Interview : Le surprenant combat des Israéliennes pour la paix

Interview de Vivian Silver Par Shereen Tayles

nformation : www.womenwagepeace.org.il/en/

Women Wage Peace (WWP) est un mouvement populaire de femmes israéliennes d’origines, de confessions, de convictions politiques et de niveaux sociaux très divers.
Leur objectif est de parvenir à un accord politique bilatéral juste et honorable pour mettre fin au conflit israélo-palestinien. Leur mouvement est 
« né d’un profond désespoir et du cynisme » qui a suivi l’opération militaire de juillet 2014 – connue sous le nom deOpération Bordure protectrice – lancée par Israël dans la bande de Gaza, et qui a dévasté une grande partie de la bande de Gaza et fait de nombreuses victimes tant à Gaza qu’en Israël.
Le mouvement fut initié afin de ranimer l’espoir de paix entre les deux parties. WWP est très actif et connaît une croissance rapide, avec plus de 28 000 membres en Israël et 50 000 autres dans le monde. WWP organise régulièrement des activités pour faire pression sur les dirigeants israéliens et palestiniens afin qu’ils arrivent à conclure un accord de paix viable.

Shereen Tayles a interviewé Vivian Silver, membre du bureau central de WWP, pour Partage international.

Partage international : Par quels moyens attirez-vous l’attention sur votre cause ?
Vivian Silver : Tout d’abord, nous n’avons pas de structure hiérarchique. Nous sommes une organisation horizontale entièrement dirigée par des bénévoles. Nous sommes divisés en 18 équipes professionnelles travaillant sur 60 zones géographiques. Nous essayons de faire grandir le mouvement afin de parvenir à une masse critique de personnes qui pourront ensuite influencer les gouvernements.
Nous organisons des réunions en privé où nous projetons le film d’Abigail Disney Pray the Devil Back to Hell, un film sur le rôle qu’ont joué des femmes du Libéria pour mettre fin à la guerre civile qui a ravagé leur pays. Dans le débat qui suit, nous faisons des parallèles avec notre propre guerre afin d’inspirer et motiver. Si ces femmes ont pu le faire au Libéria dans des conditions terribles, nous pouvons le faire ici. Nous expliquons notre mouvement et recrutons ainsi de plus en plus de femmes.
Un jeudi après-midi par mois, nous nous tenons à des carrefours, quelque 80 dans tout le pays, ou dans des centres commerciaux. Nous déployons nos pancartes montrant Menahem Begin, Anouar el-Sadate et Jimmy Carter lors de la signature de l’accord de paix entre l’Égypte et Israël. Cette image montre que la paix n’a rien à voir avec les convictions politiques ; M. Begin était le premier ministre d’un gouvernement d’extrême droite. Nous insistons sur le fait que nous ne sommes pas un mouvement de gauche ; nos membres sont de toutes tendances politiques parce que la paix est une question primordiale pour tout le monde. Que vous soyez religieux, laïc, de droite, de gauche, du centre, que vous soyez un immigrant russe ou éthiopien, ou un israélien de naissance – la paix, ça parle à tout le monde.
Tous les lundis, nous avons aussi des représentants à l’assemblée plénière de la Knesset, le Parlement israélien, et nous sommes maintenant bien connus comme un mouvement pacifiste. Nous sommes reconnaissables avec nos vêtements blancs et nos écharpes turquoises.

PI. Quels résultats avez-vous obtenus jusqu’ici ?
VS. Nous n’avons pas encore obtenu la paix, mais les politiciens reconnaissent que nous contribuons à ce que l’on parle de paix et d’espoir. Nous promouvons l’idée que le paradigme vieux de 70 ans selon lequel seule la guerre apportera la paix est totalement erroné ; nous affirmons que seul un accord politique apportera la sécurité. Tout être humain a besoin de sécurité, juif ou arabe, musulman ou chrétien, palestinien ou israélien. Notre spécificité en tant que femmes est que la sécurité va bien au-delà de la simple sécurité des frontières. Nous parlons de sécurité dans les domaines de l’éducation, du bien-être, de l’emploi et de l’économie…

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