Energies propres: treize percées majeures en 2013

par Kiley Kroh et Jeff Spross

Alors que les nouvelles du climat s’aggravent de jour en jour, la rapidité des progrès technologiques, la baisse des coûts, et l’amélioration des possibilités d’accès aux énergies propres sont de vraies lueurs d’espoirs pour un avenir sans énergies carbones. La place nous manquerait pour citer ici toutes les étapes franchies en 2013, mais voici treize percées importantes survenues tout récemment.

1. L’utilisation du sel pour continuer à produire de l’énergie solaire même après le coucher du soleil. Avec le soutien du Programme de prêts du département [américain] de l’Ener­gie, la gigantesque centrale solaire de 280 mégawatts de Solana (Arizona) est entrée en service en octobre, avec une caractéristique unique : l’usine utilisera une « batterie au sel » pour continuer à produire de l’électricité même lorsque le so­leil ne brille pas. C’est une première aux Etats‑Unis dans le domaine du stockage de l’énergie thermique. Par ailleurs, l’usine de Solana est la plus grande au monde à utiliser des miroirs cylindro‑paraboliques pour concentrer l’énergie solaire.

2. Les batteries de véhicules électriques peuvent alimenter des bâtiments. La technologie révolutionnaire Vehicle­To‑Building de Nissan permettra aux entreprises de réguler leurs besoins en électricité en puisant dans les véhicules élec­triques branchés dans leurs garages durant les périodes de forte demande. Puis, quand la demande se réduit, l’électricité recircule vers les véhicules, en s’assurant qu’ils sont rechar­gés pour le trajet de retour à la maison. Le système de Nissan permet de brancher jusqu’à six véhicules électriques simulta­nément dans un bâtiment.

3. La prochaine génération d’éoliennes change la donne. Mai 2013 a vu l’arrivée chez Général Electric de la nouvelle génération d’éoliennes Brilliant, dont les turbines bénéficient de deux nouvelles technologies pour répondre aux problèmes de stockage et d’intermittence. Un système de communica­tion à distance permet aux opérateurs de réseau, de position­ner les turbines de façon optimale en fonction des prévisions de vent et des besoins en énergie. Des batteries intégrées dans les turbines stockent l’énergie lorsqu’il y a du vent, mais pas de besoins en électricité, puis alimentent le réseau dès que la demande repart, permettant de lisser les fluctuations de l’ap­provisionnement.

C’est une solution plus efficace et économique pour ré­pondre aux pics de demande que les centrales à combustibles fossiles. Cinquante‑neuf turbines sont prévues pour le Michi­gan, et deux autres au Texas.

4. L’électricité solaire atteint la parité avec le charbon. Une cellule solaire photovoltaïque coûtait 76,67 dollars par watt en 1977. Aujourd’hui, selon Bloomberg Energy Finance, son prix a chuté à 0,64 dollar par watt. Cela réduit le coût des installations solaires. Et puisque la lumière du soleil est gra­tuite, cette réduction des coûts d’installation entraîne une baisse du coût de l’électricité.

En 2013, la parité a été atteinte avec le charbon. En février, un distributeur d’électricité du sud‑ouest des Etats‑Unis a dé­cidé de s’approvisionner en énergie d’origine solaire au Nou­veau‑Mexique, son prix étant inférieur au tarif en vigueur d’une toute nouvelle centrale au charbon. L’énergie solaire non subventionnée atteint également la parité dans des pays comme l’Italie et l’Inde. Les installations solaires se sont mul­tipliées dans le monde entier, grâce à la diminution du prix des modules qui a entraîné une baisse des coûts d’installations.

5. Avancées dans les énergies marémotrices. La société Océan Renewable Power (ORPC), première entreprise américaine à exploiter des turbines marémotrices reliées au réseau électri­que, produit avec succès une énergie renouvelable le long des côtes du Maine. Elle s’attend à une croissance rapide. Ce pro­jet a investi plus de 21 millions de dollars dans l’économie du Maine et une évaluation environnementale réalisée en mars n’a constaté aucun impact néfaste sur l’environnement marin. Avec l’aide du département de l’Energie, l’ORPC prévoit de déployer deux autres appareils en 2013. En novembre, l’en­treprise a été choisie pour gérer un projet de conversion d’énergie marémotrice dans la ville reculée de Yakutat, en Alaska.

6. Exploiter les vagues de l’océan pour produire de l’eau douce. La société Carnegie Wave Energy a annoncé l’implan­tation prochaine d’une usine de dessalement près de Perth en Australie. Elle utilisera la technologie des bouées sous‑mari­nes développée par l’entreprise afin d’exploiter la force des vagues pour mettre l’eau sous pression. Ceci rendra inutiles les pompes électriques propulsées par les combustibles fossi­les, habituellement utilisées pour forcer le passage de l’eau à travers la membrane lors du processus de dessalement. Le système obtenu sans énergie carbone est une première mon­diale. Il sera efficace aussi bien en termes d’énergies que de coûts. Les plans détaillés ont été achevés en octobre. Le contrat de fabrication a été attribué en novembre, et quand elle sera en production, l’usine fournira 55 milliards de litres d’eau potable par an.

7. Des cellules solaires ultra‑minces qui battent des records de rendement. Le rendement de conversion est la quantité de lumière reçue par la cellule solaire qui est effectivement transformée en électricité. Il est généralement d’environ 20 %. Mais Devices Alta, un industriel du solaire de la Sili­con Valley, a établi cette année un nouveau record de rende­ment de conversion de 30,8 %. Sa méthode est plus onéreuse, mais le résultat est une cellule solaire résistante, extrême­ment mince, qui peut générer davantage d’électricité sur une même surface. Les cellules d’Alta conviennent particulière­ment aux petits appareils électroniques portables comme les smartphones et les tablettes, et l’entreprise est en discussion pour les intégrer dans des téléphones mobiles, détecteurs de fumée, alarmes de porte, montres informatiques, télécom­mandes, etc.

8. Des batteries plus sûres, plus légères, et qui stockent plus d’énergie. Une grande capacité de stockage et un bon rapport coût/efficacité sont déterminants dans une économie d’éner­gies renouvelables, surtout dans le cas des voitures électriques. Mais à l’heure actuelle, les batteries des voitures électriques ne tiennent pas toujours la charge suffisamment longtemps, ce qui augmente considérablement leur taille et leur coût. Mais début 2013, des chercheurs du laboratoire national d’Oak Ridge ont réussi à mettre au point une nouvelle technologie de batterie lithium‑ion qui peut stocker beaucoup plus d’énergie avec une taille bien plus réduite. Elle est aussi plus sûre et moins sujette aux courts‑circuits. Ils ont utilisé la nanotechnologie pour créer un électrolyte solide, ultra‑mince, et poreux. Ils y ont as­socié la technologie de la batterie lithium‑soufre, susceptible d’en améliorer encore le rapport coût‑efficacité.

9. Des éoliennes offshore flottantes. Les régions côtières constituent un terrain de prédilection pour les parcs éoliens, mais les turbines standard nécessitent des infrastructures im­portantes et sont limitées aux eaux ne dépassant pas 60 mè­tres de profondeur. Mais Statoil, la compagnie pétrolière et gazière norvégienne, a commencé à travailler sur un réseau d’éoliennes flottantes au large des côtes de l’Ecosse. Il suffit de quelques câbles pour ancrer les turbines sur des fonds qui peuvent atteindre 700 mètres. Cela pourrait accroître consi­dérablement l’intérêt de l’éolien offshore. Ce réseau au large de l’Ecosse constituera le plus grand parc éolien flottant au monde. Deux turbines flottantes sont également prévues au large de Fukushima, au Japon, avec la première sous‑station électrique flottante du monde.

10. Réduire les factures d’électricité avec une alimentation en courant continu. Le courant alternatif, et non le courant con­tinu, constitue la norme dominante pour la consommation d’électricité. Mais le courant continu présente ses avantages, il est peu onéreux, efficace, il fonctionne mieux avec les pan­neaux solaires et les éoliennes, et ne nécessite pas d’adap­tateurs secteur qui gaspillent de l’énergie sous forme de chaleur. Facebook, JPMorgan, Sprint, Boeing et Bank of America possèdent tous des centres de données fonctionnant avec du courant continu. Leur rendement énergétique est su­périeur de 20 %, pour un coût inférieur de 30 % et une occu­pation au sol de 25 à 40 % moindre. Pour les habitations, la nouvelle technologie USB sera bientôt en mesure de fournir 100 watts de puissance, étendant le courant continu à davan­tage de dispositifs électroniques basse tension. Cela permet de réduire, au niveau de la facture d’électricité, les coûts do­mestiques engendrés par la faiblesse des rendements énergé­tiques.

11. Production commerciale d’énergie propre à partir de dé­chets végétaux. L’éthanol dérivé du maïs, autrefois considéré comme une alternative à l’essence, est de plus en plus montré du doigt. De nombreux experts estiment qu’il entraîne une hausse du prix des denrées alimentaires, et des études infir­ment qu’il libère moins de dioxyde de carbone si on prend en compte son cycle de vie complet. Les biocarburants cellulo­siques promettent de contourner ces obstacles. INOES Bio, une usine d’éthanol cellulosique de Floride et KiOR, une autre dans le Mississippi, ont commencé la production com­merciale en 2013. Deux autres usines de cellulose sont pré­vues dans l’Iowa, et une autre est en cours de construction dans le Kansas. Selon cette industrie, l’objectif prévu pour 2014, de 64 millions de litres de carburant cellulosique, sera facilement atteint.

12. Des financements innovants pour l’accès aux énergies propres. Dans le District de Colombia, le premier Projet d’énergie propre assis sur le foncier (PACE) permet de subven­tionner des investissements dans les énergies renouvelables grâce à une taxe spéciale imposée sur le foncier, ce qui réduit le risque pour les propriétaires. Le micro‑financement pour des projets d’énergie propre a fortement progressé, permet­tant à plus de gens d’accéder à une énergie renouvelable dé­centralisée ‑ en particulier pour les pauvres du monde ‑ et Solar Mosaic est un pionnier du micro‑financement pour suite mutualiser les investissements communautaires dans le so­laire aux Etats‑Unis.

La Californie recherche comment permettre aux locatai­res ou à ceux dont la toiture n’est pas adaptée pour l’énergie solaire ‑ soit 75 % des ménages de l’Etat ‑ de s’approvision­ner tout de même en énergies propres. Le Minnesota déve­loppe un programme communautaire de jardins solaires, sur le modèle de l’initiative réussie du Colorado. Et à Washing­ton, les particuliers qui achètent des parts dans de grands projets solaires ou éoliens, peuvent déduire de leur propre consommation leur part de production dans ces projets, fai­sant ainsi baisser leur facture.

13. L’énergie éolienne est maintenant compétitive face aux combustibles fossiles. « Nous voyons maintenant des conven­tions d’approvisionnement en électricité signées avec des parcs éoliens à seulement 25 dollars le mégawatt‑heure », a déclaré Ste­phen Byrd, chef pour Morgan Stanley de l’Equity Research Power & Utilities & Clean Energy d’Amérique du Nord, au der­nier Symposium de Colombia sur l’énergie, fin novembre. Il explique que les frais d’exploitation de l’éolien étant négli­geables, les producteurs peuvent réduire leurs prix de vente en étalant l’investissement initial sur autant d’éoliennes que possible. En conséquence, les grands parcs éoliens du Midwest exposent les centrales au charbon du bassin Powder River à « une concurrence assez brutale ». Et même sans le crédit d’impôt, l’éolien peut être encore moins cher que de nom­breuses centrales au gaz naturel. La meilleure preuve de sa viabilité, c’est que l’énergie éolienne couvre actuellement 25 % des besoins énergétiques de l’Iowa et devrait atteindre un impressionnant 50 % d’ici 2018.

[Source : americanprogressaction.orgPartage international

Le nettoyage des océans

Un jeune néerlandais de 19 ans, étudiant en ingénierie aéros­patiale, a mis au point ce qu’il croit être un moyen de suppri­mer les millions de tonnes de déchets plastiques qui se trou­vent dans tous les océans du monde. Lors d’une plongée en Grèce, à l’âge de 16 ans, Boyan Slat avait été choqué de voir davantage de sacs en plastique que de poissons. Il s’était alors demandé pourquoi tout cela ne pouvait pas être nettoyé. Encore au lycée, il eut l’occasion de consacrer un semestre à la question de la pollution par les plastiques et la façon de les éliminer. Cela a finalement conduit au concept ambitieux de nettoyage des océans qu’il a présenté à TEDxDelft 2012. Dans sa présentation, B. Slat a dévoilé l’Ocean Cleanup Array, qui consiste à ancrer 24 tamis au fond de l’océan et à laisser les courants marins diriger les plastiques vers de longs barrages flottants, ou des troncs d’arbres reliés entre eux, afin de capter les objets flottant ou les débris. Il existe cinq grands courants en rotation à travers les océans du monde ; ils for­ment des tourbillons où l’on retrouve à l’heure actuelle six fois plus de plastiques que de plancton marin. Il explique « Pourquoi se déplacer à travers les océans si les océans peuvent se déplacer vers vous ? En fixant les « navires » au fond de la mer et en laissant les tourbillons faire leur travail, on économisera les investis­sements, le travail et les émissions polluantes. Les plates‑formes se­ront, bien sûr, complètement autonomes. Elles fonctionneront à partir de l’énergie solaire, des courants et des vagues. » Dans son exposé, Boyan a également décrit de façon poi­gnante combien la réponse de sa génération aux menaces environnementales diffère de celle des autres générations. Il déclare : « Je pense que la réponse commune est de dire que tout cela est bien lointain, que ce sera à nos enfants de s’en soucier. Moi, je pense que si je suis ici, pourquoi ne pas tout nettoyer dès mainte­nant ? » Alors que certains critiques soulignent que le projet ne fait rien pour empêcher que la pollution plastique n’atteigne les océans, Boyan et son équipe de nettoyage des océans expli­quent qu’ils visent à contribuer aux efforts en soulignant l’importance de ce thème et en sensibilisant l’opinion à cette question et à ses solutions. Ils affirment : « La prévention est un élément essentiel pour aboutir à l’arrêt de la pollution plastique, mais elle nécessitera des changements radicaux à tous les niveaux de la société. » Afin de prouver la faisabilité de son concept, Boyan Slat dirige maintenant une équipe de plus de 100 personnes, et a temporairement interrompu ses études pour consacrer entièrement ses efforts au nettoyage de l’océan ; il travaille à mettre au point un projet pilote à grande échelle d’ici trois à quatre ans. [Sources : www.nydailynews.com ; www.theoceancleanup.comPartage international

Les barrages contestés du Tapajôs

Le fleuve Tapajôs, dans la région amazonienne du Brésil, est à la fois riche en biodiversité et le lieu d’habitation des In­diens Munduruku. Les projets gouvernementaux de construc­tion de barrages les forcent à faire campagne pour la survie de leur terre et de leur culture. Quelque 13 000 Mundurukus ont protesté contre le projet d’une série de cinq barrages hydroé­lectriques qui inonderont la terre sur le cours supérieur de la rivière Tapajôs, un des principaux affluents de l’Amazone.

Les associations écologiques sont également farouchement opposées à ces projets. Le fleuve Tapajôs est une zone d’une richesse biologique extrême, explique le biologiste britanni­que, Adrian Barnett. Plus de la moitié des espèces d’oiseaux du Brésil sont dans le Tapajôs.

Des contrats pour le premier barrage, Sào Luiz do Tapa­jôs, seront attribués dans le courant de l’année. Avec l’inon­dation de 552 kmz de terres, les digues vont changer le débit de la rivière, ce qui perturbera la vie des autochtones et des pêcheurs. Les barrages vont produire autant d’électricité que l’énorme barrage de Belo Monte, en cours de construction dans le nord du Brésil sur le fleuve Xingu, un autre affluent de l’Amazone. Claudio Salles, directeur d’Acende Brasil, un groupe de réflexion sur l’énergie, indique qu’ils fourniront deux tiers des 19 000 mégawatts nécessaires à l’ambitieux programme de développement du Brésil, que certains analys­tes jugent superflu. Celio Bermann, professeur en énergie et environnement à l’Université de Sào Paulo, critique le retour à la production de biens primaires, qui demandent beaucoup d’énergie et génèrent peu d’emplois.

Les travaux sur le barrage de la rivière Teles Pires, un af­fluent du Tapajôs, ont déjà conduit à retourner au bulldozer des terres autour des Sete Quedas (Sept Cascade) ‑ un lieu sa­cré pour les Mundurukus. Leurs chefs se plaignent : « 11 y a là des urnes funéraires, où nos anciens guerriers sont enterrés. Il y a également un portail, visible uniquement par les responsables reli­gieux chamans, à travers lequel ils passent pour se rendre dans un autre monde inconnu. » « Pourquoi ont‑ils détruit cela ? », a de­mandé un cacique, ou chef de tribu.

Le conseil local souligne que les Mundurukus veulent aussi de la technologique moderne et des biens modernes, mais Munduruku Maria Leusa Kaba, chef d’un nouveau groupe de protestation de femmes guerrières, qui n’étaient pas traditionnellement des combattantes, explique : « Nous voulons la modernité, mais tout en conservant notre culture. C’est possible et nous allons nous battre pour cela. »

[Source : BBC News, Royaume‑Uni]

Manifestations mondiales pour Gaza

En juillet et août 2014, affichant une unité sans précédent, des centaines de milliers de personnes ont défilé partout dans le monde pour exprimer leur indignation et leur consterna­tion face au bombardement et à l’invasion de Gaza par Israël.

Des manifestations ont eu lieu de Melbourne à Montréal, de Santiago à Chicago, d’Amsterdam à Tokyo, du Cap à Hong Kong. Dans différents pays comme l’Argentine, la Bul­garie, le Bahreïn, le Bangladesh, la Bosnie, le Maroc, le Nige­ria, les Philippines, la Corée du Sud, la Suède, l’Uruguay et le Yémen, ainsi que dans des petits pays comme Malte et les Maldives, une mer de manifestants agitant banderoles et dra­peaux sont descendus dans les rues en solidarité avec la popu­lation de Gaza.

Le 31 juillet, des Juifs de New York ont défilé en silence dans le centre de Manhattan contre l’effusion de sang à Gaza. Vêtus de noir et portant des masques blancs pour certains, les manifestants provenaient de divers groupes et portaient des pancartes disant « Arrêtez le siège de Gaza » et « Crimes de guerre ». Le rabbin Dovid Feldman, de Neturei Karta interna­tional, les Juifs unis contre le sionisme, a déclaré : « En tant que Juifs participant à ces manifestations pro palestiniennes, nous disons que tout ce qui se passe en Palestine ‑ les actions de l’Etat d’Israël contre le peuple palestinien, maintenant ou depuis des dé­cennies, l’ensemble de cette occupation et de l’oppression ‑ n’est pas cautionné par tous les Juifs et certainement pas approuvé par la re­ligion juive. »

En Afrique du Sud, on estime que 50 000 personnes sont descendues dans les rues du Cap le 9 août, dirigées par l’ar­chevêque Desmond Tutu, dans le plus grand rassemblement post‑apartheid que la ville ait jamais connu. Les manifestants ont réclamé la paix et appelé le gouvernement d’Afrique du Sud à cesser de vendre des armes à Israël.

Au Royaume‑Uni, les organisateurs ont estimé qu’environ 150 000 personnes ont participé à une marche à Londres, le 9 août, la plus grande manifestation pro‑Palestine jamais orga­nisée.

[Sources : www.mondoweiss.net : En Photos : manifestation mon­diale contre l’attaque israélienne sur Gaza ; Arrêtez la Coali­tion de la guerre, The Observer, G.‑B., Irish Times, Irlande] Partage international

Une architecture humanitaire

Un architecte japonais réputé pour venir en aide aux commu­nautés ayant subi des catastrophes naturelles ou autres cala­mités, a remporté le Prix Pritzker, généralement considéré comme le Prix Nobel de l’Architecture.

Shigeru Ban a débuté sa carrière en 1994, en concevant des abris temporaires pour des réfugiés du Rwanda. Puis, à la suite de tremblements de terre, il fit la même chose en Turquie, à Haïti et au Japon. Utilisant de manière innovante des tubes de papier, du bambou, du tissu et des composites de matériaux re­cyclés, S. Ban crée des structures solides, durables et légères. Il emploie également des matériaux renouvelables, produits lo­calement, et fait appel à la main d’oeuvre locale lorsque c’est possible. « Ses constructions peuvent servir d’abris, de centres com­munautaires ou de lieux spirituels pour ceux qui ont tout perdu et dont les vies ont été détruites, a expliqué le jury du Prix Pritzker. Lorsqu’une tragédie survient, il est souvent là le premier. »

Les créations de S. Ban sont d’une simplicité élégante. Il en est de même de sa philosophie. Il cherche à venir en aide à des communautés, en particulier aux communautés marginales, et déclare : « C’est d’amour dont l’architecture a le plus besoin. Pour moi cette récompense est un encouragement. Gagner de l’argent ne m’intéresse pas: J’aimerais continuer à vivre en aidant les gens. »

[Sources : New York Times; archdaily.com ; pritzker‑prize.com ] Partage international

Solidarité avec les Palestiniens

Le 26 novembre 2013, l’Assemblée générale de l’Onu a pro­clamé 2014 Année internationale de solidarité avec le peuple palestinien.

Dans le cadre de cette résolution, l’Assemblée a demandé au Comité de l’Onu pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien d’orienter les activités de cette année de manière à « promouvoir la solidarité avec le peuple palestinien en favorisant la prise de conscience internationale sur la question pa­lestinienne. »

En réponse à cette demande, le comité a organisé de nom­breux événements internationaux : débats, séminaires, forums, diffusion de documentaires etc., par des ONG, comme Defence for Children, International Palestine.

[Sources : unispal.un.org ; palestineun.org Partage international

La Cour suprême du Canada soutient les droits des indigènes

Dans un arrêt considéré comme le plus important de l’His­toire concernant les peuples premiers, la Cour suprême du Canada a stipulé que ces peuples possèdent leurs terres ances­trales, sauf s’ils ont formellement renoncé à leur propriété par des accords signés avec le gouvernement.

La Cour a reconnu que la propriété ancestrale signifie contrôle des terres et droit de les utiliser dans un but écono­mique moderne, mais sans permettre de les détruire pour les générations futures.

La doctrine de la terra nullius, en latin « terre vide », qui correspond au principe juridique selon lequel les peuples in­digènes étaient tellement peu civilisés qu’ils ne pouvaient pas être considérés comme propriétaires et occupants légaux, a été abolie par la Cour. Le gouvernement conserve un droit d’intervention, mais seulement s’il peut concilier des intérêts indigènes avec des objectifs publics plus vastes.

Cet arrêt de la Cour pourrait compromettre certains projets énergétiques du pays et freiner les projets litigieux comme ce­lui du pipeline du Northern Gateway qui devrait transporter les sables bitumineux à travers les vastes régions écologi­quement sensibles du Nord de la Colombie britannique.

[Sources : The Globe and Mail; www.CBC.ca ]

Des millions de personnes manifestent contre Monsanto

Des millions de personnes à travers le monde ont participé à la troisième marche annuelle contre Monsanto, appelant au boycott permanent des organismes génétiquement modifiés (OGM) et d’autres produits agro‑chimiques nocifs. Ces mani­festations se sont déroulées sur les six continents, dans 52 pays, avec des événements dans plus de 400 villes.

Tami Monroe Canal, fondatrice de la Marche contre Monsanto (MAM), déclare qu’elle a lancé le mouvement pour protéger ses deux filles : « Le modèle prédateur de Mon­santo ainsi que les pratiques agricoles industrielles menacent la santé, la fertilité et la longévité de leur génération. MAM encou­rage un système de production alimentaire durable. Nous devons agir maintenant pour arrêter les OGM et les pesticides nocifs. » Monsanto est une société multinationale active dans les do­maines de la chimie et des biotechnologies applicables à l’agriculture ; son siège se trouve aux Etats‑Unis.

Sur la base de succès récents tels que l’interdiction de la culture d’OGM dans deux comtés de l’Oregon et une législa­tion sur l’étiquetage des OGM dans le Vermont, T. Canal a déclaré que le mouvement a déjà engrangé un certain nombre de points positifs cette année ; les gens se sont réellement battu contre des Goliath de l’industrie biotechnologique et ont gagné contre la puissance financière de compagnies telles que Monsanto. Les OGM ont été au moins partiellement in­terdits dans plus de 15 pays et doivent être étiquetés dans 62 pays.

Selon MAM, les OGM ne sont pas contrôlés de manière adéquate pour assurer la sécurité publique. Des études indé­pendantes, à long terme, validées par des scientifiques indé­pendants, n’ont jamais été effectuées avant que les OGM ne soient utilisés pour la consommation humaine ou animale.

Dans une déclaration vigoureuse de soutien à la marche, le Dr Vandana Shiva qui milite en faveur d’une justice ali­mentaire écrit

« La Marche contre Monsanto est une marche pour la li­berté et la démocratie, pour la santé et la sécurité, pour les semences et la biodiversité. Les gens me demandent souvent

Pourquoi Monsanto ? Ma réponse est : nous n’avons pas choisi de cibler Monsanto, c’est Monsanto qui a choisi de s’attaquer à nos semences et notre droit à la nourriture, nos institutions scientifiques et démocratiques et nos propres vies.

Monsanto a reconnu avoir rédigé le traité de l’Organisa­tion mondiale du commerce (OMC) qui porte sur la propriété intellectuelle et qui permet que les semences soient redéfinies comme propriété intellectuelle de Monsanto. Et c’est par les brevets que Monsanto, un fabricant de poison, est devenu un géant des semences dont elle contrôle de larges parts. E Inde, Monsanto contrôle 95 % du marché des semences d coton, ses super profits obtenus grâce aux royalties sur les se mences a enfermé de nombreux petits fermiers dans des deta tes qui ne pourront pas être remboursées : 284 000 paysans se sont suicidés en Inde en raison de dettes liées aux semences et aux produits chimiques.

Les sociétés telles que Monsanto étaient derrière la direc­tive de la Communauté européenne qui aurait rendu la diver­sité et la récolte de semences illégales en Europe. Le dernier Parlement a renvoyé la directive à la Commission europé­enne. Nous devons faire en sorte que le nouveau Parlement n’approuve pas cette directive.

Aux Etats‑Unis, Monsanto a utilisé ses moyens financiers pour porter atteinte au droit des citoyens américains à savoir ce qu’ils mangent. Monsanto menace l’Etat du Vermont, car il a instauré une loi sur l’étiquetage. Monsanto a introduit un projet de loi au Congrès intitulé Loi sur la sécurité et l’étique­tage correct des denrées alimentaires, qui s’est attiré le surnom de Dark Act : Deny Americans the Right to Know (refuser aux Américains le droit de savoir).

Il s’agit d’une attaque contre la démocratie et la liberté des personnes. Alors que Monsanto annonce qu’elle se retire de l’Europe, elle pousse les OGM sur les pays d’Europe de l’Est. Elle pousse à la conclusion de nouveaux traités com­merciaux comme le TTIP (Traité transatlantique sur le com­merce et l’investissement) afin de saper la politique large­ment anti OGM de l’Europe et en vue d’obtenir des droits de propriété intellectuelle sur les semences.

Monsanto revendique plus de 1 500 brevets en matière de résistance au changement climatique, et espère utiliser la crise climatique pour faire encore plus de profits.

Récemment, Monsanto a racheté la société Climate Cor­poration afin de contrôler les données climatiques et météo­rologiques, et de les commercia­liser : Monsanto vise les sur profits grâce à un contrôle total sur la nature et l’humanité. Nous cherchons une liberté pour les semences, une liberté pour la nourriture et une démocratie sur Terre pour que tous les êtres de la planète soient libres et pour que le bien‑être de cha­cun soit protégé par le partage, les soins, l’amour, la compassion et l’abondance pour tous.

La cupidité et la violence d’une entreprise ne peuvent pas détruire la vie sur Terre, les vies de nos agriculteurs et celles de nos enfants. C’est pourquoi nous marchons con­tre Monsanto. »

[Sources : www.commondreams.org , www.march‑against‑monsanto.com , www.seedfreedom.inPartage international

Des jeunes engagent des actions en justice contre le gouvernement américain

Dans le cadre d’une campagne nationale menée par des jeunes, plusieurs organismes gouvernementaux des Etats‑Unis sont poursuivis pour avoir omis de prendre des mesures adéquates en matière de change­ment climatique. Cet effort sans précédent, porté par des spécialistes du climat et des juristes, a conduit à des procès en cours au niveau fédéral ainsi que dans les 50 Etats.

Le procès au niveau fédéral a été lancé par cinq adolescents et deux associations à but non lucratif

WildEarth Gardians et Kids vs. Global Warming. Il est basé sur le principe selon lequel le gouvernement doit protéger les ressources essentielles à la survie de toutes les générations.

« Puisque les Etats‑Unis constituent le plus grand émetteur historique de dioxyde de carbone, l’équilibre de l’atmosphère ne pourra pas être rétabli sans l’action du gouvernement », déclare Julia Olson, avocate impli­quée dans le procès au niveau fédéral.

D’après la plainte déposée contre six agences fédérales américaines, dont l’Agence de protection de l’environnement et le ministère de l’Energie

« Le bien‑être des jeunes est directement affecté par l’in­capacité du gouvernement à faire face au changement climatique d’origine humaine, et à moins que le gouver­nement n’agisse immédiatement pour réduire rapide­ment les émissions de carbone, les jeunes devront faire face à des dommages irrévocables tels que l’effondrement des systèmes de ressources naturelles et un territoire en grande partie inhabitable. »

Outre la poursuite au niveau fédéral, des ac­tions ont été déposées dans les 50 Etats, avec l’aide de Our Children’s Trust, association à but non lu­cratif qui soutient les jeunes par des actions juri­diques.

« Jamais auparavant dans l’histoire, nous avons vu un ensemble coordonné d’actions en justice de cette am­pleur», a déclaré Mary Wood, professeur de droit et directrice pour le Programme juridique sur les ressources environ­nementales et naturelles à l’Université de l’Oregon.

Bien que de nombreuses actions juridiques aient déjà été lancées en matière de protection de l’eau, celles‑ci n’avaient jamais été appliquées dans le domaine climatique. D’après M. Wood : « Le raisonnement utilisé dans le cadre de la protection de l’eau s’applique également au climat car tous les deux consti­tuent des ressources essentielles à notre survie. Le but est de protéger les ressources essentielles sur lesquelles compte le public pour sa sur­vie et son bien être ; le gouvernement a une obligation de protéger ces ressources en utilisant les meilleures solutions disponibles. »

Les données scientifiques ont été fournies dans ce procès par une équipe de chercheurs à la pointe en matière climati­que, dirigée par James Hansen, scientifique retraité de la Nasa. Sur la base de ces données, l’action en justice exige que le gouvernement des Etats‑Unis réduise les émissions de car­bone à l’échelle nationale de 6 % chaque année jusqu’à ce que la concentration de CO Z dans l’atmosphère atteigne 350 par­ties par million.

J. Olson souligne que l’action en justice ne demande pas au tribunal d’imposer une action spécifique : « Nous ne deman­dons pas à la cour de préparer le plan ; c’est une distinction impor­tante. Le tribunal doit tout simplement faire valoir un droit et or­donner que la politique respecte la loi. II ne s’agit pas d’une ques­tion politique. Ce congrès ne doit pas décider si oui ou non il faut protéger notre atmosphère, parce que c’est un droit fondamental qui appartient au peuple. »

Grant Serrel, 17 ans, impliqué dans l’action en justice, a déclaré que la suite de ce procès aura un impact direct sur les générations futures : « Notre objectif est d’obtenir d’urgence des réductions d’émissions afin que nous puissions protéger le climat pour les générations futures. Si le gouvernement n’agit pas mainte­nant, nous ne pourrons plus le faire d’ici dix ans. »

Xiuhtezcatl Roske‑Martinez, 14 ans, également engagée dans l’affaire, ajoute : « Il est important que les jeunes de ce pays rappellent à nos représentants que leur but principal est de protéger les gens. Nous avons un mot à dire au sujet du monde dont nous allons hériter. »

[Source : america.aljazeera.com ]

 

Espagne : le triomphe d’un parti du peuple

Il y a trois mois, Podemos (Nous pouvons) n’existait même pas. Pourtant, le dimanche ler juin 2014 au soir, le nouveau parti de gauche espagnol célébrait déjà une victoire. A la sur­prise des analystes et des instituts de sondage, il remportait 8 % des voix aux élections européennes, ce qui lui donnait cinq sièges au parlement.

Pablo Iglesias, 35 ans, est la nouvelle étoile filante des ins­tituts de sondage ; ses fréquentes apparitions à la télévision ont aidé à donner une dimension nationale à Podemos.

Malgré son manque de financement et la faiblesse de son organisation, le nouveau groupe a réussi à capter plus de 1,2 million de votes, prenant appui en particulier auprès des jeu­nes Espagnols.

Professeur en sciences politiques, Pablo Iglesias est un cri­tique virulent des élites en Espagne et en Europe, et des poli­tiques d’austérité menées suite à la dernière crise financière.

La troïka (composée de fonctionnaires de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international) a joué un rôle clé lors des crises ré­centes en Grèce, au Portugal et en Espagne. Faisant écho à un mécontentement généralisé dans ces pays, P. Iglesias affirme sur son site que l’objectif principal de la troïka est « de sécuri­ser les profits des banques, des grandes entreprises et des spéculateurs. L’Europe ne peut pas être un instrument pour asphyxier les pays du Sud, et 1 Espagne ne peut pas être une cible pour la corruption, la fraude et les spéculateurs immobiliers. »

Pablo lglesias affirme : « L’Europe ne peut pas être un instrument pour asphyxier les pays du Sud, et l’Espagne ne peut pas être une cible pour la corruption, la fraude et les spéculateurs immobiliers. »

La longue liste de promesses formulées par Podemos à l’oc­casion des élections comprend la suppression des paradis fis­caux, l’instauration d’un revenu minimum garanti et l’abais­sement de l’âge de la retraite à 60 ans. Le parti a mené sa campagne électorale européenne avec un budget minimum, en faisant appel au peuple et en jouant sur l’omniprésence de », P. Iglesias dans les émissions de la télévision espagnole.

Le terrain fertile ayant permis la croissance rapide de Podemos provient du mouvement des Indignés, pas des socia­listes, a déclaré Inigo Errejôn, 30 ans, directeur de campagne j du nouveau parti. Il ajoute : « Le mouvement des Indignés était incroyablement vaste et ne pouvait pas être pleinement repris par un parti politique ; beaucoup d’entre nous étaient là, sur les places et dans les manifestations ; nous avons écouté ce que les gens di­saient et nous avons pris des notes. Sans les changements que les Indignés ont provoqué sur la scène politique espagnole, Podemos n’aurait pas été possible. Nous sommes une force citoyenne, compo­sée de personnes qui se sont réunies et ont mené une campagne élec­torale pratiquement sans argent. »

Les fondateurs de Podemos expliquent que le mouvement a été fondé en tant que parti il y a trois mois, après un débat houleux entre différentes assemblées issues du mouvement des Indignés sur la question de savoir si le travail devait se poursuivre au niveau de la base ou s’il fallait se doter d’une structure formelle.

Jusqu’à présent, la participation au parti se fait via des « cercles » qui forment environ 300 groupes de travail créés au niveau d’un quartier, d’une ville ou d’un vil­lage. Des milliers de personnes ont utilisé ces « cer­cles » pour exprimer leurs idées pour un nouveau parti qui vise à être différent en tous points. Ces grou­pes, qui ne partagent pas forcément une même idéolo­gie, sont unis par le désir de « reprendre la démocratie qui nous a été enlevée ». D’après I. Errejôn : « La formule initiale de participation directe peut et doit rester ; en même temps, le lien entre les élus et les électeurs devra être articulé d’une manière plus traditionnelle et plus stable pour des raisons d’efficacité. Ce sera la tâche qui nous at­tend pour les prochains mois. »

[Sources : El Pais, Espagne ; The Financial Times, The Guardian, Royaume‑Uni.]