Des efforts sincères pour soutenir les réfugiés (extraits)

par Elisa Graf Source : newsweek.com ; spiegel.de


Elisa Graf et Ibrahim

Voilà deux ans que l’Allemagne a ouvert ses frontières à plus d’un million de réfugiés, dont la plupart fuyaient la guerre dévastatrice en Syrie. En octobre 2015, la chancelière Angela Merkel a mis en jeu sa carrière politique en suspendant le Règlement Dublin, texte juridique adopté par l’Union Européenne en 2003, qui oblige un réfugié à demander asile dans le premier pays de l’UE où il est entré. Sa décision a permis aux réfugiés arrivés en Allemagne d’y demander asile sans craindre de se voir expulsés vers l’un des pays par lesquels ils avaient dû passer préalablement. Les dernières élections allemandes ont résonné comme un coup de semonce populiste contre la décision courageuse d’A. Merkel, et l’on s’accorde généralement à penser que le sentiment de peur attisé par l’afflux de réfugiés est ce qui a valu au parti nationaliste anti-immigration AfD (Alternative für Deutschland) (Alternative pour l’Allemagne) un soutien suffisant pour faire son entrée au parlement, et devenir ainsi le premier parti ouvertement nationaliste à rejoindre les sphères du pouvoir depuis soixante ans.

Dans une tentative pour apaiser les craintes de ses compatriotes au moment où elle décidait d’ouvrir les frontières allemandes, Angela Merkel a déclaré d’un ton résolument optimiste : « Wir schaffen das » (Nous y arriverons). Dans les villages et les villes de tout le pays, des milliers d’Allemands ont démontré qu’ils y arrivent bel et bien. Ils ont hébergé des réfugiés, leur ont procuré vêtements et nourriture, leur ont offert des cours de langue, et les ont accueillis au sein de leurs communautés. Selon un document récent de Spiegel Online, entre 2015 et 2017, quelque quinze mille projets pour réfugiés ont été lancés en Allemagne, avec beaucoup de propositions d’enseignement de l’allemand, et d’autres initiatives comme de la formation, du suivi ou des rencontres avec les réfugiés. Même si ces efforts sont largement passés sous silence dans les médias, l’ancien politicien David Miliband, aujourd’hui président de l’IRC (International Rescue Committee), écrit dans News-week : « La conviction d’A. Merkel que son pays était plus que capable de « gérer » la situation a été confirmée. Des milliers d’Allemands se sont mobilisés pour porter secours aux nouveaux arrivants, avec la certitude et la fierté que l’action de l’Allemagne était bonne et juste. »

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