Parmi les 200 entités économiques les plus riches, 157 sont des entreprises

par Jake Johnson

Alors que les entreprises, aux Etats-Unis et dans le monde en­tier, continuent de récolter des bénéfices records grâce à d’énormes réductions d’impôts, à des stratagèmes d’évite­ment fiscal généralisés et à des politiques commerciales et d’investissement favorables aux entreprises, une analyse de Global Justice Now (GJN) publiée en octobre 2018, a révélé que les entreprises les plus rentables du monde affichent des revenus « bien supérieurs à la plupart des gouvernements », leur conférant un pouvoir sans précédent pour influencer les poli­tiques en leur faveur et échapper à leurs responsabilités.

Selon le GJN, en 2017, 69 des 100 premières entités éco­nomiques mondiales sont des entreprises. Ce rapport a été publié dans le cadre d’une initiative visant à faire pression sur le gouvernement britannique pour qu’il propose un traité contraignant des Nations unies qui obligerait les multinatio­nales à rendre compte des violations des droits humains.

« Quand on considère les 200 premières entités, la part d’entre­prises est encore plus prononcée .• 157 sont des entreprises. Walmart, Apple et Shell ont ensemble accumulé plus de richesse que des pays relativement riches comme la Russie, la Belgique et la Suède. »

Dans une déclaration accompagnant ces nouveaux chiffres choquants, le directeur du GJN, Nick Dearden, a dénoncé le gouvernement conservateur britannique pour avoir aidé avec empressement cette « augmentation du pouvoir des entreprises – par des structures fiscales, des accords commerciaux et même des programmes d’aide – bénéficiant aux grandes entreprises ».

     « L’immense richesse et le pouvoir des entreprises sont au cœur de tant de problèmes mondiaux – comme l’inégalité et le changement climatique, a souligné N. Dearden. Aujourd’hui, la recherche de profits à court ternie semble l’emporter sur les droits humains fonda­mentaux de millions de personnes sur la planète. Pourtant, les ci­toyens ont très peu de moyens de demander des comptes à ces entreprises. Au contraire, par le biais d’accords de commerce et d’investissement, les gouvernements sont aux ordres des entreprises. »

Dénonçant les gouvernements puissants qui s’opposent régulièrement à l’appel des pays en développement pour demander aux entreprises de rendre compte de leur impact sur les droits humai l’Onu», N. Dearden a déclaré que son organisation « se joint aux campagnes menées à travers k monde pour dire au gouvernement tannique de ne pas bloquer cette demande internationale de justice. »

Malgré les efforts continus du lobby international des entreprises pour les empêcher, les négociations en vue d’un traité des Nations unies contraignant sur les droits de l’homme et les entreprises transnationales ont débuté lundi 15 octobre 2018 à La Haye.

     « Depuis les mines de charbon au Bangladesh qui menacent de détruire l’un des plus grands écosystèmes de mangroves du monde, aux centaines de personnes qui risquent d’être déplacées à cause d’une méga plantation de sucre au Sri Lanka, les sociétés et les grandes entreprises sont souvent impliquées dans des violations des droits humains en Asie et dans le monde», a commenté l’ONG amis de la Terre Asie Pacifique sur son blog le 17 octobre 2018 où le futur Traité des Nations unies est comme ayant « le potentiel pour changer la donne ».

     « Les entreprises se soustraient à leurs responsabilités en opérant entre différentes juridictions nationales et en tirant parti de la corruption dans les systèmes juridiques locaux, sans parler du fait que de nombreuses entreprises sont plus riches et plus puissantes que les États qui cherchent à les réglementer, ont-ils conclu. Nous devons réparer ce tort. »

[Source : commondreams.org]  Ce travail est sous licence CC-BY-SA.3.0.

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