Sauver la planète : un changement de mentalité est indispensable

Question : Que se passe‑t‑il lorsque la marchandisation est appliquée à la nature ? Réponse : La nature ne nous appartient plus. Notre planète est en train d’être privatisée et de nous être revendue. Les ressources naturelles sont considérées comme une source de profit, du moins pour certains. La nature est exploitée au service de notre avidité ; l’aliénation de la Terre Mère s’ensuit et la notion de gestion collective des biens communs s’efface au profit d’un sentiment d’ayant droit.

En outre, il semble que nous, l’humanité, ayons largement perdu le contact avec la réalité et le monde naturel. La Grande‑Bretagne ne fait pas exception et selon George Monbiot, journaliste au Guardian, la marchandisation de l’environnement est assez avancée au Royaume‑Uni.

« Le Royaume‑Uni s’est doté d’un comité du capital nature, un groupe de travail sur les marchés des écosystèmes, et d’un nouveau lexique révélateur. Nous ne parlons plus de la nature : désormais l’expression appropriée est « capital naturel ». Les processus naturels sont devenus des « services écosystémiques » , comme s’ils n’existaient que pour nous servir. Collines, forêts et bassins versants des rivières sont maintenant des « infrastructures vertes » , tandis que la biodiversité et les habitats sont des « classes d’actifs » au sein d’un « marché des écosystèmes ». Tous se verront attribuer un prix, tous deviendront échangeables », explique George Monbiot dans un article récent : Au nom de la sauvegarde du monde naturel, les gouvernements sont en train de le privatiser.

Les entreprises traitent encore le monde naturel comme s’il ne valait rien. En établissant une tarification à la nature et en intégrant ces coûts dans le prix de revient des biens et services, on crée une incitation économique pour sa protection …. Le groupe de travail Marché des écosystèmes évoque « le potentiel de croissance des marchés de la nature ‑ de l’ordre de milliards d’euros à l’échelle mondiale ».

Monbiot demande : « Marchandisation, croissance économique, prélèvements financiers, pouvoir des entreprises : ne seraientce pas justement ce qui provoque la crise de l’environnement ? Maintenant, on nous affirme que pour sauver la biosphère nous en aurions encore plus besoin. »

Monbiot remarque que si l’on commence à payer pour des « services écosystémiques », cela conduira à encore davantage de privatisation : « Le gouvernement a déjà commencé à décrire les propriétaires terriens comme des « fournisseurs » de services écosystémiques, comme s’ils avaient créé la pluie, les collines et les rivières et la faune qui les habite. Ils doivent être payés pour ces services, que ce soit par le gouvernement ou par les « utilisateurs ».

« Mais cela ne s’arrête pas là, poursuit G. Monbiot, expliquant la rapidité avec laquelle la marchandisation s’est répandue dans le monde de la nature. Une fois qu’une ressource a été transformée en marchandise, les spéculateurs et les négociants interviennent. Le groupe de travail Marché des écosystèmes parle maintenant de mobiliser l’expertise financière de la City afin d’évaluer la manière dont ces flux de revenus mixtes et ces titrisations améliorent le retour sur investissement d’une obligation environnementale. Cela donne une idée de l’avancée du processus et du charabia qu’il a commencé à générer. »

Pendant que la nature est marchandisée, nos droits démocratiques s’érodent. « Nous ne serons plus en mesure de faire valoir qu’un écosystème ou un paysage doit être protégé parce qu’il nous émerveille et nous procure du plaisir ; on nous répondra que sa valeur intrinsèque a déjà été calculée et, sans doute, qu’il se révèle être d’une valeur moindre que les autres utilisations qui pourraient être faites de ce territoire. Le marché aura parlé : fin du débat… Les gouvernements n’auront pas besoin de réguler, le marché prendra les décisions que les politiciens ont esquivé. Mais le commerce est un maître capricieux, et ne répond à personne, sauf à ceux qui ont de l’argent. L’évaluation du prix et la vente de la nature représente un nouveau transfert de pouvoir vers les entreprises et les très riches. »

Nous permettons, ou participons à la privatisation de notre planète ‑ comme s’il s’agissait d’une entreprise. George Monbiot indique que le groupe de travail du gouvernement parle déjà de « dégroupage » des services écosystémiques, un terme emprunté aux privatisations passées. « Cela peut présenter un intérêt ftnancier, mais cela n’a aucun sens écologique. Plus nous en apprenons sur le monde naturel, plus nous découvrons que ses fonctions ne peuvent être dissociées sans risque… Si nous laissons la discussion se déplacer des valeurs à la valeur ‑ de l’amour à la cupidité ‑ nous cédons le monde naturel aux forces de destruction. »

« L’évaluation du prix et la vente de la nature représente un nouveau transfert de pouvoir vers les entreprises et les très riches. »

[Sources : The Guardian, G.‑B. ; www.monbiot.com ]

 

Changement climatique, le revirement d’un sceptique

Le physicien Richard Muller, jusque-là sceptique déclaré au sujet du changement climatique, se considère désormais comme un « sceptique converti » après qu’une étude qu’il a menée soit arrivée à la conclusion qu’un réchauffement climatique était bien en cours et « que les hommes en sont pratiquement les seuls responsables. »

L’équipe de R. Muller est arrivée à la conclusion que le réchauffement climatique pourrait augmenter encore de 1,5° en moins de 20 ans si la Chine poursuit sa croissance industrielle rapide et son utilisation intensive de charbon.

« Nous ne nous y attendions pas, mais en tant que scientifiques, il est de notre devoir d’aligner nos idées sur les preuves qui nous sont présentées, conclut R. Muller. J’espère que les travaux de Berkeley Earth permettront de clore le débat scientifique sur le réchauffement climatique et ses causes humaines. La partie la plus diffcile viendra ensuite : trouver un accord acceptable pour l’ensemble du spectre politique et diplomatique sur ce qui peut et doit être fait. »

[Sources : www.truthdig.com , New York Times]

Un patch indolore

De nouvelles méthodes indolores d’administration des vaccins apparaissent au Japon. Elles devraient bientôt passer au stade des essais cliniques.

En collaboration avec de grandes firmes pharmaceutiques, des équipes de recherche ont développé un patch de vaccin qui se pose sur la peau comme un petit sparadrap. Le dessous du patch comporte un millier de minuscules protubérances qui conduisent le vaccin dans une sous-couche de la peau. Les protubérances ne pénètrent pas suffisamment dans la peau pour atteindre les récepteurs de la douleur. La douleur est le facteur déterminant qui fait fuir les injections de vaccin.

On pourrait utiliser cette technologie pour administrer de l’insuline aux diabétiques.

[Source : The Nikkei Weekly, Japon]

 

Magie génétique

La science médicale de la régénération a franchi une étape importante en 2007 lorsque le professeur Yamanaka, de l’université de Kyoto, a créé des cellules souches humaines à capacités multiples (cellules iPS). Une nouvelle étape encore plus significative vient d’être franchie, qui pourrait réduire les risques liés aux traitements médicaux régénérants.

Une cellule iPS a le potentiel de se transformer en n’importe quel type de cellule corporelle. Yamanaka et son équipe sont parvenus à reprogrammer des cellules adultes en cellules souches au moyen de trois ou quatre gènes, connus aujourd’hui comme facteurs Yamanaka. Le problème était cependant que l’un de ces facteurs, bien qu’essentiel à l’efficacité du processus, puisse amener les cellules iPS à devenir cancéreuses après qu’elles se soient répandues dans les tissus humains.

Afin de surmonter ce problème, la recherche s’est mise en quête d’un gène de substitution; et un « gène magique » a été découvert, permettant de remplacer le « défectueux » ou à risque. Ce nouveau gène pourrait aussi empêcher les gènes incapables d’effectuer la totalité de la transition de cellules souches à cellules iPS de se reproduire. Les gènes « défectueux étant connus pour accroitre les risques de cancer.

Suite aux découvertes faites au Japon en 2007, des chercheurs de l’université de Buffalo pourraient bien avoir accompli un pas significatif dans la compréhension des effets de la maladie de Parkinson sur le système nerveux humain.

Conduits par le physiologiste Jian Feng, ds ont prélevé des cellules sur des sujets sains formant un groupe contrôle et sur des patients atteints d’un type particulier de la maladie de Parkinson, et les ont transformées en une sorte de cellule primordiale – une cellule souche polyvalente (cellule iPS). Les cellules iPS peuvent se transformer en presque n’importe quel type de cellules dans le corps, et dans les expériences les plus récentes elles se sont transformées en cellules cérébrales. Et les cellules des patients parkinsoniens sont devenues des cellules cérébrales contenant une forme mutante du gène « parkin ». Produire ces cellules cérébrales en laboratoire permet d’éviter des opérations invasives au cerveau. En effet, les mutations du gène parkin interrompent la production de dopamine, induisant davantage de radicaux libres, détruisant ainsi les neurones de dopamine à l’origine de la maladie de Parkinson.

[Source : CNET.com ; The Nikkei Weekly, Japon]

 

Avoir faim sur « notre terre »

Nunavut signifie « notre terre » et des lycéens d’Iqaluit, capitale de ce territoire canadien, ont récemment prouvé leur compréhension pratique de ce nom: « Nous savons que dans nos communautés des gens souffrent de la faim », ont-ils déclaré.

Début janvier 2012, lors d’une manifestation de soutien à leurs compatriotes, les étudiants et leurs professeurs ont organisé une grève de la faim de quatre jours afin d’attirer l’attention sur la faim dans le Nunavut, le plus vaste territoire fédéral canadien, dans lequel une récente étude à montré que dans le courant d’une année, 70 % des ménages se trouvaient à un moment å court de nourriture, et 40 % souffraient d’une sévère pénurie alimentaire.

Plus de trente étudiants et professeurs du lycée d’Inuksuk ont participé à cette action en réduisant leur ration quotidienne de calories au niveau de celle de la moyenne des Nunavummiut – ce qui n’est pas anodin en cette saison : la température moyenne en janvier est de -35 degrés Celsius.

[Source : Inuit Tuttarvingat News, Canada]

 

Le livre de Federico Mayor Zaragoza The Crime of Silence (extrait)

Le livre de Federico Mayor Zaragoza The Crime of Silence est disponible en téléchargement gratuit sur le site (en espagnol et en anglais). Pour plus d’information : www.fund-culturadepaz.org

« On ne pourra apporter de remède aux maux de ce monde que si les conditions suivantes sont remplies :

  • Si l’on consolide la démocratie et si les leaders politiques reprennent les rênes de la gouvernance au lieu de plier sous la pression des institutions financières, et s’ils parviennent a remplacer une économie basée sur la spéculation par une économie basée sur la connaissance.
  • Si l’on réduit les dépenses militaires pour consacrer plus d’argent au développement global, en augmentant le nombre de personnes qui profitent du progrès.
  • Si les paradis fiscaux sont définitivement supprimés et des mesures financières alternatives sont mises en place, telles qu’une taxe sur les transactions électroniques.
  • Si les groupes ploutocratiques imposés par le partisans du. « globalisme » (les G7, 08, G20) sont dissouts une fois pour toutes ; si les Nations unies sont renforcées et dotées de réels moyens pour accomplir leurs missions de sécurité au niveau mondial, en application des lois internationales, y compris celles de l’Organisation mondiale du Commerce ; si elles garantissent que la Banque mondiale et le Fonds monétaire international poursuivent les buts pour lesquels ils ont été fondés ; si l’Onu a la capacité de déployer rapidement des Casques bleus plutôt que de rester un témoin passif des génocides et des violations des droits de l’homme, et si les actions des Casques rouges (les « frères humanitaires » des casques bleus) sont coordonnées et orientées vers la réduction de l’impact des désastres naturels ou artificiels.
  • Si l’on décide immédiatement que les drogues n’ont pas de valeur et sont rendues universellement disponibles à des prix raisonnables, comme le sont l’alcool et le tabac. Cette légalisation sera accompagnée, en fonction des circonstances, par des campagnes globales de communication pour décourager d’utiliser des drogues et faire la promotion des traitements pour guérir de la dépendance.
  • Si les citoyens du monde, conscients de leur capacité à participer à distance, cessent d’être passifs pour devenir des acteurs de leur destin. »

(The Crime of Silence, p.21)

Urgence climatique (Extraits)

par Ignacio Ramonet, Paris, France

Du fait de la crise financière et des horreurs économiques qui assaillent les sociétés européennes, les gens oublient que le changement climatique et la destruction de la biodiversité restent les plus grandes menaces qui pèsent sur l’humanité.

Si nous ne changeons pas radicalement les modèles de production imposés par la mondialisation économique, nous atteindrons bientôt le point de non-retour au-delà duquel la vie humaine sur la planète deviendra graduellement invivable.

En l’espace de cinquante ans, le nombre d’habitants sur Terre a été multiplié par 3,5, la majorité vivant dans les villes. Dans le même temps, les ressources de la planète n’augmentant pas : que se passera-t-il lorsque la pénurie de certaines ressources naturelles s’aggravera?

Au cours de la dernière décennie, cent cinquante millions de personnes sont passées au-dessus du seuil de pauvreté. Certes, il faut s’en réjouir. Mais cela entraine de graves responsabilités pour nous tous; car, vu le modèle consumériste dominant, la sortie de grands nombres d’individus de la pauvreté est incompatible avec la survie de l’humanité.

Notre planète ne dispose pas de ressources énergétiques suffisantes pour que la totalité de la population mondiale les utilise sans frein. Pour que les sept milliards d’habitants consomment l’énergie au même rythme que l’Européen moyen, il faudrait les ressources de deux planètes Terre, et les ressources de trois planètes si on voulait que soit étendu au monde entier le rythme de la consommation américaine…

Si nous voulons éviter le changement climatique et défendre l’humanité, il est urgent de renoncer å la logique de la croissance permanente qui est invivable, et d’adopter une voie conduisant à une réduction raisonnable de la croissance…  [Source : IPS]

 

Arménie : manifestation contre la corruption (extrait)

Erevan, la capitale arménienne, a vu se produire une grande manifestation du pouvoir populaire lorsque plus de 10 000 partisans de l’opposition se sont rassemblés le 10 octobre 2014 pour réclamer un changement de gouvernement. Les manifestants accusent les dirigeants d’avoir échouer à juguler la pauvreté et la corruption dans ce pays enclavé. « Le temps est venu de nous débarrasser de notre gouvernement criminel et corrompu, a déclaré aux manifestants Levon Ter-Petrosian, ancien président de l’Arménie et chef du parti du Congrès national arménien. Nous avons besoin d’élection à la fois parlementaire et présidentielle…

…Maria Titizian, directrice de CivillNet, station TV en ligne indépendante, a expliqué qu’outre le grand nombre de manifestants, ce qui a rendu ce rassemblement inhabituel était la réunion des trois partis de l’opposition arménienne, habituellement fragmentée. « Nous en sommes arrivés à un point ou une majorité de la population est vraiment insatisfaite de la qualité de vie et du niveau d’impunité et de corruption, et qu’elle espère un changement », a-t-elle précisé.

[Sources : aljazeera.com ; asbarez.com ]

Manifestation contre le Traité de libre-échange transatlantique (extrait)

Des manifestations ont eu lieu le samedi 11 octobre 2014, en Allemagne, en France, au Royaume-Uni, en Espagne, en Italie et dans vingt autres pays européens, contre le Traité (Traité de libre-échange transatlantique). Les manifestants étaient déguisés en robots d’entreprise et en chevaux de Troie Tafta géants. Au Royaume-Uni, quelques 575 événements ont eu lieu au Pays de Galle, en Écosse et en Angleterre. Le conseil de la ville d’Erkrath, en Allemagne, a déclaré son opposition et des centaines municipalités françaises ont fait de même.

Le Tafta est un accord de « libre-échange » entre l’Union européenne et les États-Unis négocié en secret. Un de ses objectifs est de réduire le coût des réglementations démocratiquement mises en place depuis de nombreuses années pour protéger les intérêts publics. On prétend qu’il augmentera la croissance économique et la création d’emplois, autant que le profit des grandes entreprises. Le cœur du projet repose sur un mécanisme de règlement des différents entre investisseurs et État, qui donnera aux entreprises le pouvoir de poursuivre les gouvernements devant les tribunaux à huis clos pour manque à gagner sur leurs ventres de produits et services. Ces décisions auront priorités sur les lois démocratiquement établies des pays souverains. Les amendes seront payées par des impôts publics…

Les critiques de Tafta affirment que les échanges devraient favoriser le partage plutôt que la concurrence ; promouvoir la démocratie et l’égalité ; bénéficier surtout aux plus pauvres ; encourager les réseaux commerciaux locaux et non pas donner priorité aux désirs des plus riches au dépend des plus pauvres.

[Sources : noTTIP.org.uk : 38degrees.org.uk : bbb.co.uk/news ; The Guardian, Royaume-Uni]

 

Marche historique pour le climat

Le 21 septembre 2014 s’est déroulée la plus grande marche pour le climat de tous les temps, avec 2 700 manifestations si­multanées de Melbourne à Manhattan. Plus d’un million de personnes ont envahi les rues dans plus de 156 pays. Juste avant le Sommet sur le climat du 23 septembre à New York, elles exigeaient des mesures contre le réchauffement climati­que. Fait sans précédent, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki‑moon, s’est joint aux manifestants de New York, déclarant notamment : « Il est urgent de prendre des mesures contre le changement climatique. Plus nous attendrons, plus nous en paierons le prix en vies humaines et financièrement. Ce sommet cli­matique que j’ai convoqué a deux objecte : d’une part mobiliser les volontés politiques en vue d’un accord universel et significatif sur le climat l’année prochaine à Paris, et d’autre part réaliser des avancées ambitieuses dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre et dans la mise en ouvre d’autres moyens de lutte contre le changement climatique. »

La grande Marche du climat de New York a été menée par des communautés autochtones du monde entier et par celles qui ont été frappées le plus durement par l’ouragan Sandy. Elle a rassemblé environ 400 000 personnes, incluant l’ancien vice­président A1 Gore et la primatologue Jane Goodall.

A la frontière canadienne, des milliers de manifestants membres des peuples premiers et d’organisations locales, ve­nus à pied de Vancouver et de Seattle, brandissaient les ban­deroles « Le changement climatique ne connaît pas de frontières », dénonçant l’exploitation destructrice des sables bitumineux et la construction du pipeline Keystone XL d’Alberta au Texas, désastre environnemental et producteur de carbone. Comme l’explique Keya Chatterjee, directeur de l’Energie renouvelable du Fonds international pour la protection de la nature (WWF) : « Nos grandes victoires se sont produites lorsque les gens ont battu les pavés. Les dirigeants doivent entendre ce cri de ralliement et trouver un moyen de donner au peuple ce qu’il veut : des mesures immédiates contre le changement climatique. »

En Tanzanie, les Maasai ont traversé leurs terres ancestra­les pour demander la protection de leurs territoires du Se­rengeti contre les impacts du changement climatique. Des manifestations se sont produites dans toute l’Afrique, comme à Johannesburg, au Togo, au Niger, en Côte d’Ivoire, au Bé­nin et au Nigeria.

Des îles Tonga à celles de Tokelau, dans l’Océan Pacifique, le peuple a exigé « de l’action, pas des paroles ! » En Pa­pouasie‑Nouvelle‑Guinée, les élèves d’une école primaire ont marché jusqu’à un phare partiellement submergé en raison de l’élévation du niveau de la mer. Dans les îles Fiji, Noelene Nabulivou, de Voix et Actions pour l’Egalité, a dé­claré : « Les femmes de l’hémisphère sud en ont assez d’entendre les politiciens et d’autres partenaires pour le développement trouver tou­jours une bonne excuse pour juger hors d’atteinte l’objectif le plus per­tinent de diminution de la température de 1,5° Celsius. Cette marche veut faire comprendre à tous que c’est maintenant ou jamais ! »

A Londres, 40 000 personnes ont défilé jusqu’au Parle­ment, tandis que les cloches des églises sonnaient à la volée. Une prière spéciale de l’archevêque Desmond Tutu a été ré­citée lors de toutes les manifestations. Il s’agit d’une prière pour « tous nos dirigeants, responsables de notre Mère la Terre, qui sont réunis à New York pour la Conférence sur le climat », afin qu’ils puissent «négocier avec sagesse et équité ».

Défilés, manifestations et parcours à bicyclette ont consti­tué la Marche de Paris pour le Climat, à laquelle 25 000 per­sonnes ont pris part, tandis qu’à Berlin, plus de 10 000 per­sonnes ont convergé vers la Porte de Brandebourg pour par­ticiper à un festival coloré. A Rio, des milliers de gens ont défilé sur les plages d’Ipanema, après que des images aient été projetées sur la statue du Christ Rédempteur.

De nombreuses organisations Quaker ont publié une dé­claration commune : « Cette semaine, nous nous joignons à la Marche pour le Climat en tant que membres de cette belle famille qu’est l’humanité, afin d’obtenir de la part de nos dirigeants et de nous‑mêmes des engagements significatifs de lutter contre le chan­gement climatique pour notre avenir commun, pour la Terre, et pour les générations à venir. Nous considérons cette Terre comme un fabuleux cadeau qui soutient la vie, et comme notre seule de­meure. Soignons‑la ensemble. »

Greenpeace a présenté une pétition de six millions de si­gnatures appelant à la création d’un sanctuaire arctique. Avaaz et des groupes cecuméniques ont également présenté une pétition forte de plus de deux millions de signatures exi­geant des mesures pour sauver la planète.

Les 21 et 22 septembre 2014, juste avant le sommet de l’Onu, s’est également tenu à New York le Sommet cecumé­nique sur le changement climatique. Des dirigeants de diffé­rentes confessions et traditions religieuses du monde ont ex­primé dans une déclaration aux dirigeants de la planète leur profonde inquiétude au sujet des conséquences du change­ment climatique sur la Terre et ses habitants, en soulignant ses effets disproportionnés sur la vie, les moyens d’existence et les droits des populations les plus pauvres, marginalisées et vulnérables, comme les populations indigènes. Ils ont pressé les gouvernements de s’engager à limiter le réchauffement en dessous de 2° Celsius, et à éliminer complètement l’usage des combustibles fossiles d’ici 2050. Cela nécessiterait des mesu­res simultanées telles que la réduction à court terme des émis­sions, la suppression progressive des subventions sur les com­bustibles fossiles, des plafonnements de l’utilisation du char­bon ou des désinvestissements dans ce domaine, la protection des forêts sur une grande échelle, l’amélioration de l’effica­cité énergétique, et d’autres mesures encore. Enfin, les diri­geants religieux ont prié toutes les nations de travailler de fa­çon constructive à l’élaboration à Paris, en décembre 2015, d’un accord climatique global ambitieux, équitable et inscrit dans la loi. Cet accord remplacera le Protocole de Kyoto en tant que plus important traité sur le changement climatique, et exigera de toutes les nations qu’elles repensent leurs systè­mes de production énergétique.

Le secrétaire général de l’Onu, Ban Ki‑moon, a invité les chefs d’Etats à proposer au sommet de New York des engage­ments pouvant être incorporés à l’accord final. Beaucoup de participants ont exprimé le point de vue que la rédaction d’un avant‑projet serait essentielle au succès du sommet final de Paris en 2015, car reporter toute la rédaction au dernier mo­ment pourrait causer des retards supplémentaires. L’Onu es­père qu’un projet d’accord sera proposé avant décembre 2014, date à laquelle toutes les parties se retrouveront à Lima pour d’autres discussions.

[Sources : www. peoplesclimate.org ; www. theguardian.com]