Crise des migrants: remonter à la cause première

Philippe Douste-Blazy, conseiller spécial du Secrétaire général des Nations unies, pose la question-clé : « Qui peut refuser d’accueillir ces êtres humains ? Qui ? »

Mais il ne se contente pas de souligner l’atrocité de cette crise ; il appelle tous les peuples à faire face à deux urgences à la fois : fournir aux migrants une assistance humanitaire immédiate en même temps qu » un effort soutenu pour réduire l’extrême pauvreté au cours des prochaines décennies ».

Ancien ministre français des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy souligne également ce que le monde doit comprendre d’urgence : que l’inégalité économique pousse les gens loin de chez eux aussi sûrement que la guerre. « Deux milliards de personnes dans le monde gagnent moins que 1,25 dollar par jour, explique-t-il. La différence entre aujourd’hui et il y a vingt ans, c’est qu’à présent tout le monde peut voir tout le monde, en raison de la mondialisation, non seulement de l’économie, mais aussi des communications : internet, télévision, radio. C’est très nouveau. Actuellement, 50 % des réfugiés essayent d’échapper à l’extrême pauvreté », assure-t-il, tout en reconnaissant que beaucoup d’autres fuient les violences et l’oppression régnant dans des pays tels que la Syrie, l’Erythrée, la Somalie et le Soudan.

« La solution, ajoute-t-il, n’est pas de recruter davantage de policiers, de soldats et de garde-côtes – ni de construire des murs. La seule solution est d’empêcher que les gens ne veuillent émigrer. L’extrême pauvreté n’est pas la cause de toutes les guerres, mais dans cette région – l’Afrique sub-saharienne – vous avez un cercle vicieux . l’extrême pauvreté conduit à la corruption, qui mène à la violence, aux conflits et à la guerre civile, ce qui à nouveau intensifie la misère. »

Le conseiller spécial de l’Onu assure en outre que cette crise prolongée devrait persuader le monde d’investir davantage dans la lutte contre la misère.

Alors que les Nations unies doivent se réunir ce mois-ci pour entériner les Objectifs de développement durable (ODD), qui doivent remplacer les Objectifs de développement du millénaire et établir un programme mondial pour les quinze années à venir, il rappelle qu’il est grand temps que le monde joigne le geste à la parole : « Nous devons profiter de cette conférence à New York pour affirmer . nous allons mettre sur pied un financement innovant pour atteindre ces objectifs – un plan Marshall pour l’Afrique sub-saharienne, car je ne connais pas une seule personne au Mali, au Sénégal, en Côte d’Ivoire, en Syrie, qui aimerait s’installer à Londres, Paris ou Oslo si elle pouvait rester dans son pays avec sa famille. »

P. Douste-Blazy assure en outre qu’il ne néglige pas le risque qu’une partie des aides soient détournées par des gens corrompus, et qu’il n’est pas un inconditionnel de l’assistance économique ; cependant, il est certain que les gens continueront à quitter leur domicile en quête d’une vie meilleure à l’étranger tant qu’eux-mêmes et leurs enfants se verront refuser des droits fondamentaux tels que l’eau potable, la nourriture, les soins de santé élémentaires, l’éducation et les sanitaires. « Je préfère enseigner à quelqu’un l’art de la pêche plutôt que lui apporter un poisson tous les matins, déclare-t-il. M cette personne meurt avant l’âge de cinq ans, il ne peut pas a l’école, et c’est impossible. »

[Source : theguardian.com]

 

Maintenant le peuple choisit ses dirigeants

Liban Un mouvement de jeunes ayant commencé avec le slogan « YouStink » ( Tu pues »), pour protester contre les ordures non ramassées, s’est développé en un mouvement contre la corruption dans la politique libanaise. Par des manifestations de rues, ils mettent en cause la classe politique et ses partisans, et dénoncent la corruption qui a conduit à la perte des biens et des services publics, à l’incapacité à fournir des services de base comme l’eau et l’électricité. Ils se posent en tant que citoyens et exigent des comptes aux dirigeants qui se sont accordés des privilèges.

Les manifestants déclarent que les gens doivent se libérer du sectarisme et des vieilles façons de penser. Le système doit changer : « Nous restaurons l’espoir au Liban. »

« Il ne s’agit pas de manifestations au nom des partis politiques. Elles servent tout le peuple libanais. Nous sommes contre les partis qui exploitent les citoyens », a expliqué Lucien Bourjeilly, le coordinateur du mouvement. tous les horizons de la société japonaise se sont unis contre les projets de loi qui pourraient voir les troupes japonaises envoyées à l’étranger sur des opérations de combat pour la première fois depuis la capitulation du Japon qui a mis fin à la Seconde Guerre mondiale en 1945.

Des dizaines de milliers de manifestants se sont rassemblés devant le Parlement à Tokyo le 6 septembre 2015, tandis que pas moins de 300 autres manifestations ont eu lieu à travers le pays. Un vote sur ces nouvelles lois pourrait avoir lieu au parlement dès la mi-septembre. « Les gens se joignent à ce mouvement de tous les bords et de toutes les couches de la société japonaise, a déclaré un militant syndical. Il y a des groupes de gauche, des syndicats, des militants de la paix, des groupes de défense des droits de l’homme, des étudiants, des organisations de citoyens et ils ont tous leurs propres groupes distincts, mais ils semblent avoir naturellement gravité ensemble pour former cette immense et très visible opposition. »

« II se produit un changement radical dans l’activisme social en réponse aux politiques de ce gouvernement », a constaté Go Ito, professeur de relations internationales à l’Université Meiji de Tokyo.

Japon – Malgré leur image de peuple obéissant et réservé, les Japonais sont sortis dans les rues en grand nombre en opposition à une législation qui pourrait envoyer des soldats japonais à la guerre.

Agitant des drapeaux et des bannières et criant des slogans, les manifestants de

Les manifestants du mouvement YouStink mettent en cause

la classe politique et ses partisans, et dénoncent la corruption

qui a conduit à la perte des biens et des services publics au Liban.

 

[Sources : The Telegraph, The Guardian, UK ; dw.com BBC.com ; vox.com]

 

Une vaste majorité des oiseaux marins ont ingéré du plastique

Jusqu’à 90 % des oiseaux marins sont susceptibles d’avoir des morceaux de plastique dans le ventre, es time une nouvelle étude. Une équipe australienne d scientifiques a étudié les oiseaux et les débris marins d plastique. Elle a établi que bien plus d’oiseaux marin: étaient affectés par ces ingestions que la précédente esti mation (de 29 %) ne le laissait soupçonner.

[Source : theguardian.com]

 

Philippines : une nouvelle « application » diminue la pollution plastique

« La soupe de plastique » et « l’océan de plastique » sont malheureusement devenus des expressions courantes. Selon le Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue), chaque année environ cinq millions de tonnes de plastique entrent dans les océans, dont 80 % proviennent de la terre ferme. Puisque les déchets flottants n’ont pas de barrières géographiques ou politiques, les solutions doivent comprendre une collaboration internationale flexible tout en étant locales dans leurs buts et beurs portées.

Puisque les déchets flottants n’ont pas de barrières géographiques ou politiques, les solutions doivent comprendre une collaboration internationale flexible tout en étant locales dans leurs buts et leurs portées.

Le 20 septembre 2015, le groupement Energie duraI et développement des entreprises pour la population (SEED COM). organisateur du mouvement national Lets Do It Phil pines, coopérera avec l’ONG internationale Océan Recovery liance et leur puissant outil en ligne pour répertorier les déch sur une carte. appelée Global Alert.

La nouvelle application mobile pour cartographier les t droits pollués fournira des informations essentielles aux béi voles prenant part à la campagne de nettoyage Lets Do It P lippines Clean (p Carnpaign. Non seulement les gens peuw utiliser l’application pour signaler des zones à déchets, mais peuvent aussi annoncer quelles zones ils ont nettoyées, montrant des photos du site après nettoyage. De plus, l’apj cation sera utilisable toute l’année, de sorte que des part pants de n’importe quelle région pourront utiliser les donn pour aider à réduire la quantité de pollution plastique qui teint les Philippines. Les communautés seront alors en mes de développer de meilleurs programmes de recyclage et meilleures stratégies de gestion du plastique, ce qui mènera fine à moins de déchets flottants rejoignant l’océan.

[Source : eco-business.com]

 

Un Etat palestinien?

A ce jour, 136 pays ont reconnu I’Etat palestinien.

En septembre 2015, le conseil de sécurité de l’Onu devrait voter une résolution pour fonder l’Etat palestinien. La France travaille déjà à une proposition pour conférer aux Palestiniens une reconnaissance formelle du conseil de sécurité de l’Onu. La résolution déclarerait que Jérusalem est la capitale partagée d’Israël et de la Palestine. En outre, le nouveau document utiliserait les frontières de 1967 comme base pour les futures négociations visant à établir les frontières définitives entre les deux nations.

Il est pressenti que la France soumette la résolution au vote après l’inauguration de la 70e session de l’assemblée générale, le 15 septembre. A ce jour, 136 pays ont reconnu l’Etat palestinien, mais les Etats-Unis ont toujours bloqué la reconnaissance de celui-ci par le conseil de sécurité. Il est espéré que Barack Obama soutienne la résolution française. Son soutien pourrait ouvrir la voie afin que le conseil de sécurité approuve la résolution.

[Source : www.Pravda.ru  ]

 

L’effondrement du capitalisme mondial

« Il est indéniable que quelque chose d’ordre sismique se passe sous la surface. Quand et comment ça se révélera, de quoi ça aura l’air – ayant déjà traité ces choses par le passé – c’est impossible à prédire », explique Chris Hedges, professeur à l’Institut national – une organisation à but non lucratif dédiée à renforcer la presse indépendante et à faire respecter la justice sociale et les droits civiques.

En tant que journaliste, C. Hedges a couvert deux soulèvements palestiniens, la révolution en Europe de l’Est et les manifestations de rues qui ont renversé le dirigeant serbe Siobodam Milosevic. Lorsqu’on lui a demandé, dans un récent entretien, pourquoi il pensait que le monde était sur le point de vivre un grand moment révolutionnaire, il a répondu : « Le système du capitalisme mondial s effondre Il ne peut plus s’étendre comme par le passé. Il a renforcé la richesse d’une minuscule élite mondiale oligarchique. Le plus important est que le fondement idéologique d’un capitalisme sans entraves et illimité est en train de perdre son emprise sur l’imagination d’un grand nombre de gens qui ne bénéficient pas du système mondial. Cela se traduit par le fait que les citoyens se retournent contre leurs élus politiques. Par exemple, la cote de popularité du Congrès américain est un nombre à un chiffre, et la participation électorale est toujours au plus bas. »

Chris Hedges poursuit ainsi son analyse des causes de la chute du système actuel : « Ils ont détruit les institutions et les mécanismes qui rendaient possible des réformes partielles. On a ainsi atteint un moment très dangereux. En substance, les systèmes se sont figés.

Les institutions démocratiques sont destinées à l’amélioration du sort des classes inférieures. C’est ce qui arriva lorsque le capitalisme s’effondra dans les années 1920 et 1930 ; il y eut le New Deal. Mais nous avons supprimé ces mécanismes au nom de l’anti-communisme et avec l’implantation d’une idéologie de marché néo-libérale qui a évincé les valves de sécurité par lesquelles les démocraties libérales capitalistes pouvaient s’occuper des problèmes des déshérités. »

C. Hedges dénonce la notion d’effet de ruissellement de la richesse, introduite par Margaret Thatcher et Ronald Reagan au début des années 1980. « C’était un mensonge, cela a rendu fabuleusement riche une petite élite d’entreprises mondiales oligarchiques. Cela a aussi déclenché la spéculation mondiale avec une accumulation de pseudo richesse extrêmement dangereuse : la surestimation des marchés provoque des bulles qui finissement par éclater, comme ce fut le cas de la net-économie en 2000 ou l’effondrement de 2008 avec la crise des remboursements des prêts hypothécaires à risque. Et les effets sur l’économie mondiale sont accablants. »

C. Hedges est également militant, auteur, pasteur presbytérien et humanitaire, et il anticipe une coalition de mouvements protestataires qui fournira la force nécessaire au changement : « En tant que journaliste, vous savez que le petit bois est là. Mais vous ne savez jamais ce qui va l’enflammer. Même les prétendus dirigeants du mouvement ne savent pas quelle sera l’étincelle – c’est une force mystérieuse. »

« Les garçons et les filles de la classe moyenne […] quittent l’université aux Etats-Unis en étant considérablement endettés, pour s’apercevoir qu’il n’y a pas de place pour eux sur le marché du travail […]. Forcer les gens à vivre avec une dette chronique est une forme de contrôle social et politique, comme tout Afro-américain vous le dira. Vous ne pouvez pas élever une famille avec 7,25 dollars de l’heure sans allocations […]. Cette situation unit les jeunes et le travailleur sous-payé, beaucoup étant sans papiers, qui ont ensemble mené le mouvement Occupy. Et ces alliances, comme celles avec le groupe La vie des Noirs compte, sont des coalitions fortes qui se trouvent en opposition avec l’Etat corporatiste. »

[Source : The Globe and Mail, Canada]

 

La reconnaissance de l’Etat palestinien

En octobre 2014, la Suède a reconnu officiellement l’Etat pa­lestinien. Annoncée par Stefan Lôfven, premier ministre sué­dois, la décision devrait relancer de façon significative la campagne palestinienne visant à obtenir des reconnaissances unilatérales, suite à l’effondrement en début d’année du pro­cessus de paix initié par les Etats‑Unis.

Le président Abbas a qualifié de « courageux et historique » ce geste en faveur de l’Etat palestinien. Tandis que les Palesti­niens applaudissent, Israël proteste en rappelant son ambassa­deur pour consultation, marquant ainsi sa désapprobation.

Margot Wallstrôm, ministre des Affaires étrangères sué­doise, affirme que reconnaître la Palestine et l’autorité du président Abbas mettra chaque partie sur un pied d’égalité et permettra aux pourparlers de paix de progresser. « II est im­portant d’encourager la négociation et non la violence, déclare­t‑elle. Cela donnera de l’espoir à la jeunesse palestinienne et israé­lienne quant à l’existence d’une alternative à la violence. »

La Suède est le premier Etat membre de l’Union euro­péenne (UE) de l’Europe de l’Ouest à reconnaître l’Etat pa­lestinien. Sept membres de l’UE en Europe de l’Est et médi­terranéenne ont déjà reconnu l’Etat palestinien : la Bulgarie, Chypre, la République tchèque, la Hongrie, Malte, la Polo­gne et la Roumanie. L’Islande est le seul pays non membre de l’UE en Europe occidentale à l’avoir reconnu.

En octobre 2014, la Chambre des communes britannique a appuyé la reconnaissance d’un Etat palestinien à côté de l’Etat d’Israël, dans un vote historique et symbolique. Par 274 voix contre 12, les parlementaires de tous bords ont exhorté le gou­vernement à « reconnaître Z Etat palestinien à côté de celui d Israël » afin de « contribuer à assurer une solution négociée entre les deux Etats ». Ce vote n’est pas contraignant mais il constitue un appel pour que les Britanniques rejoignent les 134 nations ayant déjà reconnu bilatéralement la Palestine ‑ la Suède étant le plus ré­cent à le faire. Cela consolide aussi la reconnaissance de la Palestine par les Nations unies, en 2012.

Les partisans des reconnaissances bilatérales, y compris en Palestine, en parlent comme d’une première étape et non d’une solution définitive. Cela ne peut pas remplacer les pourparlers de paix internationaux vers une solution à deux Etats. Cependant, l’accueil de la Palestine sur la scène politi­que internationale lui procure des avantages diplomatiques, comme des ambassades et l’immunité diplomatique.

Israël soutient que les Palestiniens ne peuvent obtenir l’Etat qui leur a été promis que par des négociations directes et non par d’autres voies diplomatiques. Mais M. Wallstrôm affirme que « le gouvernement suédois considère que les critères ju­ridiques internationaux en faveur de la reconnaissance de l’Etat pa­lestinien sont réunis ».

Les Palestiniens veulent un Etat indépendant en Cisjorda­nie et à Gaza, avec comme capitale Jérusalem‑Est. Alors que les frontières de Gaza sont clairement délimitées, le territoire de ce qui constitue la Palestine en Cisjordanie et à Jérusalem­Est ne seront précisément déterminées que par des négocia­tions avec Israël dans une solution à deux Etats, lesquelles sont en ce moment suspendues.

En novembre 2014, le parlement danois devait également voter une motion afin de reconnaître l’Etat palestinien. Préa­lablement à ce scrutin, un groupe de 660 personnalités israé­liennes ont adressé une lettre aux hommes et aux femmes po­litiques danois : « Nous avons été informés de la proposition du par­lement danois de reconnaître l Etat palestinien et de promouvoir une solution à deux Etats. Le Danemark a été un des premiers Etats à encourager le nouvel Etat d’Israël et à établir des relations diplomati­ques avec Israël. Les actions du peuple danois pour protéger la vie des Juifs pendant la guerre sont bien connues et avérées. Le parlement danois est maintenant confronté à l’opportunité de continuer son tra­ditionnel soutien à Israël en votant pour que son gouvernement re­connaisse 1 Etat palestinien à côté de celui d’Israël. Pour encourager ce vote, nous souhaitons vous transmettre les convictions profondes des nombreux Israéliens signataires d’une pétition demandant votre soutien à cette reconnaissance. »

Cette lettre comporte la déclaration suivante « Nous soussignés, citoyens d’Israël, souhaitons que notre pays soit sûr et prospère, mais sommes préoccupés par les échecs politi­ques incessants, les activités d’occupation et de colonisation qui conduisent à encore plus d’affrontements avec les Palestiniens et tor­pillent les chances d’aboutir â un compromis. Il est clair que les perspectives qui permettront à Israël de vivre en sécurité et de subsis­ter dépendent de l’existence d’un Etat palestinien à côté d’Israël. Is­raël devrait reconnaître l’Etat palestinien et la Palestine 1 Etat d Is­raël, sur les bases des frontières du 4 juin 1967. Votre initiative à reconnaître l’Etat palestinien accélèrera les perspectives de paix et encouragera Israéliens et Palestiniens à mettre fin au confit. »

Un vote semblable doit avoir lieu au Parlement français, ainsi qu’en Espagne.

[Sources : www.otherisrael.home.igc.org  ; www.Aljazeera.com  ; www.theguar­dian.com ]

85 personnes possèdent autant que la moitié de la population mondiale

D’après Oxfam : « Les élites les plus fortunées ont coopté le pou­voir politique afin de truquer les règles du jeu économique, saper la démocratie et créer un monde où les 85 personnes les plus riches pos­sèdent la même fortune que la moitié de la population mondiale. »

Le rapport récemment publié par Oxfam, Travailler pour quelques uns, détaille l’impact destructeur des inégalités crois­santes et comment les plus riches sapent les processus démo­cratiques et induisent des politiques qui favorisent leurs inté­rêts au détriment du reste de l’humanité.

Le rapport affirme qu’il existe une prise de conscience croissante de l’opinion publique mondiale sur ces questions. Des enquêtes réalisées dans six pays (Brésil, Inde, Afrique du Sud, Espagne, Royaume‑Uni et Etats‑Unis) montrent que la plupart des personnes interrogées pensent que les lois sont biaisées en faveur des riches.

Selon le rapport d’Oxfam, les conséquences de ce déséqui­libre sont désastreuses : « Cette concentration massive des ressour­ces économiques dans les mains d’une infime minorité présente une menace importante pour les systèmes politiques et économiques. Au lieu de progresser ensemble, les gens sont de plus en plus séparés par le pouvoir économique et politique, ce qui accroît inévitablement les tensions au sein de la société et augmente le risque de désintégration sociale. »

Le rapport a constaté qu’au cours des der­nières décennies, les riches ont réussi à in­fluencer le monde politique afin d’orienter les décisions en leur faveur sur des questions telles que la dérégulation financière, les paradis fis­caux, les pratiques anticoncurrentielles, la baisse des taux d’imposition sur les hauts reve­nus et sur les dividendes, ainsi que sur la ré­duction des investissements dans les services publics. Depuis la fin des années 1970, les taux d’imposition pour les plus riches ont di­minué dans 29 des 30 pays pour lesquels des données sont disponibles.

Cette mainmise des riches, au détriment des pauvres et des classes moyennes, a conduit à une situation où 70 % des hommes vivent dans des pays où les inégalités augmentent de­puis les années 1980, et où 1 % des familles possèdent maintenant 46 % de la richesse mon­diale (110 000 milliards de dollars).

« La concentration des richesses aux mains de quelques‑uns mène à des influences politiques in­dues, qui au bout du compte aboutissent à des poli­tiques fiscales injustes, encouragent les pratiques de corruption et remettent en question le pouvoir des gouvernements. Prises ensembles, toutes ces conséquences affaiblissent la cohésion sociale », indique le rapport.

Winnie Byanyima, directrice exécutive d’Oxfam, décla­re : « Dans les pays développés tout comme dans ceux en développe­ment, nous observons de plus en plus que les taux d’imposition les plus bas, les meilleurs soins, la meilleure éducation ainsi que les pos­sibilités d’influencer la politique sont donnés non seulement aux plus riches, mais également à leurs enfants. Sans un effort concerté pour lutter contre les inégalités, elles perdurent à travers les généra­tions. Nous allons bientôt vivre dans un monde où l’égalité des chances constituera juste un rêve. »

Oxfam lance un appel d’urgence aux gouvernements afin qu’ils prennent des mesures immédiates pour inverser ces tendances. Ils demandent un impôt juste et progressif, l’éli­mination des paradis fiscaux, un salaire décent pour les tra­vailleurs, l’élimination de l’influence indue des plus riches sur les politiques ainsi que l’inversion des programmes d’aus­térité des gouvernements en utilisant les recettes fiscales pour financer des soins de santé universels, l’éducation et la pro­tection sociale.

[Sources :  www.oxfam.org  ; www.commondreams.org   ]

 

Sauver la planète : un changement de mentalité est indispensable

Question : Que se passe‑t‑il lorsque la marchandisation est appliquée à la nature ? Réponse : La nature ne nous appartient plus. Notre planète est en train d’être privatisée et de nous être revendue. Les ressources naturelles sont considérées comme une source de profit, du moins pour certains. La nature est exploitée au service de notre avidité ; l’aliénation de la Terre Mère s’ensuit et la notion de gestion collective des biens communs s’efface au profit d’un sentiment d’ayant droit.

En outre, il semble que nous, l’humanité, ayons largement perdu le contact avec la réalité et le monde naturel. La Grande‑Bretagne ne fait pas exception et selon George Monbiot, journaliste au Guardian, la marchandisation de l’environnement est assez avancée au Royaume‑Uni.

« Le Royaume‑Uni s’est doté d’un comité du capital nature, un groupe de travail sur les marchés des écosystèmes, et d’un nouveau lexique révélateur. Nous ne parlons plus de la nature : désormais l’expression appropriée est « capital naturel ». Les processus naturels sont devenus des « services écosystémiques » , comme s’ils n’existaient que pour nous servir. Collines, forêts et bassins versants des rivières sont maintenant des « infrastructures vertes » , tandis que la biodiversité et les habitats sont des « classes d’actifs » au sein d’un « marché des écosystèmes ». Tous se verront attribuer un prix, tous deviendront échangeables », explique George Monbiot dans un article récent : Au nom de la sauvegarde du monde naturel, les gouvernements sont en train de le privatiser.

Les entreprises traitent encore le monde naturel comme s’il ne valait rien. En établissant une tarification à la nature et en intégrant ces coûts dans le prix de revient des biens et services, on crée une incitation économique pour sa protection …. Le groupe de travail Marché des écosystèmes évoque « le potentiel de croissance des marchés de la nature ‑ de l’ordre de milliards d’euros à l’échelle mondiale ».

Monbiot demande : « Marchandisation, croissance économique, prélèvements financiers, pouvoir des entreprises : ne seraientce pas justement ce qui provoque la crise de l’environnement ? Maintenant, on nous affirme que pour sauver la biosphère nous en aurions encore plus besoin. »

Monbiot remarque que si l’on commence à payer pour des « services écosystémiques », cela conduira à encore davantage de privatisation : « Le gouvernement a déjà commencé à décrire les propriétaires terriens comme des « fournisseurs » de services écosystémiques, comme s’ils avaient créé la pluie, les collines et les rivières et la faune qui les habite. Ils doivent être payés pour ces services, que ce soit par le gouvernement ou par les « utilisateurs ».

« Mais cela ne s’arrête pas là, poursuit G. Monbiot, expliquant la rapidité avec laquelle la marchandisation s’est répandue dans le monde de la nature. Une fois qu’une ressource a été transformée en marchandise, les spéculateurs et les négociants interviennent. Le groupe de travail Marché des écosystèmes parle maintenant de mobiliser l’expertise financière de la City afin d’évaluer la manière dont ces flux de revenus mixtes et ces titrisations améliorent le retour sur investissement d’une obligation environnementale. Cela donne une idée de l’avancée du processus et du charabia qu’il a commencé à générer. »

Pendant que la nature est marchandisée, nos droits démocratiques s’érodent. « Nous ne serons plus en mesure de faire valoir qu’un écosystème ou un paysage doit être protégé parce qu’il nous émerveille et nous procure du plaisir ; on nous répondra que sa valeur intrinsèque a déjà été calculée et, sans doute, qu’il se révèle être d’une valeur moindre que les autres utilisations qui pourraient être faites de ce territoire. Le marché aura parlé : fin du débat… Les gouvernements n’auront pas besoin de réguler, le marché prendra les décisions que les politiciens ont esquivé. Mais le commerce est un maître capricieux, et ne répond à personne, sauf à ceux qui ont de l’argent. L’évaluation du prix et la vente de la nature représente un nouveau transfert de pouvoir vers les entreprises et les très riches. »

Nous permettons, ou participons à la privatisation de notre planète ‑ comme s’il s’agissait d’une entreprise. George Monbiot indique que le groupe de travail du gouvernement parle déjà de « dégroupage » des services écosystémiques, un terme emprunté aux privatisations passées. « Cela peut présenter un intérêt ftnancier, mais cela n’a aucun sens écologique. Plus nous en apprenons sur le monde naturel, plus nous découvrons que ses fonctions ne peuvent être dissociées sans risque… Si nous laissons la discussion se déplacer des valeurs à la valeur ‑ de l’amour à la cupidité ‑ nous cédons le monde naturel aux forces de destruction. »

« L’évaluation du prix et la vente de la nature représente un nouveau transfert de pouvoir vers les entreprises et les très riches. »

[Sources : The Guardian, G.‑B. ; www.monbiot.com ]

 

Changement climatique, le revirement d’un sceptique

Le physicien Richard Muller, jusque-là sceptique déclaré au sujet du changement climatique, se considère désormais comme un « sceptique converti » après qu’une étude qu’il a menée soit arrivée à la conclusion qu’un réchauffement climatique était bien en cours et « que les hommes en sont pratiquement les seuls responsables. »

L’équipe de R. Muller est arrivée à la conclusion que le réchauffement climatique pourrait augmenter encore de 1,5° en moins de 20 ans si la Chine poursuit sa croissance industrielle rapide et son utilisation intensive de charbon.

« Nous ne nous y attendions pas, mais en tant que scientifiques, il est de notre devoir d’aligner nos idées sur les preuves qui nous sont présentées, conclut R. Muller. J’espère que les travaux de Berkeley Earth permettront de clore le débat scientifique sur le réchauffement climatique et ses causes humaines. La partie la plus diffcile viendra ensuite : trouver un accord acceptable pour l’ensemble du spectre politique et diplomatique sur ce qui peut et doit être fait. »

[Sources : www.truthdig.com , New York Times]