Empêcher l’extraction minière sur des terres indigènes

Rodrigo Tot, Guatemala – Le leader indigène Rodrigo Tot avait déjà mené plusieurs batailles pour défendre les droits de son peuple, les Q’eqchi, descendants des Maya au Guatemala oriental, quand il découvrit en 2006 qu’une compagnie canadienne prévoyait de rouvrir les mines de nickel de la région. Au village autochtone d’Agua Calienté les forces de sécurité de l’entreprise commençaient déjà à chasser les gens de leurs terres par la force, en violation du droit international. R.Tot et son peuple avaient obtenu les titres de propriété de la zone, mais en se rendant à l’administration cadastrale dans le but de combattre les évictions, il découvrit que les pages de registre qui le prouvaient avaient été arrachées. Il a passé trois ans de travail assidu sur ce combat et, avec l’aide de l’Indian Law Resource Center, basé aux Etats-Unis et de Defensoria Q’eqchi, une petite ONG du Guatemala défendant les droits de l’homme, il a porté l’affaire au tribunal en 2009. Cette plainte révélait la corruption gouvernementale. Par décision de justice, le gouvernement fut obligé de rendre les titres de propriété aux indigènes ainsi qu’à restaurer les registres cadastraux.
Mais cette victoire légale a été chèrement payée par Rodrigo Tot : en 2012, un de ses fils a été abattu et un autre blessé alors qu’ils étaient dans le bus pour la capitale. L’enquête a conclu à un braquage, mais R. Tot et les siens penchent pour un assassinat politique. Le gouvernement guatémaltèque a refusé d’appliquer le jugement du tribunal et le différend a été porté devant la commission inter-américaine des droit l’homme, où il est actuellement examiné en procédure expéditive.

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