensé que nous n’en faisions pas assez et pas suffisamment vite. »

Il a donc puisé dans ses propres fonds pour amener des familles de réfugiés au Canada et coordonner un effort collectif pour les réinstaller dans leur nouvelle vie. Ce projet, géré par des bénévoles, est organisé de manière professionnelle avec de multiples équipes, chacune chargée d’un aspect différent de l’installation des nouveaux arrivants.

J. Estill avait estimé qu’il en coûterait 30 000 dollars canadiens pour soutenir une famille de cinq personnes et qu’il pourrait financer une cinquantaine de familles. Il a expliqué : « Je ne pensais pas que ce serait une grosse affaire. Guelph compte 120 000 habitants et 50 familles représentent entre 250 et 300 personnes. Il s’agit donc d’une proportion infime. » Il a organisé en septembre 2015 une réunion avec plusieurs organisations religieuses et associations caritatives qui ont toutes souscrit à son ambitieuse idée.

En novembre 2015, un journal local a publié un article sur ce projet. Il a été traduit en arabe et s’est répandu autour du Moyen-Orient. J. Estill se rappelle : « Au début, vous recevez un premier e-mail suivi d’un ou deux autres ; vous vous dites alors : « Voyons ce que je peux faire. » Mais après, ils se transforment en une centaine et cela devient très difficile. »

Chez lui, la table de salle à manger a disparu sous un tas de demandes de parrainage. Cinquante huit familles ont finalement été sélectionnées. J. Estill a déclaré que le pire était de devoir choisir qui viendrait au Canada parmi des millions de personnes déplacées : « En gros, vous jouez à Dieu. Vous choisissez qui vivra et qui mourra ; qui viendra et qui ne le pourra pas », explique-t-il.

Les familles parrainées sont arrivées après un long délai en raison de la lenteur de l’administration canadienne. Les logements si difficiles à trouver, restaient vides et les dons attendaient dans des entrepôts. Il explique : « J’ai été très étonné que le gouvernement canadien prenne autant de temps pour laisser entrer les gens. Cela nous a coûté beaucoup. »

En décembre 2016, 47 des 58 familles étaient arrivées à Guelph. Une opération à grande échelle, avec des bénévoles et soutenue par des dons, offre aux réfugiés tout ce dont ils ont besoin, de la formation professionnelle aux cours de langue anglaise. Chaque famille est encadrée par un mentor arabe et anglophone, qui les aide pour toutes sortes de tâches telles que prendre le bus ou ouvrir un compte bancaire.

« Ce fut une expérience surprenante », explique Sara Sayyed, qui, avec son mari Muhammed, membre de la Société musulmane de Guelph, a aidé J. Estill à superviser l’installation des familles. « Tout le monde s’est impliqué, la municipalité ainsi que toutes les associations locales. Nous avons des gens qui viennent de tous les horizons, qui font du bénévolat en donnant de leur temps, en rendant des services ou en faisant des dons. »

J. Estill et son épouse ont reçu chez eux quantité de familles et il passe souvent ses soirées à rendre visite aux nouveaux arrivants. De nouveaux logements locatifs ont été financés, un immeuble de bureaux a été transformé en résidences ; il essaie également d’augmenter l’offre de logements locatifs en ville.

A Danby, il a organisé un programme permettant aux réfugiés de se lancer avec un premier contrat de travail de trois mois avec des horaires flexibles laissant la possibilité de se présenter à des entretiens d’embauche et d’assister deux fois par semaine en interne à des cours de langue anglaise.

Lorsqu’on le félicite pour ses initiatives, J. Estill répond simplement qu’il avait les moyens d’aider et une vision claire de la façon de le faire. « Je ne vois toujours pas ce qu’il y a de si extraordinaire et je suis surpris de voir qu’il n’y a pas plus de gens qui franchissent le pas. Je ne voulais pas vieillir en me reprochant de n’avoir rien fait ; alors j’ai décidé d’apporter ma petite contribution. »

Quand J. Estill était enfant, ses parents avaient parrainé deux réfugiés ougandais ; ce qui, selon lui, lui a inculqué des valeurs humanitaires : « Je suppose que j’ai été élevé correctement. C’est ce que je dis à ma mère ! »

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