Un monde qui ne laisse personne dans le besoin : le post-capitalisme ? [Extraits]

Par Phyllis Power
Source : www.Guardian.com 

De toute évidence, sous sa forme actuelle, le capitalisme est moribond. La cupidité et l’exploitation sont trop voraces. Une société dont un pour cent de la population possède plus de la moitié des richesses existantes et produites sur la planète – tout en la détruisant, par-dessus le marché – ne peut perdurer. Trop de gens sont laissés pour compte : ils ne le tolérerons pas éternellement. La voix du peuple se fait de plus en plus forte et sera entendue.

Il y a 200 ans, en mars 1818, naissait Karl Marx, père du communisme, un système considéré à la fois comme un modèle de bonnes relations sociétales et comme un système de gouvernement cruel et totalitaire, et dont l’échec est aujourd’hui patent. Le gouvernement du peuple par le peuple s’est avéré une imposture : les révolutionnaires sont devenus les dirigeants et se sont retournés contre le peuple. Il n’y avait aucune liberté.

Mais aujourd’hui, dans notre système capitaliste, il n’y a qu’une liberté de façade pour les très nombreuses personnes qui, même dans les pays les plus riches, doivent lutter pour simplement survivre. Au Royaume Uni – l’un des pays les plus riches du monde – les banques alimentaires et les sans-abri n’attirent presque plus l’attention, tant ils sont nombreux. Même les riches ne sont pas réellement libres, car ils vivent dans la crainte de perdre leur richesse. Pourtant, même dans ce pays conservateur, l’indignation grandit.


Yanis Varoufakis                                                                                        Photo: youtube

Le Manifeste communiste de Karl Marx et Friedrich Engels, publié en 1848, est aujourd’hui réédité, précédé d’une intéressante introduction de Yanis Varoufakis. Cet économiste et politicien grec voit dans ce manifeste un facteur d’inspiration à une action collective pour un avenir meilleur, car « il nous presse de devenir les agents d’un avenir mettant fin à la souffrance inutile des masses et inspirant l’humanité à réaliser son potentiel de liberté authentique. »

Selon Y. Varoufakis, le Manifeste ne prône pas l’autoritarisme étatique qui est devenu la marque du communisme ; ce n’est pas non plus une simple analyse de la longue et amère lutte des classes. C’est bien plutôt, écrit-il, un « texte généreux », encore plus pertinent aujourd’hui qu’à l’époque de sa première publication : « Même si les partis communistes ont presque entièrement disparu de la scène politique, il s’avère difficile de réduire au silence l’esprit du communisme qui anime ce manifeste. […] La liberté, le bonheur, l’autonomie, l’individualité, la spiritualité, le développement personnel, sont des idéaux que Marx et Engels prisaient plus que tout. S’ils en veulent à la bourgeoisie, c’est parce qu’elle s’efforce de refuser à la majorité toute possibilité d’être libre. Par suite de leur adhésion à la fantastique théorie de Hegel selon laquelle personne n’est libre tant qu’une seule personne ne l’est pas, Marx et Engels reprochent à la bourgeoisie de sacrifier la liberté et l’individualité de chacun sur l’autel capitaliste de l’accumulation. »

Le Maître de Benjamin Creme le dit bien : « Le mercantilisme étrangle l’humanité, vide les hommes de toute pensée et action généreuse. Les âmes des hommes, criant leur angoisse et leur frustration, ne pourront guère plus longtemps supporter cette oppression. » (PI, mars 2008)

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