L’air du désert donne à boire

Capter l’eau de l’air du désert est maintenant possible, grâce à un appareil qui se comporte comme une éponge utilisant la lumière du soleil pour aspirer la vapeur d’eau de l’air, même avec une faible humidité. L’appareil peut produire près de 3 litres d’eau par jour pour chaque kilogramme d’absorbeur éponge qu’il contient, et les chercheurs disent que les futures versions seront encore meilleures. Cela signifie que les habitations dans les régions les plus arides du monde pourraient bientôt disposer d’un appareil solaire capable de fournir toute l’eau dont elles ont besoin, soulageant des milliards de personnes.

Les scientifiques ont mis au point une « boîte » qui peut transformer en eau de l’air peu humide, produisant plusieurs litres en quelque 12 heures, comme ils l’ont écrit dans la revue Science. Lorsqu’elles sont chauffées par le soleil ou une autre source, les molécules d’eau piégées dans l’air sont libérées et condensées, ce qui provoque en fait « l’extraction » de l’eau contenue dans l’air. Le système, actuellement au stade de prototype, utilise un matériau qui ressemble à du sable poudreux pour piéger l’eau dans ses minuscules pores. « Il prend l’eau de l’air et la retient, explique Evelyn Wang, ingénieur en mécanique au Massachusetts Institute of Technology et co-auteur du document. Ce nouveau prototype est particulier : il peut produire de l’eau dans des environnements peu humides, sans énergie. » E. Wang a ajouté qu’un tiers environ de la population mondiale vit dans des zones avec relativement peu d’humidité. « Maintenant, on peut leur fournir un appareil assez simple à utiliser. »
Omar Yaghi, professeur de chimie à l’université de Californie, à Berkeley, imagine qu’il sera possible de produire de l’eau à l’échelle familiale, ou éventuellement dans des fermes, grâce à cet appareil. « Au-delà de l’eau potable et des utilisations domestiques, hors réseau, cette technologie ouvre la voie à l’irrigation de grandes régions potentiellement agricoles. »
[Sources : Fondation Thomson ; smh.com.au ; Science]

Enrayer l’extension d’une mine de charbon

Wendy Bowman, Australie – A 83 printemps, Wendy Bo\ collectait depuis longtemps des données sur les risques sanitaires et la pollution causés par l’exploitation du charbon qui a proliféré dans la Hunter Valley, en Australie, quand elle découvrit en 2010 que la compagnie chinoise Yancoal prévoyait d’étendre une de ses mines sur le terrain de sa ferme. Depuis les années 1980, l’essor minier a chassé les agriculteurs de la vallée, mais elle était déterminée à empêcher Yancoal d’acheter ses parcelles ou à extraire le charbon dans la zone.
W. Bowman a alors travaillé avec des ONG environmentales, mené des actions en justice et diffusé l’information sur les effets nocifs de l’extraction du charbon sur lasanté, tout en refusant de vendre ses terres. En 2014, une cour australienne a jugé que Yancoal pouvait lancer l’exploitation à la condition sine qua non que l’entreprise acquière la propriété de W. Bowman. Elle refusa. La justice lui donna raison quand Yancoal fit appel l’année dernière. Les pourvois se sont poursuivis, mais jusqu’à présent, W. Bowman a empêché à elle seule l’extraction de 16,5 millions de tonnes  decharbon dans la Hunter Valley.
[Sources : goldmanprize.org ; sfchronicle.com mongabay.com]

Un quartier de Los Angeles en voie de dépollution

Mark! Lopez, Etats-Unis – En l’an 2000 l’entre Exide, basée en Géorgie, a repris une vieille usine de recyclage de batteries à Los Angeles, et a augmenté le volume de batteries passant par ses usines. Les fuites de plomb – puissant neurotoxique qui peut causer des incapacités d’apprentissage ont connu une hausse vertigineuse. Après un enquête fédérale, Exide a accepté de fermer l’usine mais laissa peu de moyens pour la décontamination aux abords de l’usine. Mark! Lopez, jeune militant et directeur de l’association environnementale East Yard Communities for Environmental Justice (EYCEJ), a fait du porte-à-porte afin d’informer la population des dangers de la contamination au plomb. M Lopez et l’EYCEJ ont mobilisé les résidents qui ont fait pression tous ensemble sur l’administration responsable du contrôle des substances toxiques (California State Department of Substance Control) pour qu’elle teste les maisons autour du site. Quand les analyses confirmèrent que la plupart des habitations étaient contaminées et nécessitaient une dépollution, M. Lopez et son équipe ont persuadé l’Etat de Californie d’approuver une dépense de 176,6 millions de dollars pour diagnostiquer et dépolluer les logements affectés. Comme ces fonds ne couvriront que la dépollution d’une fraction dcs habitations qui en auraient besoin, Mark! Lopez a participé à la rédaction d’une loi californienne. Cette dernière instaure une taxe sur le recyclage des batteries qui aidera à financer la pollution du plomb dans les villes affectées par d’anciennes usines de recyclage.

Empêcher l’extraction minière sur des terres indigènes

Rodrigo Tot, Guatemala – Le leader indigène Rodrigo Tot avait déjà mené plusieurs batailles pour défendre les droits de son peuple, les Q’eqchi, descendants des Maya au Guatemala oriental, quand il découvrit en 2006 qu’une compagnie canadienne prévoyait de rouvrir les mines de nickel de la région. Au village autochtone d’Agua Calienté les forces de sécurité de l’entreprise commençaient déjà à chasser les gens de leurs terres par la force, en violation du droit international. R.Tot et son peuple avaient obtenu les titres de propriété de la zone, mais en se rendant à l’administration cadastrale dans le but de combattre les évictions, il découvrit que les pages de registre qui le prouvaient avaient été arrachées. Il a passé trois ans de travail assidu sur ce combat et, avec l’aide de l’Indian Law Resource Center, basé aux Etats-Unis et de Defensoria Q’eqchi, une petite ONG du Guatemala défendant les droits de l’homme, il a porté l’affaire au tribunal en 2009. Cette plainte révélait la corruption gouvernementale. Par décision de justice, le gouvernement fut obligé de rendre les titres de propriété aux indigènes ainsi qu’à restaurer les registres cadastraux.
Mais cette victoire légale a été chèrement payée par Rodrigo Tot : en 2012, un de ses fils a été abattu et un autre blessé alors qu’ils étaient dans le bus pour la capitale. L’enquête a conclu à un braquage, mais R. Tot et les siens penchent pour un assassinat politique. Le gouvernement guatémaltèque a refusé d’appliquer le jugement du tribunal et le différend a été porté devant la commission inter-américaine des droit l’homme, où il est actuellement examiné en procédure expéditive.

Une cimenterie trop polluante poussée à la fermeture

Uro.s Macerl, Slovénie – En 2003, le groupe Lafarge, un des plus grands cimentiers mondiaux, a repris une cimenterie vieille de 130 ans à Trbovlje, en Slovénie. Dès lors, cette usine a commencé à utiliser un combustible à très haut pouvoir calorifique mais incroyablement polluant : le coke de pétrole, coproduit riche en carbone du raffinage pétrolier.
Président de l’association environnementale Eko Krog, Uros Macerl est un agriculteur biologique dont la ferme familiale est située à proximité immédiate de la cimenterie. Il a réuni les agriculteurs et les résidents pour récolter des données sur la qualité de l’air. Celles-ci ont montré une augmentation spectaculaire en polluants dangereux depuis que Lafarge a commencé à brûler du coke de pétrole. Malgré cela, les pouvoirs publics locaux et nationaux restaient sourds aux protestations.
En 2009, quand le cimentier a fait la demande d’un permis environnemental pour incinérer des déchets industriels dangereux avec du coke de pétrole, U. Macerl a saisi le tribunal et gagné le procès, ce qui a annulé le permis. Mais quand il s’est avéré que l’usine continuait à incinérer les déchets industriels avec du coke de pétrole, l’agriculteur-militant a organisé des manifestations et mobilisé l’opposition de la communauté jusqu’à forcer la fermeture administrative de la cimenterie en 2015. Bien que la compagnie cherche à redémarrer l’usine, elle fait plus que jamais face à une opposition déterminée de la part d’Uro Maceri et des habitants, résolus à protéger leur santé et leur environnement.

Il sauve des collines sacrées de l’exploitation minière

Prafulla Samantara, Inde – L’Etat indien d’Odisha abrite la tribu indigène des Dongria Kondh. Forte de 8 000 personnes, elle vit dans les monts Niyamgiri, région forestière riche en biodiversité. La tribu considère les monts comme sacrés et se voit comme leur gardien. Mais en 2004, la compagnie minière étatique de l’Odisha a signé un accord avec l’entreprise britannique Vedanta Resources pour y exploiter la bauxite, un minerai permettant la production d’aluminium.
Prafulla Samantara, leader emblématique des mouvements de justice sociale en Inde, a démarré une campagne citoyenne pour informer la tribu du projet qui aurait détruit forets vierge et habitat sauvage pour extraire 70 millions de tonnes de minerai. Il a voyagé à pied et en vélo de village en village, pour y rencontrer les communautés et les avertir que leur terre avait été cédée. P. Samantara a organisé des manifestations et des sit-in dans la capitale de l’Etat, incluant une chaîne humaine de 10 km de long empêchant l’entreprise Vedanta d’entrer sur les terres tribales.
Pour avoir déposé une requête auprès de la cour suprême indienne, contestant le projet au motif qu’il violait les droits tribaux, P. Samantara et les autres manifestants ont été harcelés et intimidés par la police de l’Etat et les employés de Vedanta. En 2010, le gouvernement norvégien et l’Eglise d’Angleterre se sont retirés du projet, et trois ans plus tard la cour suprême autorisa la tribu Dongria Kondh à décider du projet, par un vote. Le refus de la mine par les conseils villageois et la défaite en appel de Vedanta en 2016 ont conclu une bataille légale de douze ans. Le futur des monts Niyamgiri est soigneusement protégé par son peuple

Protéger le plus ancien parc national d’Afrique des forages pétroliers

Rodrigue Katembo, République démocratique du Congo – En 2010, la République démocratique du Congo (RDC) a autorisé l’entreprise pétrolière britannique Soco International à prospecter dans une zone qui s’étend dans le parc national des Virunga. Ce parc est le plus ancien parc national de RDC et est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.
Rodrigue Katembo, gardien du parc, s’était vu offrir de l’argent par Soco pour laisser passer leurs véhicules dans le parc afin d’établir une base de prospection. Ayant décidé de mener son enquête, il a utilisé des caméras cachées et a enregistré Soco et ses sous-traitants en train d’offrir des pots-de-vin et de discuter d’activités illégales. Ses enregistrements sont inclus dans le documentaire Virunga, devenu populaire via Netflix. Ainsi révélée, la conduite de l’entreprise a suscité l’indignation générale. L’Eglise d’Angleterre a annoncé en 2016 qu’elle céderait les 1,8 million de dollars de parts qu’elle détient dans la compagnie, et quelque mois plus tard, Soco a annoncé renoncer à sa licence pétrolière dans le parc.
R. Katembo a payé d’un prix effroyable son activisme : en septembre 2013, il a été arrêté et torturé pendant 17 jours. Il est retourné à son poste immédiatement après. Il continue de protéger le parc et sa nature des braconniers, des milices, des industries minières. Mais le parc manque largement de moyens et de personnel.

Prix Goldman 2017 pour l’environnement – Portraits d’environnementalistes courageux

Travaillant contre de puissants intérêts gouvernementaux ou privés, souvent au péril de leur sécurité et de celle de leurs familles, les lauréats 2017 du prix Goldman pour l’environnement ont tenu bon et remporté des victoires significatives au nom de la planète Terre. Cette récompense, la plus importante attribuée à des militants issus de la société civile, est décernée tous les ans depuis 1990 aux héros de l’environnement, venant de chacun des six continents habités. Venus de la République démocratique du Congo, d’Inde, de Slovénie, du Guatemala, des Etats-Unis et d’Australie, les lauréats de cette année recevront chacun un soutien financier pour les aider dans la poursuite de leur travail environnemental.

Les scientifiques l’assurent : il ne reste plus que dix ans pour sauver la planète

Selon l’IIASA (Institut international pour les systèmes d’analyse appliquée), notre maison, la Terre, ne pourra pas survivre plus de dix ans si nous sommes incapables de réduire les émissions de gaz à effet de serre et de préserver les forêts, qui sont de véritables systèmes d’absorption du carbone. Ces chercheurs ont donc publié dans la revue Nature Communications un projet visant à piéger, grâce à la végétation, le carbone issu des activités humaines. « Selon notre étude, ce système devrait réduire à zéro les émissions de carbone dues à l’homme bien avant 2040, permettant ainsi de ne pas dépasser l’objectif de l’accroissement de température en 2100 », assure Michael Steiner, directeur de l’IIASA.
Cet objectif correspond à celui de l’Accord de Paris sur le changement climatique, que 194 pays ont signé, et qui permet de maintenir l’accroissement de la température globale sous la barre des 2°, et espère parvenir à limiter cet accroissement à 1,5° au-dessus des niveaux préindustriels. Mais la COP21 laisse aux pays la totale liberté de choisir les moyens qui leur conviennent pour atteindre cet objectif, et ne propose aucune méthode pour y parvenir.
Le modèle de l’IIASA propose que la consommation de combustibles fossiles soit réduite à moins de 25 % de la production énergétique mondiale à l’horizon 2100, contre 95 % à l’heure actuelle. La déforestation devrait être également réduite de façon significative pour parvenir à une baisse de 42 % des émissions cumulées.
Cette étude démontre également que la production des énergies renouvelables telles que le vent, l’énergie solaire et la bioénergie devrait augmenter d’environ 5 % par an si on veut que les émissions de gaz à effet de serre commencent à diminuer avant 2022.
Toutefois, des technologies de réduction directe de ces émissions devront être parallèlement mises en œuvre, comme par exemple la reforestation et la revitalisation des écosystèmes des océans, si l’on veut éviter une augmentation des températures moyennes de 2,5°, en rupture avec les objectifs de la COP21.

Journée mondiale de l’environnement 2017

Elle se déroulera le 5 juin, illustrant le thème de cette année Relier les gens à la nature – en appelant à des actions écologiques positives visant à renforcer l’harmonie entre l’humanité et la nature.

Après des décennies de discriminations et de négligence, le rôle des peuples indigènes dans la protection de la nature est de moins en moins contesté, en même temps que leur droit à rentrer en possession de leurs terres ancestrales et des ressources qu’elles recèlent.

Les défenseurs de l’environnement reconnaissent de plus en plus qu’autrefois, les communautés indigènes locales entretenaient et protégeaient les terres actuellement à l’abandon, car elles savaient mieux que les autres faire face aux défis environnementaux – et cela, en accord avec les approches modernes de la préservation de la nature, de l’exploitation durable des ressources naturelles et de l’adaptation au changement climatique.

Dans le monde entier, les communautés indigènes continuent à s’opposer aux empiètements illégaux sur leurs terres, ainsi qu’aux exploitations destructrices telles que les barrages géants et les exploitations forestières et minières excessives. En 2015, selon l’organisation militante Global Witness, 185 personnes, pour la plupart issues de communautés mdigènes, ont perdu la vie pour la défense de leurs terres, forêts et rivières, contre des industries prédatrices.

« Personne ne devrait craindre pour sa vie en réclamant l’exploitation prudente des ressources de la Terre dans le respect des communautés, déclare Erik Solheim, l’un des cadres du Programme environnemental de l’Onu, chacun a k droit de défendre son environnement. »

En mars 2017, Catherine McKenna, ministre canadienne de l’Environnement, s’est fixé l’objectif de protéger 17 % des terres indigènes à l’horizon 2020, et de « répondre au souhait exprimé par les peuples indigènes de déterminer eux-mêmes les moyens d’améliorer la santé et d’accroître la prospérité de leurs communautés, tout en protégeant leurs terres ».
« Beaucoup de peuples indigènes et de communautés locales ne peuvent s’imaginer vivre séparés de la nature, et témoignent d’un vif intérêt pour l’exploitation durable des ressources, explique Eva Muer, directrice des Ressources et politiques forestières de l’Onu. Il est donc essentiel de les laisser mettre en oeuvre leurs connaissances et leurs compétences en matière de planification à long terme si l’on veut assurer la survie des futures générations – autant la survie des générations humaines que celle de la faune et de la flore. »
[Sources : worldenvironmentday.globalgreeningtheblue.org]