Des marches pour la paix en Colombie

En avril 2013, des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues de plusieurs villes de Colombie pour appeler à la paix entre le gouvernement et la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc).

A Bogota, capitale colombienne, les manifestants vêtus de blanc jouaient de la musique en scandant : « Nous voulons la paix. » Ils ont marché vers la place Bolivar où ils ont été rejoints par le président Juan Manuel Santos, qui a appelé tous les Colombiens à saisir cette occasion : « Toutes les conditions sont remplies. Nous devons nous unir et mettre fin au conflit. La nation exprime son rejet de la violence qui a causé tant de douleurs. »

De grandes manifestations ont également eu lieu à Cali, Barranquilla, Santander et d’autres villes colombiennes, dans l’espoir de mettre un terme à l’insurrection en Amérique latine qui aura duré plus de 50 ans et entraîné la perte d’un demi-million de vies et le déplacement de millions de personnes.

[Sources : BBC News, The Guardian, G.-B.]

Chili : manifestations pour une éducation gratuite

En avril 2013, 150 000 manifestants ont envahi les rues de Santiago, la capitale du Chili en agitant des drapeaux et en scandant des slogans pour une éducation gratuite.

Les médias locaux ont déclaré que cette manifestation était parmi les plus importantes de ces deux dernières décennies. Cette campagne pour la réforme du système d’éducation constitue le plus grand mouvement de protestation depuis le retour à la démocratie au Chili, en 1990. Il s’agissait de la première manifestation nationale en 2013, et 250 000 personnes y ont pris part à travers tout le pays. Camilla Vallejo, responsable du mouvement des étudiants, a déclaré aux médias locaux : « Ceci montre que le mouvement étudiant n’est pas terminé et qu’il va continuer. »

Ces deux dernières années, des manifestations d’étudiants ont paralysé les villes chiliennes. La réforme du système éducatif constitue un thème majeur pour l’élection présidentielle de novembre 2013. Les étudiants affirment que l’enseignement au Chili est profondément injuste car les pauvres n’ont accès qu’aux écoles publiques sous-financées, alors que les étudiants de la classe moyenne ont accès à certaines des meilleures écoles d’Amérique latine.

Dans le budget 2013, le président Pinera a alloué des fonds pour financer des prêts pour étudiants à des taux inférieurs, mais ceux qui militent pour la réforme de l’enseignement déclarent que c’est insuffisant, et ne résout pas les lacunes du système qui conduisent à des écoles publiques sous-financées, des universités privées coûteuses, et des prêts inabordables. Les responsables des mouvements étudiants appellent à une réforme du système fiscal pour que les riches paient davantage et pour que l’Etat reprenne le contrôle des universités publiques pratiquement toutes privatisées, de façon à garantir l’égalité de chacun. Ils soutiennent que le changement viendra lorsque l’éducation ne constituera plus une entreprise à but lucratif et que la participation du secteur privé sera réglementée.

[Sources : BBC News ; www.utsandiego.com ]

Birmanie : la volonté du peuple doit être respectée

Le président birman Thein Sein a déclaré qu’il accepterait que l’opposante Aung San Suu Kyi devienne la future présidente si les gens votaient pour elle à la prochaine élection en 2015 : « Qu’elle devienne un guide de la nation ne dépend que de la volonté du peuple. Si le peuple l’accepte, alors je devrai l’accepter. » Après pratiquement cinquante ans de régime militaire répressif en Birmanie, T. Sein, ancien général, a adopté une série de réformes politiques majeures depuis sa prise de fonction en 2011.

En réponse aux déclarations du président Sein, Aung San Suu Kyi a affirmé sa volonté de servir en tant que présidente. En tant que leader du parti de la Ligue nationale pour la démocratie, elle a déclaré qu’il était de son devoir d’assumer cette fonction si tel était le désir du peuple : « En tant que chef de parti politique, je dois aussi avoir le courage d’être présidente. Si c’est ce que les gens veulent, je vais le faire. » Elle a expliqué qu’une clause de la constitution nationale l’empêchait en fait de devenir présidente et que c’était l’une des nombreuses choses que son parti cherchait à changer.

[Sources : BBC, Associated Press]

Inde : les pauvres s’unissent pour la justice

En octobre 2012, après que 60 000 personnes aient défilé vers la capitale Delhi, Ekta Parishad (Forum pour l’unité), immense mouvement populaire en faveur des pauvres de l’Inde, a réussi à obtenir du gouvernement un accord de réforme agraire. Inspiré par l’exemple de Gandhi, le mouvement constitué de 2 000 groupes de la société civile, fondé il y a vingt ans par Rajagopal PV, a lancé un appel pour des réformes agraires qui « permettraient aux couches de la société les plus marginalisées et les plus pauvres de sortir de la pauvreté ».

En 2007, une autre grande marche du mouvement Ekta s’était déroulée avec 25 000 personnes parcourant 350 km en 27 jours. Leurs demandes avaient été satisfaites grâce à la création d’un Conseil national de la réforme agraire ; mais ses recommandations n’ont jamais été mises en œuvre, si bien qu’une seconde marche a été organisée, et appelée Jan Satyagraha – la Marche pour la justice.

Le 11 octobre 2012, dans la ville historique d’Agra, la marche s’est terminée prématurément après que le ministre Jairam Ramesh et Rajagopal aient signé un accord en dix points répondant à la plupart des demandes d’Ekta. Un groupe de travail sera mis en place sous l’égide du ministère du Développement rural et le gouvernement collaborera avec les gouvernements des Etats afin de garantir un lopin de terre à « tous les ménages pauvres ruraux sans terre ». Il créera également des tribunaux à procédures accélérées pour résoudre les litiges fonciers. Le projet de la politique nationale des réformes agraires sera soumis au débat public dans les six mois et Rajagopal a mis en garde : « Si rien ne se passe dans six mois, nous nous rassemblerons ici à Agra et nous marcherons sur Delhi. »

La marche de 2012 était bien organisée : nourriture, eau, assainissement et abris ont été fournis pour tout le monde, avec des camions transportant le matériel à l’avance. Une atmosphère de carnaval entretenait la motivation des hommes, des femmes et des enfants qui brandissaient des drapeaux verts et blancs. Les journaux nationaux ont largement couvert l’événement et les populations locales ont encouragé les manifestants lorsqu’ils traversaient les villes et les villages. Des militants venus de l’étranger ont rejoint la marche en solidarité et ont appris comment organiser des marches pour la paix dans leur propre pays. Dans le cadre des préparatifs pour la marche, qui ont débuté en 2011, Rajagopal et 20 collaborateurs ont parcouru 80 000 km dans 350 districts de l’Inde pour porter les messages de non-violence et du droit à la terre, et pour mobiliser les soutiens.

Interviewé en 2011 Rajagopal expliquait : « Parfois, il y a des divisions créées par les idéologies. Les gens suivent Gandhi, Marx et divers autres leaders. Nous avons donc décidé de contacter tout le monde et de dire : « A ce stade, alors que le pays fait face à un tel danger, que toutes les ressources sortent du pays au profit de quelques-uns, et que les pauvres sont contraints d’émigrer, ce n’est pas le moment de chercher à montrer quelle idéologie est supérieure à l’autre. Alors venez. » Et nous avons été en mesure de nous rassembler. »

Il avait ajouté : « La seule manière pour que le gouvernement écoute notre voix est de mobiliser une grande partie de l’opinion publique du bas vers le haut. Beaucoup de gens restent silencieux en disant : « Qu’est-ce que je peux faire pour changer le monde. » Mais ils doivent sortir de leur silence et se faire entendre […] Nous savons que la violence n’est pas la réponse […] Les jeunes du monde entier doivent comprendre que c’est une opportunité pour eux. Ils grandissent dans une période où la mondialisation provoque un accaparement des ressources, avec pour résultat l’augmentation de la pauvreté d’une part, et la concentration des richesses d’autre part. Ce défi historique doit être compris et résolu par l’action commune. »

[Sources : www.ektaparishad.com; www.bbc.co.uk]

Ovni

Crète (Grèce) – En août 2012, une photographe professionnelle allemande en vacances en Crète et son mari roulaient lentement sur une route sablonneuse vers la plage de Balos à Gramvousa. Un troupeau de chèvres les entoura et marcha le long de la voiture tandis qu’elle avançait doucement. La photographe prit des photos de la scène depuis sa portière.

201211_LON_CreteUFO8_12Arrivés à la taverne de la plage, ils regardèrent les photos : « Ce fut alors que je découvris que sur l’une des photos il y avait un objet dans le ciel. Nous avons zoomé sur l’écran de notre caméra et ne pûmes en croire nos yeux. Ce que nous vîmes était quelque chose de forme étrange. Nous nous demandâmes ce que c’était. Je n’avais rien vu dans le ciel tandis que je prenais les photos. Nous n’avons rien ressenti d’étrange. C’était une journée chaude et ensoleillée avec un fort vent de nord-est. Il n’y avait aucun bruit. »

Les photos ont été envoyées à un expert, Jeff Ritzmann, qui a déclaré que cette photo était l’une des plus intéressantes qu’il ait jamais eu à analyser. La même photographie a été envoyée également à un expert au FBI, qui conclut qu’elle était authentique.

[Source : www.AboveTopSecret.com]

Des colonnes de lumière au Japon

201211_JapanLightColumnLe 18 août 2012, des centaines de personnes ont été témoins de dizaines de colonnes de lumière apparues après que la foudre soit tombée sur l’arrondissement de Nada-ku, à Kobe (Japon), pendant une tempête foudroyante dans la Région du Kansai. Les colonnes verticales apparues dans le ciel sont restées visibles plusieurs minutes avant de disparaître.

[Source : Youtube : StephenHannard ADGUK]

Des Ovnis

Londres (G.-B.) Le 18 juillet 2012 vers 21 h 30, Sashank Srinivasan se rendait à pieds vers son magasin habituel, quand il vit deux lumières oranges brillantes au-dessus de lui. « Ces lumières qui se déplaçaient lentement dans le ciel étaient comme des boules de feu… Je n’ai pas d’explications à cela et je ne sais pas de quel genre de matière elles étaient faites… Je sais que c’était quelque chose d’exceptionnel et certainement pas un avion ordinaire… C’était complètement silencieux. »

[Source : YouTube : thirdphaseofmoon]

201211_UFONewMexicoTexas et Nouveau-Mexique (Etats-Unis) – Alors qu’elle cherchait un itinéraire pour se rendre à Jacksonville (Texas), Andrea Dove trouva sur Google Maps une photo « vue de la rue » dans cette ville, sur laquelle on voit, dans le ciel, un ovni rose-rouge au-dessus d’un halo de forme oblongue. Un analyste de photos-vidéo qui a vu l’image à partir de Jacksonville a pensé que c’était le résultat d’un effet photographique connu sous le nom de halo lumineux.

ABC News a rapporté avoir trouvé une image similaire d’un ovni rose-rouge sur Google Maps en cherchant « Sky City Casino Hotel au 32 Indian Service Route 30, Acoma Pueblo, New Mexico. »

[Source : Huffingtonpost.com]

Une colombe miraculeuse

201211_LON_WhiteDove1Le 5 septembre 2012, alors que le patriarche œcuménique Bartholomew défilait en procession dans la cour du monastère chrétien orthodoxe de son honorable prédécesseur, sur l’île grecque de Crète, il eut une surprise. Une colombe d’une blancheur éclatante se posa sur le grand Evangile consacré qu’il portait et y resta tandis qu’il vénérait ce livre. Puis la colombe se percha sur son kalimavki (chapeau noir) et lorsque la procession entra dans l’église, elle étendit les ailes « à la manière de l’Esprit saint selon sa description emblématique familière à tous les chrétiens orthodoxes », a raconté un témoin. La colombe resta les ailes déployées sur le chapeau du patriarche à l’intérieur de l’église, jusqu’à ce qu’un autre prêtre prenne l’oiseau et le libère à l’extérieur, où il s’envola dans le ciel.

201211_LON_WhiteDove2Le clergé interpréta cet évènement comme un signe miraculeux, un signe de bienvenue au patriarche. On fit remarquer que le monastère était dédié à Jean le Baptiste et que lorsque Jean baptisa Jésus dans le Jourdain, l’Esprit saint, sous la forme d’une colombe, descendit sur lui.

[Sources : www.johnsanidopoulos.com ; www.orthodoxnet.com]

Le mouvement espagnol 15-M (Indignados)

Le mouvement 15-M a commencé dans la foulée d’une manifestation à Madrid le 15 mai 2011. Certains des participants ont décidé de poursuivre la protestation en campant sur la place principale de Madrid. Comme l’a fait Occupy, le mouvement 15-M a rapidement évolué d’un mouvement de protestation vers un projet de construction d’un nouveau modèle de société. Maintenant il rassemble des petits groupes qui travaillent sur des solutions à divers problèmes. Il existe des coopératives qui traitent du travail, du logement, de l’énergie, de l’éducation, des finances, de l’alimentation, etc. et un réseau de collaboration relie les différentes coopératives. L’objectif est d’aboutir à un changement structurel de la politique au niveau mondial ; le mouvement fonctionne selon les principes d’inclusion, d’horizontalité, d’intelligence collective, de respect et de non-violence. Les manifestants ont en commun un rejet des coupes sociales, des politiciens espagnols, du système politique, de la corruption politique, du capitalisme, des banques et des banquiers ; ils sont en faveur de ce qu’ils appellent les droits fondamentaux : un toit, un travail, une culture, la santé et l’éducation.

« Des milliers de groupes de travail partout dans le monde se réunissent chaque semaine dans des bibliothèques, des centres communautaires, des églises, des cafés et des bureaux pour partager leurs compétences et leurs ressources. Ils sont déjà en train de créer les écoles, les hôpitaux, les maisons, les quartiers, les villes et les rêves des 99 %. C’est le début de l’occupation d’un campement qui ne sera jamais délogé : le monde. » [Luis Moreno-Caballud et Marina Sitrin, Le camp c’est le monde : Mise en relation des mouvements Occupy et du mouvement espagnol du 15 mai.]

Le mouvement Occupy se porte bien

par Cher Gilmore de Share International

Après la dispersion des rassemblements par les autorités dans plusieurs villes américaines, et que le froid ait mis un frein à ce genre de manifestation, le public a commencé à se demander si le temps de ce mouvement était passé, et même, s’il s’était éteint. Pour répondre à cette question, je me suis mise à rechercher Occupy et quelques-uns des mouvements satellites dans d’autres pays, et j’ai interrogé une bonne douzaine de personnes dans plusieurs villes des Etats-Unis et d’ailleurs qui avaient participé au mouvement et en faisaient toujours partie.

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« Occupy Wall Street a révélé la scène du crime : Wall Street. »

 

Même si, selon l’un de mes interlocuteurs : « Ceci n’est que le premier chapitre d’une histoire beaucoup plus longue », il se dégage un consensus général sur ce qu’ Occupy a déjà accompli. La plupart ont noté que le discours avait changé et que le débat s’était orienté vers les inégalités en mettant l’accent sur nos problèmes. Les systèmes de classe et de capitaux, sujets auparavant tabous, sont désormais abordés par les grands médias.

Ainsi que l’a déclaré Max Armstrong du Public Banking Institute de New York : « Occupy Wall Street (OWS) a révélé la scène du crime : Wall Street. Ce crime est l’injustice économique par bien des aspects, avec en tête de liste l’esclavage dû à la dette. Faire passer le débat, polarisé mais confortable, des questions sociales gauche/droite vers la dure réalité des 99 %/1 % n’est pas facile, mais c’est ce qui a été accompli. Il s’agit sans aucun doute d’un changement majeur et cela constitue l’un des principaux si ce n’est le principal accomplissement du mouvement. »

Selon David DeGraw, auteur de The Economic Elite vs. The People of the United States of America (l’Elite économique vs le peuple américain), un des premiers organisateurs d’OWS : « Ce fut une opération de relation publique très réussie. »

Une autre réalisation du mouvement, relevée par presque tous, a trait aux effets sur les participants. Sofia Gallisà Muriente, une participante de la première heure à OWS, a observé qu’OWS étant un rassemblement hétéroclite de personnes, il a une fonction importante en tant que laboratoire et lieu d’apprentissage une opportunité de pollinisation croisée, d’élargissement des perspectives et de croissance personnelle et politique. Begonia Santa Cecilia, qui fait partie aussi bien des Indignados espagnols que d’OWS, explique l’effet Occupy sur les individus : « Ce que les gens ont vécu est unique en tant qu’expérience collective de satisfaction d’être ensemble, de partager des problèmes et des situations difficiles. Cette expérience a montré le potentiel du travail en commun pour trouver des solutions créatives aux problèmes. Espérons que les gens comprendront que la clé réside dans l’entraide, le partage des problèmes, et le fait de les résoudre ensemble en créant de nouvelles structures et en réfléchissant ensemble. Presque tout le monde est aujourd’hui conscient que l’économie et la recherche de profits dirigent le monde et que les politiciens ne représentent pas le peuple. »

D’autres ont remarqué qu’ Occupy avait donné une voix aux protestataires et un sentiment de légitimité, et que cela avait créé des communautés là où il n’en existait pas à l’échelon mondial, et réveillé une imagination radicale aux Etats-Unis surtout parmi la jeune génération. Stephen Collis de Occupy Vancouver ajoute que cela a ouvert des perspectives qui n’existaient pas il y a tout juste douze mois : « La possibilité d’une révolution non violente au sein des démocraties du « premier monde », la possibilité que les populations d’Amérique du Nord puissent se préoccuper suffisamment de leur avenir et de l’avenir de la planète et descendre dans la rue afin de reprendre leur vie en main. »

A présent qu’ Occupy n’est plus dans le collimateur des principaux médias, un observateur pourrait penser que plus rien ne se passe, mais ce n’est heureusement pas le cas. Bien que plusieurs activistes aient montré une certaine lassitude et que le mouvement soit plus actif dans certaines villes et moins dans d’autres, Occupy n’est pas mort, mais change simplement de forme et de tactique. « Il s’agit d’un état d’esprit, et la contagion est ressentie partout. Son potentiel est juste sous la surface de la vie quotidienne. »

Le temps est venu d’établir des connections et de créer des réseaux de collaboration, explique Sofia Gallisà Muriente : « Les choses gravitent aujourd’hui autour d’activités locales et décentralisées avec de nouveaux réseaux de personnes partageant le même langage, la même expérience et les mêmes capacités…. De nouvelles infrastructures sont mises en place partout. »

« Occupy Wall Street est toujours au même endroit, dans les rues, sur les places, dans le voisinage, ajoute Begonia Santa-Cecilia. OWS compte des milliers de membres qui travaillent dans de nombreux domaines, tels que la dette des étudiants et d’autres dettes, les médecines alternatives, les saisies de biens, les soupes populaires, les questions environnementales, la fracturation hydraulique, l’éducation, l’économie alternative, l’élaboration de nouvelles stratégies, etc. Un mouvement est quelque chose qui est « en mouvement », et il vivra tant que les gens resteront vivants. Le fait que les choses ne sont pas aussi visibles que pendant les jours d’occupation et de manifestations signifie que beaucoup de choses se passent à de nombreux autres niveaux. La particularité de ces mouvements est qu’ils évoluent constamment et que leur créativité s’étend de bien des façons. La capacité de réinventer et de reconstruire est illimitée. En Espagne, nous utilisons la métaphore « vagues de l’océan » pour ces nouveaux mouvements. Le sommet de la vague n’est qu’une partie du processus. »

Initiatives locales

Marni Halasa, de New York, explique : « Ce que le public semble ne pas comprendre, c’est que beaucoup de groupes Occupy comme le groupe ABG (Alternative Banking Group), le Occupy Srike Debt (grève de la dette) Group ou le Occupy Labor Alliance Group travaillent en coulisse d’une façon très stratégique. Ils ont non seulement un objectif éducatif avec des séminaires hebdomadaires sur les thèmes marquants du jour, mais ils travaillent en silence afin d’atteindre leurs buts. Souvent il s’agit de groupes d’actions directes (manifestations), ou de groupes de séminaires visant à éduquer leurs membres et le public, discutant des stratégies sur la meilleure manière de diffuser leurs messages socio-politiques au sein du public et des médias. »

De nombreuses campagnes locales m’ont été énumérées et décrites. Par exemple, le révérend Billy Talen, ministre de l’Eglise d’Earthalujah, une communauté radicale de New York, rapporte : « Nous résistons à l’arrivée du pipeline Spectra à proximité du West Village de New York. Un gaz souterrain mélangé de radon, sous haute pression et inflammable, c’est ce qui a été imposé par les 1 %. Les New-Yorkais n’ont pas été mis au courant. C’est donc ce que font beaucoup de gens – se spécialiser. En se servant de leurs nouvelles capacités d’action directe en matière de tactiques de survie de vie durable. »

D’autres initiatives locales à New York comprennent des conférences sur la création des biens communs mondiaux, une grève des loyers à Brooklyn, des programmes concernant les immigrants, l’occupation mensuelle d’un square dans la ville, ainsi qu’une Université libre.

A Atlanta, Minneapolis et Los Angeles, les gens d’ Occupy travaillent sur le problème des saisies de biens et, à Los Angeles, également sur les sans-abri. Toujours à Los Angeles, les gens d’ Occupy produisent des films et développent une nouvelle chaîne d’information. Au Texas, la Star Sands Blockade a été créée afin d’interrompre la section du pipeline Keystone XL prévu dans cet Etat, en collaboration avec d’autres groupes déjà organisés autour de cette question. Occupy Houston a rejoint une grève des portiers locaux, Occupy Vancouver joint ses forces au mouvement des étudiants du Québec, et Marc Armstrong annonce qu’un nombre grandissant de conseils municipaux votent pour retirer leurs dépôts dans les grandes banques pour les confier à des banques solidaires.

Afin de faciliter les communications entre toutes ces villes et ces groupes, InterOccupy a été créé, où des groupes Occupy régionaux et nationaux se réunissent pour partager leurs idées. D’autres moyens de communication continuent aussi à fonctionner, tels que Occupytheory.org, L’Avenir d’Occupy (the futureofoccupy.org), Occupied Wall Street Journal (occupied media.us), et Occupywallstreet.com, qui diffuse et décrit des actions directes.

Vicente Rubio, un organisateur OWS, affirme : « Généralement, Occupy s’est dispersé, travaillant dans tous les espaces ouverts. Il ne perd rien de son actualité mais change de forme. Il a moins d’intensité, ce qui n’est pas nécessairement une mauvaise chose. A présent, la grande question est de continuer à travailler avec constance et régularité. Dans quelques années, ce mouvement pourrait ne plus s’appeler Occupy, mais il aura créé une nouvelle culture politique. »

La voie à suivre

Les groupes Occupy discutent de l’avenir du mouvement et sur quels thèmes porter l’accent à l’avenir ; les différentes personnes avec qui j’ai parlé avaient des opinions divergentes sur le sujet. La plupart ont convenu que la critique systémique est la partie la plus importante de leur action ; ils pensent également que le mouvement est en transition. Plusieurs estiment que des moyens de rendre le mouvement viable sur le long terme doivent être trouvés afin que les gens puissent participer et continuer leur vie quotidienne, et que de nouvelles manières permettant aux gens de prendre facilement part au mouvement doivent être inventées. D’après Bill Zimmerman : « De nouvelles tactiques doivent maintenant être développées afin d’encourager une plus large participation. Dans la lutte à venir, le militantisme, la désobéissance civile et les prises de contrôle illégales seront tous nécessaires, mais le plus important sera de trouver de nouveaux moyens qui permettent aux personnes moins engagées de s’allier avec celles qui le sont plus. Ce n’est pas une question insurmontable ; de nouvelles tactiques ont souvent émergé à partir de mouvements d’avant-garde (par exemple les sit-in, les Freedom Rides, la destruction des cartes d’enrôlement pour le service militaire, les parades gay-pride, etc.) »

Steven Collis ajoute : « Occupy est parti d’une manifestation contre notre système économique et constituait un appel pour un regroupement de différents mouvements. Il doit continuer à relier les thèmes socio-économiques et environnementaux tout en favorisant l’activisme local et la construction du mouvement. Il faut se donner le temps de faire évoluer les meilleurs moyens de canaliser les différents mouvements sociaux et les mettre en réseau partout où ils sont aux prises avec les injustices spécifiques du capitalisme mondial. »

Certaines personnes ont cité différents thèmes qui, selon elles, devraient constituer une priorité à l’avenir, comme les biens communs, la séparation de l’argent et de la politique, le processus mondial de changement, ou encore trouver de nouveaux moyens pour s’adresser aux 99 %. La nécessité d’une discussion sur la façon de regrouper les différents mouvements d’une manière non hiérarchique a également été évoquée, de même que la nécessité de revenir à l’essentiel et de se rendre en personne dans les quartiers à des fins de sensibilisation.

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« Ce pour quoi nous nous battons nous englobe tous. Il y a unité dans la diversité, et il y a assez de place pour que chacun s’intéresse aux questions qui le passionne tout en gardant une vue sur la situation globale. »

 

Lorsqu’on interroge les militants sur les forces et les faiblesses du mouvement, certains aspects apparaissent des deux côtés comme par exemple l’ouverture, l’inclusivité et le fait qu’il n’y ait pas d’idéologie ou de ligne du parti. N’importe qui peut s’intégrer dans le mouvement mais en même temps il est difficile de canaliser les énergies. Un autre exemple cité concerne les luttes intestines et l’intensité des débats, ce qui peut être source de division, mais peut aussi rapprocher. Son approche inclusive, participative et démocratique d’auto-gouvernance constitue un atout, mais peut-être une faiblesse lorsque ne sont pas contrôlés les perturbateurs qui peuvent faire dérailler le processus.

Parmi les atouts solides se retrouvent le fait que le mouvement fait preuve d’un bon état d’esprit, qu’il est positif, dirigé par des jeunes, qu’il a commencé à fournir des moyens de résoudre certains problèmes majeurs des Etats-Unis, qu’il a attiré des gens brillants et éloquents qui ont une vision d’ensemble et qui savent recadrer les anciennes questions, qu’il se construit dans la durée, qu’il se base sur des liens sociaux et communautaires, qu’il utilise efficacement les médias sociaux et qu’il s’engage en faveur de la paix.

Parmi les faiblesses furent cités la possibilité d’un épuisement des militants, l’ampleur des problèmes et des défis, le manque de coordination au niveau national pour les personnes travaillant sur les mêmes questions, peut-être trop d’attention consacrée aux médias grand public, l’attitude non-productive de confrontation qu’ont certains envers la police et le manque de ressources pour faire face à l’opposition farouche de l’Etat et de ses médias. Une personne estimait que le mouvement a tendance à reconstruire l’identité de l’Amérique, au lieu de se concentrer sur un processus mondial de changement.

Lorsqu’on demande aux personnes impliquées si elles pensent que le mouvement Occupy pourra se développer suffisamment pour forcer un changement radical, les opinions varient d’un extrême à l’autre. Beaucoup estiment qu’ Occupy a la capacité de mener à ce changement s’il continue le travail sur le terrain, mais que le changement pourrait se produire sous une autre appellation. Bill Zimmerman aborde cette question dans son article Les conséquences du mouvement Occupy dépasseront celles du mouvement activiste des années 1960 : « Il est certain que si les réformateurs se font suffisamment entendre, ceux qui ont des richesses et du pouvoir vont renoncer à une partie de celui-ci afin d’éviter de tout perdre. C’est ainsi que nous avons obtenu le New Deal et la guerre contre la pauvreté. Un nouveau mouvement est en train de naître. Les jeunes fauteurs de troubles au chômage et rejetés par la société comprennent que les disparités extrêmes de richesse et de pouvoir qui sont la cause de leurs problèmes ne disparaîtront pas d’elles-mêmes. Derrière ces jeunes se retrouveront des millions de travailleurs insatisfaits à la poursuite de l’inatteignable rêve américain. C’est pourquoi la prochaine ère de militantisme citoyen est susceptible d’éclipser ce que ma génération a réalisé dans les années 1960. Nous avons modifié le pays culturellement, socialement, sexuellement et spirituellement. La prochaine vague de militantisme va le changer économiquement. »

A la question de savoir si le mouvement peut aborder toutes les grandes questions de fond, la grande majorité des personnes questionnées a estimé qu’il le peut et le doit de par sa propre nature, mais qu’il reste beaucoup de travail à faire. Il faut continuer à faire le lien entre les différentes questions et celle de l’injustice économique, et développer une forme d’unité qui ne permette pas d’exclure une personne sur base du genre, de la race, de l’orientation sexuelle, etc. Pablo Benson l’exprime de cette façon : « Ce pour quoi nous nous battons nous englobe tous. Il y a unité dans la diversité, et il y a assez de place pour que chacun s’intéresse aux questions qui le passionne tout en gardant une vue sur la situation globale. » Sofia Gallisá Muriente appelle cela une « version pop de la guerre des classes » ; elle ajoute : « C’est énorme ! Si les gens peuvent analyser leur situation en termes de classe et d’économie cela touchera tout le monde. » Marc Armstrong témoigne : « L’une des choses que j’ai apprises à partir des manifestations massives et couronnées de succès en Islande, en Espagne, à Montréal et ailleurs, c’est que nous sommes beaucoup plus efficaces lorsque nous agissons en tant que groupe. Mon espoir pour le mouvement Occupy est que nous saurons mettre de côté nos différences et agir dans l’unité. Ensemble, nous formons une force puissante. »

La conclusion est que le mouvement Occupy est encore bien vivant et toujours actif, il cherche de nouvelles formes et de nouvelles façons d’atteindre les 99 % et il s’allie avec d’autres groupes et organisations afin de catalyser des projets spécifiques. Comme l’affirme Stephen Collis : « Nous avons débuté, nous avons une idée de l’objectif et des moyens d’y arriver, et il y a en beaucoup parmi nous qui sont prêts à travailler sur ce projet quels que soient les obstacles et les oppositions. Nous nous voyons les uns les autres et nous cherchons des moyens d’agir ensemble. Je reste prudemment optimiste. »

Peter Rugh résume la situation : « Nous avons le pouvoir de transformer le monde. Nous pouvons vivre en harmonie avec la nature et la préserver pour les générations futures et nous pouvons avoir une société plus juste et plus humaine. Je voudrais juste encourager les gens à s’impliquer, car sans eux, nous ne pourrons pas le faire. » George Por, de Londres, ajoute : « Quand le souffle d’ Occupy se développera en une tempête des 99 %, la Chambre des Communes pourra exercer une pression suffisante sur les marchés et l’Etat pour qu’ils commencent à servir le peuple, pas les élites. »