Environnement : manifestations à Londres

Le samedi 17 novembre 2018, des milliers de manifestants ont réussi à bloquer cinq des principaux ponts de Londres afin d’attirer l’attention sur le changement climatique.

Les manifestations ont commencé au pont Southwark et se sont déplacées vers l’ouest en direction du pont Westmins­ter, après quoi les manifestants ont tenu une cérémonie inter-religieuse devant l’abbaye de Westminster.

Environ 6 000 personnes ont participé à la manifestation et plus de 85 arrestations ont eu lieu. Plus tôt dans la semaine, des événements plus modestes se sont déroulés dans d’autres villes du Royaume-Uni et à l’étranger. Les manifestants, parmi lesquels figuraient des familles et des retraités, s’étaient joints à la campagne organisée par un nouveau groupe appelé Extinc­tion Rebellion, qui s’engage dans une désobéissance civile mas­sive afin d’attirer l’attention sur l’urgence environnementale.

Ce groupe basé au Royaume-Uni a été soutenu par près de 100 universitaires de haut niveau de tout le pays, dont l’ancien archevêque Rowan Williams. Dans une lettre au journal The Guardian, ils ont déclaré que « les politiciens ne s’attaquant pas à l’effondrement du climat, un « contrat social » a été rompu [..] Il est donc non seulement de notre droit, mais de notre devoir moral de contourner l’inaction du gouvernement et son manquement fla­grant, et de nous rebeller pour défendre la vie elle-même. » Selon les manifestants, les perturbations provoquées étaient justifiées. « Nous avons essayé de marcher, de faire du lobbying et de si­gner des pétitions. Rien n’a apporté le changement nécessaire » a dé­claré Tiana Jacout, membre d’Extinction Rebellion.

Le groupe appelle le gouvernement à réduire les émissions de carbone à zéro d’ici 2025 et à mettre en place une « assemblée citoyenne » pour élaborer un plan d’action d’urgence similaire à celui de la Seconde Guerre mondiale. II fait partie du groupe militant Rising Up (Montée en puissance), qui rassemble les gens dans les bibliothèques, les salles de réunion, les cafés et les églises, les impliquant dans les discussions et les idées d’activisme. « J’ai l’impression que de nombreuses personnes éprouvent un sentiment croissant de frustration et d’urgence à mesure que s’accu­mulent les preuves de l’ampleur de l’urgence climatique à laquelle nous sommes confrontés», a déclaré Roger Hallam, universitaire du King’s College spécialisé dans le changement social et la protestation. Il a expliqué que le groupe recevait maintenant 20 demandes par semaine de la part de personnes de tout le Royaume-Uni souhaitant entendre un exposé sur le sujet.

     Extinction Rebellion a également reçu le soutien de poli­ticiens, dont Caroline Lucas, députée du Parti Vert du Royaume-Uni, et Bernie Sanders, sénateur des Etats-Unis, où le groupe discutait avec des militants de l’organisation d’évé­nements similaires de désobéissance civile. D’autres événe­ments sont prévus au Canada, en Allemagne, en Australie et en France. Rupert Read, professeur de philosophie à l’Université d’East Anglia (R.-U.), l’un des organisateurs, a déclaré « Pour contester correctement le système qui nous conduit à une mort pré­coce, il nous faut être audacieux et ambitieux, établir de nouvelles connexions à travers k monde et apprendre les uns des autres. »

[Sources : The Guardian, The Independent, R.-U]

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