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Londres : des manifestations pour le changement social

 

Source : The Guardian ; The Independent ; Royaume-Uni

En avril 2016, environ 50 000 personnes ont manifesté dans le centre de Londres pour protester contre les mesures d’austérité. Les manifestants ont déployé des banderoles portant des slogans tels que « Cut War Not Welfare » (Stopper la guerre, pas l’aide sociale) et scandant « No ifs, no buts, no public sector cuts » (Pas de si ni de mais, pas de coupes dans le secteur public) – pour exprimer leur indignation contre les réductions imposées aux services publics par le premier ministre britannique David Cameron et le gouvernement conservateur.

La manifestation avait été organisée par le groupe militant The People’s Assembly (l’Assemblée populaire) avec quatre exigences sur la santé, le logement, le travail et l’éducation : la fin de la réduction des dépenses de l’Etat et la privatisation attendue du NHS (Système de santé du Royaume-Uni), le contrôle des loyers et la protection du logement social, l’introduction d’un revenu de base universel et l’abandon du projet de loi sur les syndicats, la fin des frais d’inscription des étudiants et de la marchandisation de l’éducation.

La marche s’est terminée par un rassemblement à Trafalgar Square, où Len McCluskey, secrétaire général du syndicat Unite, a déclaré : « Les élites en place déshonorent notre démocratie. Il appartient à chacun d’entre nous de travailler ensemble et d’envoyer un message clair – que nous allons nous battre, nous battre, nous battre pour un avenir meilleur. »

La responsable du parti Green (Verts), Natalie Bennett, a déclaré devant la foule : « Nous avons la vision d’une autre société. Une société qui œuvre pour le bien commun. »

Un monde avec un plan commun

 

Source : www.ourfuture.org ; www.pass.va

L’Académie pontificale de sciences sociales du Vatican a organisé un symposium pour le 25e anniversaire de l’encyclique sociale Centesimus Annus du pape Jean Paul II (1991). Ce séminaire, organisé les 15 et 16 avril 2016, était centré sur deux questions majeures : les changements économiques, politiques et culturels de ces vingt-cinq dernières années, et comment l’enseignement social catholique a éveillé l’intérêt du monde jusqu’à maintenant et comment il pourrait le faire dans le futur.

L’encyclique Centesimus Annus était elle-même une célébration du centième anniversaire de Rerum novarum, encyclique du pape Léon XIII sur les affaires sociales dans le monde moderne. Centesimus Annus a été écrite à une période de changements majeurs et de bouleversements politiques, et au moment où l’accroissement sans précédent de richesse et de niveaux de vie de par le monde était menacé par des intérêts égoïstes. Son objet était de proposer la vision d’une liberté ordonnée par la morale, au service de l’humanité.

Parmi les 35 économistes, notables religieux et politiciens invités au séminaire se trouvaient : le candidat démocrate à l’élection présidentielle américaine Bernie Sanders, le président bolivien Evo Morales, le président équatorien Rafael Correa et le professeur Jeffrey Sachs, économiste et directeur du Earth Institute.

Jeffrey Sachs est le premier à avoir rédigé un article suite à ce séminaire, intitulé Les changements dans l’économie mondiale depuis 1991. Il y relève la prescience de l’encyclique de 1991, dont les avertissements ont été ignorés. L’enjeu fondamental est que « l’intérêt pour soi doit céder la place au bien commun. » Il décrit les effets d’une cupidité débridée qui se conjugue au pouvoir et devient la force motrice de l’économie de marché. La corruption et le crime restent impunis ; les puissants ne sont pas tenus responsables, car la culture de l’impunité est telle qu’ils sont en position de se maintenir en poste.

J. Sachs explique que dans les 25 dernières années, la politique économique américaine des deux partis fut de favoriser les multinationales, les accords commerciaux et les profits au-delà de toute autre considération, avec des conséquences désastreuses comme : l’accroissement de l’inégalité, la dégradation de l’environnement, la corruption et un degré inédit d’instabilité financière. Les scandales dénonçant la cupidité des entreprises et la corruption ont montré que les grandes banques agissaient comme si elles étaient au-dessus des lois. Son article est également sans équivoque dans sa critique des 25 ans de retard pris par les Américains sur les questions climatiques.

En conclusion, J. Sachs nous assigne une mission : « Nos tâches pratiques les plus urgentes sont : premièrement, de forger un nouveau consensus mondial sur le développement durable et humain qui intègre la Chine, l’Inde, l’Afrique et d’autres foyers de la civilisation mondiale. Deuxièmement : le problème le plus central, je crois, est de mettre fin à l’impunité, d’être en mesure de s’exprimer au sujet des puissants et des riches (ce qui force d’ailleurs à surmonter la peur) – mais il est essentiel de le faire. » Il termine avec un appel à adopter la vision du pape François : développer un objectif commun – un monde avec un plan commun. « Les Objectifs de développement durable définissent le mieux possible un ordre moral, un appel à combiner le développement économique avec l’intégration sociale et la durabilité environnementale. »

Rafael Correa : « La question majeure est de savoir qui a la voix prépondérante dans une société : les élites ou la majorité ? Le marché ou la société ? Le grand défi de ce siècle est de parvenir à la prépondérance de l’être humain sur le capital.

L’ordre mondial est non seulement injuste, il est immoral. Tout favorise les plus puissants, et la politique de deux poids deux mesures est monnaie courante : par exemple, les biens produits par les pays pauvres devraient circuler librement, tandis que ceux qui sont produits par des puissances étrangères, ainsi que la connaissance, la science et la technologie, devraient être privatisés et rémunérés.

Le marché est un grand serviteur, mais un mauvais maître. Vaincre l’inégalité, et donc la pauvreté, est le plus grand impératif moral, car pour la première fois dans l’histoire, en particulier en Amérique latine, la pauvreté ne résulte pas d’un manque de ressources ou de facteurs naturels, mais est la conséquence des systèmes injustes et d’exclusion. La question morale fondamentale est donc la question sociale. »

Evo Morales : « Nous sommes fatigués de la double morale de l’Empire. Ils parlent de démocratie, mais ce sont les marchés qui gouvernent. Dans les pays où les systèmes capitalistes, les banquiers et les hommes d’affaires financent les candidats politiques, peu importe qui gagne. Ce n’est pas le gouvernement élu qui décide, mais les sociétés privées. L’économie en Bolivie a entrepris une réforme afin d’établir la justice et l’égalité. »

Bernie Sanders : « Le fossé grandissant entre riches et pauvres, le désespoir des exclus, le pouvoir des sociétés privés sur le politique, tout cela n’est pas un phénomène réservés aux seuls Etats-Unis. Les excès de l’économie globale dérégularisée ont causé encore plus de dégâts dans les pays en développement, […] qui souffrent non seulement des cycles d’expansion et de récession de Wall Street, mais aussi d’une économie mondiale qui place les profits avant la pollution, les compagnies pétrolières avant la sécurité climatique et le commerce d’armes avant la paix. Et comme une part croissante de la richesse générée et des revenus va à une petite fraction de ceux qui sont au sommet, régler cette énorme inégalité est devenu un défi central. C’est un problème que nous devons affronter dans mon pays et partout dans le monde. Le pape François a donné le nom le plus évocateur au malheur de la société moderne : la globalisation de l’indifférence […]

Notre jeunesse n’est plus satisfaite par des politiques corrompues et à bout de souffle, et une économie d’une patente inégalité et injustice. Ils ne sont pas satisfaits par la destruction de notre environnement par une industrie pétrolière dont l’avidité a placé les profits à court terme avant le changement climatique et le futur de notre planète. Ils veulent vivre en harmonie avec la nature, pas la détruire. Ils appellent à un retour à l’équité, à une économie qui défende le bien commun en garantissant que chaque personne, riche ou pauvre, ait accès à un système médical de qualité, à la nourriture et à l’éducation […]

Notre défi est avant tout un défi moral, celui de rediriger nos efforts et nos buts vers le bien commun.

Shakespeare et l’hostilité contre les réfugiés : « Colossale inhumanité »

 

Source : www.playshakespeare.com ; www.theshakespeareblog.com

L’année 2016 marque le 400e anniversaire de la mort de Shakespeare. Pour l’occasion, beaucoup d’établissements publics anglais le remettent sur le devant de la scène. Une exposition importante se tient à la British Library, qui a parallèlement mis en ligne le seul manuscrit de Shakespeare restant. Celui-ci contient une scène qui fait écho aux débats actuels sur les réfugiés.

Ce manuscrit est un fragment d’une version de la pièce élisabéthaine Sir Thomas More d’Anthony Munday. Shakespeare a contribué à cette pièce sous la forme d’un discours qu’il fait prononcer par Thomas More lors de la révolte ouvrière du 1er mai 1517 à Londres [cf. Evil May Day].

A l’époque, la question était de savoir si les étrangers devaient être acceptés dans le pays. En effet, les Londoniens accusaient les immigrants lombards (Italie du Nord) de leur prendre leur travail et se montraient menaçant envers eux, voulant leur expulsion. Des violences similaires avaient cours quand la pièce a été écrite (dans les années 1590), cette fois-ci envers les réfugiés huguenots.

Pour ne pas inciter l’agitation en une époque de tensions religieuses qui engendra une crise des réfugiés sans précédent en Europe, la pièce n’a jamais été complétée ou mise en scène du vivant de Shakespeare. Dans les discours écrits par lui, Thomas More défend un traitement humain en faveur de ceux qui sont forcés à demander asile.

Dans le but d’apaiser la révolte, Sir Thomas entame une tirade passionnée et persuasive, en feignant de donner raison aux révoltés, qui demandent l’expulsion des réfugiés. Les mots de Shakespeare sont un appel éloquent qui résonne à coup sûr à nos oreilles contemporaines.

« Je concède leur expulsion, et reconnaissez que votre tapage a contesté toute la majesté de l’Angleterre.
Imaginez que vous voyiez les misérables étrangers, 
leurs nourrissons sur le dos et leurs pauvres bagages, marchant lourdement vers les ports et les côtes pour le transport, et que vous soyez assis comme des rois en vos désirs, les autorités bien silencieuse face à vos heurts, et vous, tout drapé dans l’arrogance de vos opinions.
Qu’auriez-vous obtenu ? Je vais vous le dire : vous auriez montré comment l’insolence et la force doivent prévaloir, comment l’ordre doit être réprimé ; et par ce patron, pas un d’entre vous ne vivrait âgé, puisque d’autres ruffians, par leurs fantaisies travaillés, avec exactement les mêmes mains, les mêmes raisons,
et les mêmes revendications
vous abuseraient de leurs ruses, et les hommes comme des loups affamés, se nourriraient les uns des autres […]
[…] Admettons que le roi […] dusse tellement réduire votre grand crime, et ne seulement vous bannir, où iriez-vous ?
Quel pays, par la nature de votre erreur, devrait vous donner refuge ? Allez en France ou en Flandres, dans une province allemande, en Espagne ou au Portugal, oh non, n’importe où qui n’adhère à l’Angleterre,
Eh bien, vous serez inévitablement des étrangers : seriez-vous contents de trouver une nation au tempérament si barbare, que, se couvrant d’une hideuse violence, elle ne vous laisse pas une demeure sur terre, [et ses habitants] aiguisant leurs détestables couteaux contre vos gorges, vous rejetant comme des chiens, et comme si ce Dieu ne vous avait rien donné ni ne vous avait fait, ni que les éléments, ne soient tous appropriés à vos confortations mais garantis pour eux [habitants du pays], que penseriez-vous, d’être ainsi usés ?

C’est là le cas des étrangers ; et c’est là votre colossale inhumanité. »

Bangladesh : une agence de presse pour les jeunes

 

Source : www.guardian.com  ; Unicef ; www.bdnews24.com 

Une initiative conjointe de la première agence de presse du Bangladesh, BDNews24, et l’Unicef (Fonds des Nations unies pour l’enfance) au Bangladesh a créé Prism – une plate-forme nationale pour les enfants vulnérables et marginalisés. Prism permet aux enfants de diffuser leurs points de vue et de faire partie intégrante de la presse audiovisuelle pour atteindre les décideurs politiques, afin de promouvoir les questions touchant la vie des enfants. Plus de 100 jeunes journalistes seront formés dans un premier temps, ce qui leur permettra de développer leurs propres points de vue sur leurs droits et le monde autour d’eux. Prism permet aux enfants de regarder à travers leur propre prisme littéralement, pour défendre leurs droits et assurer la participation des enfants à la presse audiovisuelle. L’objectif est que ce projet devienne auto-durable dans le temps et fonctionne comme un service vidéo professionnel d’informations comme APTN ou Reuters. Lancé le 10 avril 2016, Prism a été testé dans sept districts du Bangladesh, avec 15 reporters bénévoles dans chaque district. Ce projet d’un an, financé à hauteur de 50 000 dollars par l’Unicef, ambitionne de produire un clip vidéo par jour.

Au Bangladesh, où environ 40 % de la population a moins de 18 ans, l’initiative vise à créer un espace pour que les jeunes expriment leurs préoccupations, partagent leurs aspirations et – en proposant des solutions – contribuent aux décisions qui affectent leur vie, a expliqué Edouard Beigbeder, le représentant de l’Unicef au Bangladesh.

Les jeunes journalistes enquêtent sur un éventail de sujets, comme l’environnement, la culture, le tourisme et le développement. Par exemple, Mohammed Jahid Hasan Sumon, un journaliste de Prism âgé de 17 ans, étudiant au collège Bhawal Mirzapur, a enquêté sur la situation économique et environnementale dans le district de Gazipur, au nord de Dacca. Là, les déchets industriels polluent la rivière Turag, où l’eau était jadis propre et poissonneuse. M. Sumon a fait un reportage sur les conséquences de la pollution de la rivière, et comment sa toxicité fait que les communautés de pêcheurs perdent leurs moyens de subsistance.

La majorité des gens se considèrent comme des citoyens du monde

 

Common Dreams ; The Christian Science Monitor

Selon un récent sondage, les gens se considèrent davantage comme « citoyens du monde » que citoyens du pays où ils vivent. Sur les 20 000 personnes interrogées dans 18 pays par l’institut de sondage GlobeScan, plus de la moitié était encline à se considérer comme citoyens du monde. C’est la première fois en 15 ans de suivi qu’une majorité a pu ainsi se dégager.

Cette tendance est particulièrement sensible dans les pays en développement tels que la Chine, l’Inde et le Nigeria. Chez les plus riches, les pays industrialisés, les gens penchaient davantage vers l’identification nationale, et étaient plus susceptibles de voir les aspects négatifs de la mondialisation. L’enquête montre des tendances encourageantes vers l’acceptation des mariages mixtes entre groupes ethniques, l’approbation de l’immigration et un sens de la « citoyenneté mondiale » par l’engagement dans les problèmes planétaires.

Le sondage dresse un tableau d’ensemble « tout à fait positif en ce qui concerne la direction que prend le monde vers une société plus interconnectée », a déclaré Lionel Bellier, directeur adjoint de GlobeScan.

Médecine régénérative

Source : www.pri.org ; www.redorbit.com

Salués pour une avancée majeure dans le domaine de la médecine régénérative, les chercheurs du Wake Forest Baptist Medical Center (Caroline du Nord) ont créé les premières structures à base d’oreille, d’os et de muscles capables de se transformer en tissus fonctionnels lorsqu’ils sont implantés sur des souris. Les premiers résultats sont prometteurs en ce qui concerne leur utilisation chez l’être humain.

Suite à l’échec des tentatives visant à générer en laboratoire des parties du corps humain constituées de cellules longues de plus de 2 millimètres, les chercheurs ont mis au point une nouvelle technique qui consiste à intégrer des micro-canaux dans les tissus à imprimer, comme dans une éponge, permettant ainsi aux nutriments de pénétrer le tissu. Après l’implantation du tissu, le corps du patient va créer des vaisseaux sanguins qui utiliseront la place laissée par les micro-canaux.

L’équipe de chercheurs a utilisé le système intégré d’impression de tissus et d’organes (ITOP), développé au cours de ces dix dernières années. Cet appareil très sophistiqué fonctionne avec un plastique biodégradable combiné avec un gel à base d’eau qui contient des cellules vivantes et qui favorise leur croissance. Au fur et à mesure que les vaisseaux sanguins et les nerfs grandissent et pénètrent dans les implants, le plastique se décompose et est remplacé par une matrice naturelle constituée de protéines.

Les femmes et le changement climatique

Source : IPS

Ce 3 mars 2016, à Bruxelles, le Comité de l’UE sur les droits des femmes et l’égalité des sexes a tenu une réunion sur la question des femmes réfugiées et demandeuses d’asile dans l’UE. L’ancienne présidente irlandaise Mary Robinson a prononcé un discours fort, soutenant la nécessité de donner le pouvoir aux femmes dans le monde, notamment en facilitant leur participation au niveau local. Les femmes doivent être autorisées à participer de façon significative à la conception, la planification et la mise en œuvre des politiques et des programmes qui ont un impact sur leur vie. S’assurer que la voix des femmes soit entendue et qu’on réponde à leurs besoins est essentiel à l’avancement de la justice climatique.

Le changement climatique exacerbe les modèles existants d’inégalité, y compris l’inégalité entre les sexes. M. Robinson a souligné que les dimensions sexospécifiques du changement climatique sont mal comprises, malgré le fait que la majorité de ceux qui sont sur les lignes de front de la pauvreté et du changement climatique soient des femmes. Les impacts du changement climatique sont différents pour les femmes et les hommes.

« Pour réaliser une approche « qui ne laisse personne en arrière » revendiquée dans l’Agenda 2030 pour le développement durable et l’engagement « d’atteindre ceux qui sont en arrière-plan », les femmes sur le terrain doivent être reconnues comme des acteurs clés du développement durable au niveau mondial », a déclaré M. Robinson. Elle a souligné la nécessité pour les femmes d’avoir leur mot à dire dans la formulation des décisions qui influent sur leur vie. Trop souvent, les programmes ne parviennent pas à atteindre leurs objectifs, car ils sont conçus sans engager des femmes comme « agents du changement » au sein de leurs communautés. L’Objectif n° 5 du développement durable (Réaliser l’égalité des sexes et responsabiliser les femmes et les filles) vise à « Assurer la pleine et effective participation des femmes et l’égalité des chances pour leur donner un rôle prédominant à tous les niveaux de prise de décision dans la vie politique, économique et publique. » Les décideurs peuvent développer des solutions climatiques durables à long terme au niveau local qui permettront de renforcer des communautés entières.

« Les femmes détiennent une richesse de connaissances dont nous aurons besoin pour gérer les impacts du changement climatique et accélérer le développement durable », a déclaré Mary Robinson.

Iran : progression des modérés

Source : BBC, Associated Press

Les candidats modérés et modérément conservateurs en Iran ont enregistré des gains importants aux élections de février 2016, au détriment des conservateurs purs et durs. Les durs, qui se sont opposés à l’accord nucléaire de l’an dernier avec les puissances mondiales, ont cédé le contrôle du parlement à ceux qui ont soutenu l’accord. Les modérés ont remporté la majorité à l’Assemblée des experts, un organisme influent de 88 membres religieux qui a le pouvoir de nommer et de révoquer le chef suprême du pays (le Guide de la révolution).

Le président iranien Hassan Rouhani a déclaré que le résultat des élections montrait que le peuple iranien voulait mettre un terme à la confrontation avec le monde extérieur : « Les gens ont exprimé d’une voix claire : « Nous voulons la modération, et non pas l’extrémisme. Nous voulons une interaction avec le monde, et non la confrontation. » »

Une Europe pour tous et par tous

Source : Carpe DiEM25 ; www.diem25.org ; www.guardian.co.uk

 Un nouveau mouvement se dessine à travers l’Europe. Né d’un sentiment croissant de marginalisation et de désillusion, et d’une volonté qui transpire dans les appellations telles que Podemos ou Indignados. Le mouvement européen People Power a démarré. Le mardi 9 février 2016, des militants de toute l’Europe se sont réunis à la Volksbühne de Berlin pour lancer DiEM25, Democracy in Europe Movement 2025 (Manifeste pour une Union européenne démocratique).

De nombreuses personnes et organisations se sont impliquées dans DiEM25 pour témoigner de la façon dont la Grèce a été traitée par l’Union européenne. Les gens sont préoccupés par la manière avec laquelle les dirigeants européens cherchent à éviter d’aborder les vrais problèmes auxquels sont confrontés les citoyens européens, et même les citoyens du monde en général. Beaucoup sont attirés par la vision rafraîchissante fournie par Yanis Varoufakis (ancien ministre des Finances de la Grèce, professeur d’économie à l’Université d’Athènes et professeur invité à la Lyndon B. Johnson Graduate School of Public Affairs, Université du Texas, Austin).

Le point de départ de DiEM25 est que l’UE n’est plus vraiment démocratique. Des principes simples ont été abandonnés alors qu’auparavant ils servaient de guide à une Europe qui se montrait plus confiante. Parmi ceux-ci, on peut citer les devises qui doivent être des instruments et non une fin en soi ; un marché unique qui devrait être équitable pour toutes les parties prenantes, en particulier les pays pauvres ; la prise en compte de l’environnement ; limiter les pires excès du capitalisme et en particulier les comportements autodestructeurs. Enfin, il faut viser à l’harmonie sociale et au développement durable, grâce à la transparence, en menant des politiques pour traiter les crises de la dette, des banques, de l’insuffisance des investissements, de l’augmentation de la pauvreté et de la migration.

L’objectif à moyen terme de DiEM25 est de convoquer une assemblée constituante où les Européens vont délibérer sur la façon de présenter, d’ici 2025, une démocratie européenne à part entière, avec un parlement souverain qui respecte l’autodétermination des nations et partage le pouvoir avec les parlements nationaux, les assemblées régionales et les conseils municipaux.

Les quatre principes de DiEM25 :

– Aucun peuple européen n’est libre tant qu’une autre démocratie est violée.

– Aucun peuple européen ne peut vivre dans la dignité tant que celle-ci est refusée à un autre peuple.

– Aucun peuple européen ne peut espérer la prospérité tant qu’un autre est poussé dans l’insolvabilité permanente et la dépression.

– Aucun peuple européen ne peut croître sans que les biens de base ne soient disponibles pour ses citoyens, sans développement humain, sans équilibre écologique et sans la volonté de se libérer des combustibles fossiles dans un monde qui change ses comportements et non pas le climat de la planète.

« Nous demandons à nos concitoyens européens de nous rejoindre immédiatement pour créer le mouvement européen que nous appelons DiEM25. »

Le budget participatif

Source : www.decorrespondent.nl ; www.thenation.com

La budgétisation participative (BP) permet aux citoyens de décider à quoi servent leurs impôts.

Apparue en 1989 dans la ville brésilienne de Porto Alegre, cette méthode a fait son chemin dans plus d’une centaine de villes brésiliennes. Aujourd’hui, plus de 1 500 villes incluant New York, Séville, Hambourg et Mexico ont adopté une forme de BP.

En octobre 2004, dans la ville de Torres (Venezuela), un candidat « pas comme les autres » fut élu maire et décida de remettre le pouvoir aux mains des citoyens. L’intégralité du budget disponible de la municipalité (environ 700 millions de dollars) fut alloué aux citoyens afin qu’ils le dépensent comme ils le jugeaient bon. Début 2005, 550 réunions furent organisées, où chacun était invité à présenter des projets nécessitant des financements, et où des délégués étaient choisis. Depuis lors, une communauté d’hommes et de femmes ordinaires décide du budget de la ville.

Dix ans après, Torres est un endroit complètement différent. Les recherches menées par l’Université de Californie indiquent que la corruption et le copinage ont considérablement diminué et que les citoyens n’ont jamais été autant impliqués en politique. Des habitations, des écoles et des routes ont été construites en grand nombre et des quartiers ont été rénovés.

La BP de Torres est un exemple d’expression du pouvoir populaire impressionnant, où l’autorité décisionnelle revient aux délégués du peuple plutôt qu’à des bureaucrates ou à des chefs de parti. Construire un pont entre les citoyens et la politique est un moyen de sauver la démocratie.

Le New York Times a qualifié la BP de « révolution civique en action ».